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7 juin 2022 2 07 /06 /juin /2022 22:36

Avec vos 10 doigts no 71, Céline du blog " Aquarellement vôtre " proposait le thème :  Personnages réels ou imaginaires . 

Je vous présente ma participation . C'est de l'Art-Thérapie que j'aie peint ! Il s'agit d'une oeuvre de Eugène Boudin . Plage de Trouville 

                             Eugène Boudin

 

Eugène Boudin naît en 1824, à Honfleur, en Normandie. Ses parents travaillent sur les bateaux qui relient Le Havre à Hambourg - il sera lui-même mousse à partir de l'âge de dix ans. Papetier-encadreur dans les années 1840, il expose les artistes locaux et de passage, c'est là qu'il rencontre les peintres de l'école de Barbizon et qu'il commence à dessiner

Deux ans plus tard, il débute des études d'art dans une école du Havre et décroche une bourse pour étudier à Paris. Il partage son temps entre l'atelier d'Eugène Isabey, et les après-midi au Louvre, à reproduire des oeuvres de maîtres, notamment flamands

A partir de 1855, il passe l'hiver à Paris et l'été en Normandie, peignant des paysages maritimes. Dès sa première exposition en 1857, son travail séduit. Il parvient même à exposer au Salon de l'Académie, en 1859,. Une occasion pour lui de rencontrer Gustave Courbet et Charles Baudelaire, qui apprécient son talent. Il se rapproche aussi de Claude Monet, qu'il initiera à la peinture en plein air.

A partir de 1862, Boudin se passionne pour la représentation des bains de mer en Normandie. Ces " mondanités " attirent les critiques d'avant-garde, mais laissent perplexe le grand public. Dans les années 1870, l'artiste participe à la première exposition impressionniste et reçoit de nombreux prix. Malade et vieillissant, il ne cesse pas pour autant de peindre. En 1898, alors qu'il est à Paris, il sent la mort arriver et demande à être transporté en Normandie, à Deauville, pour " mourir face à la mer " . 

 

Plage de Trouville , 1863

 

Boudin est très célèbre pour ses paysages marins. A partir des années 1850, il parcourt les côtes bretonnes et normandes, notamment celles de Trouville et de Honfleur. Il aime représenter l'activité moderne qui règne sur les plages de la région, tantôt des baignades, tantôt des promenades venteuses, comme ici.

L'oeuvre n'est ici présentée qu'en partie - la partie gauche, absente, dévoile la mer, ainsi que plusieurs autres personnages, dont un homme à cheval. Dans la partie visible, on aperçoit au premier plan un homme et une femme marchant vers la mer, précédés de chiens s'ébattant. Au second plan, se dressent des maisons à l'architecture typique de la région, ainsi que des mâts ornés de drapeaux agités. De la scène transparait une certaine animation et une douceur de vivre palpable.

Marcel Proust dira de ces scènes normandes que " Boudin ne cherche pas à dépeindre la bourgeoisie qui [...] découvre la côte normande, mais à nous faire humer l'air marin qui fait flotter au vent robes, ombrelles et tentes de bain " 

 

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7 février 2022 1 07 /02 /février /2022 17:55

                                  Milan 

Italie janvier 2020

Milan est la ville dans lequel le mode de vie italien se marie avec la modernité et l'efficacité des services. Capitale internationale de la mode et du design, elle accueille une des scènes culturelles les plus animées en Europe , grâce à ses nombreux musées théâtres et galeries d'art. 

Milan a une longue histoire glorieuse qu'on peut toujours apercevoir dans ses célèbres monuments  : La cathédrale, le théâtre " alla Scala", un des opéras les plus connus du monde, l'élégante Santa Maria delle Grazie où se trouve "la Cene " peinture de Léonard de Vinci ...

                      La place du Dôme

La place du Dôme

La place du Dôme

Elle est la place principale de Milan capitale de la Lombardie en Italie. Elle constitue le véritable coeur urbain et commercial de la ville depuis plus de sept siècles où les milanais se retrouvent pour célébrer des évènements importants 

Fêtes de fin d'année sapin et marché de Noêl janvier 2020
Fêtes de fin d'année sapin et marché de Noêl janvier 2020
Fêtes de fin d'année sapin et marché de Noêl janvier 2020

Fêtes de fin d'année sapin et marché de Noêl janvier 2020

La place a la forme d'un vaste rectangle avec de nombreux monuments qui mettent en valeur la cathédrale 

La place est dominée par l'imposante façade gothique du Duomo et ornée en son centre par une statue équestre de Victor Emmanuel ii 

Un petit coucou de ma fille Rym ( Place du Dôme )

Un petit coucou de ma fille Rym ( Place du Dôme )

Le monument a été commandé au sculpteur italien Ercole Rosa par le roi d'Italie Humbert Ier en 1878 après la mort de son père, le roi Victor-Emmanuel II qui contribua à l'unification italienne. En 1893, quand les pièces de bronze (fusionnés à la fonderi Barigozzi à Milan) ont été terminées, il a été discuté de l'endroit où il était plus approprié de placer la statue ; près du Palais Royal ou au centre de la place du Duomo ; c'est ce dernier emplacement qui fut choisi. Cette même année, Rosa meurt et le travail est poursuivi par les frères Barzaghi jusqu'en 1892 (?) sous la direction du sculpteur Ettore Ferrari. La statue a été placée au centre de la place seulement en 1896.

wikipedia

Statue Emmanuel ii

Statue Emmanuel ii

Autour de la place se trouvent de nombreux monuments d'architectures et d'époques variées

- Le Palazzo Carminati se situe face à la cathédrale

- Galleria Vittorio Emanuele . Les Porches septentrionaux marquent l'accès 

 

                                                  à suivre....

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11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 22:48
Ecritures cunéiforme     



De toutes les grandes cultures antiques, la Chine est la  seule à avoir conservé son écriture originelle. Sumériens, Egyptiens, Chinois et Mayas, ont ainsi imaginé communiquer à travers le temps et l'espace par le biais de signes retanscrivant leur langue , inscrits sur un support.Toutes les écritures qui ont suivi s'en inspirent  dans le principe  ou dans la forme.Le premier système alphabétique, lui, fut conçu au 2ème millénaire  avant notre ère, sur les rives orientales de la Méditerranée avant de prendre son envolée.
L'acte d'écrire suppose d'être en mesure d'analyser la construction de sa propre langue. Il exige d'organiser les informations en catégories cohérentes. En retour, il transforme notre vision du réel, asseoit une société dans la durée, lui garantit une certaine pérénnité.
L'écriture suscite toujours autant d'interêt auprès des chercheurs.La forme des signes des diverses écritures ne devraient rien au hazard. Le cerveau aurait imposé à la main"balbutiante" des agencements de traits omniprésents dans la nature, auxquelles il se montre sensible. Et donc l'écriture se serait forgée sous la curiosité de notre architecture neuronale. Inventions de nouvelles écritures, encore aujourd'hui, même si elles peinent à se diffuser alors que l'informatique et la mondialisation privilègent une poignée d'écritures.

L'écriture est l'une des plus grandes aventures intellectuelles de l'histoire de l'humanité 
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 
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17 juin 2008 2 17 /06 /juin /2008 19:24

Equipée d'un moteur thermique fonctionnant grâce à ce carburant d'avenir.

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29 décembre 2007 6 29 /12 /décembre /2007 22:15

14.jpgPlusieurs jours passèrent pendant lesquels je ne vis pas Nassim.Il ne m'appelait pas et comme le telephone était toujours mon pire ennemi,je ne fis rien non plus.Il n'y avait que le vide.Paris redevenait froid et pluvieux.J'avais les membres crispés et le coeur en déroute.L'attitude de Nassim me tourmentait.Sa voix se perdait.Seuls ses gestes et sa presence me restaient en mémoire

Alger me lancinait .Je rêvais d'y retourner , mais sans parvenir à concretiser mon envie.Je me trouvais tout bonnement dans l'incapacité de bouger.Ma vue était redevenue normale ou presque.Il me restait une légère deformation , une sensation de capter les objets differemment , une hésitation qui me rappelait celle qu'avait mon père.Je passais le plus clair de mon temps à lire avec des lunettes ou à dormir ....La nuit je rêvais , éveillée ou non.Leurs reflets se mêliaent.C'est vrai qu'ils se ressemblaient...Parfois , j'allais dans la salle de bain me réchauffer les mains toujours glacées sous l'eau chaude et poursuivre un autre reflet dans le miroir...Je me voyais , je la voyais,elle.Elle ne me parlait plus.Elle était aupres de moi, sur les mêmes rives...

c'est au cours de l'une de ces nuits que j'ai ressorti le manuscrit de Fès et que je l'ai envoyé à Abderrahmane , notre ami d'Alger pour qu'il le traduise.J'attends le retour, mais sans impatience.S'il y a bien quelque chose que cette dernière "croisière"m'a apportée, c'est la suspension du temps.Il m'est égal aujourd'hui que les choses se fassent vite ou non.Là où je m'étais connue impatiente , je me retrouve indolente.Là où j'étais indifferente aux ambiances,elles me prennent à bras le corps sans que je puisse m'y refuser.Et celle qui me parait la plus delicieuse est celle de "Nada"

Et puis , ce matin , il y avait un courriel dans ma boîte.Depuis quelques temps , ils étaient peu nombreux parce que je n'en envoyais plus guère...Il était d'Abderrahmane

"Traduction"

Il ne marche pas fermement sur la Route,

L'homme qui n'a pas cueilli le fruit de la Verité.

S'il a pu le ravir à l'arbre de la Science,

Il sait que les jours écoulés et les jours à venir ne different en rien

du premier jour , décevant , de la Creation"

 

Les paragraphes suivants correspond à ceci

 

"La nuit entoure ton jardin.

Tu es assis sous ton arbre préféré.Tu te désoles d'être là , solitaire , méconnu,

Alors que tu pourrais accomplir de grandes choses,

Ou , simplement , rendre heureuse une femme.

Regarde ces fleurs de jasmin qui étoilent le feuillage de ton arbre,

Et accepte la leçon qu'elles te donnent"

 

Le premier paragraphe est un extrait des "Robaiyat" d'Omar Khayyâm.J'ai préféré te donner diretement la traduction qu'en a faite Frantz Toussaint du persan en 1940.Elle est bien meilleure que la mienne.Le second provient du "jardin des roses" de Saâdi, traduction du même auteur

Mais le dernier poême , en double page ,n'a rien avoir avec les precedents.Il est d'une qualité ...differente.Je ne peux l'attribuer à personne de connu.Je ne l'ai jamais lu auparavant.La langue est plus...hésitante,mais tu vas aimer!J'en suis sûr!

 

Et pareil à une branche alourdie de fleurs fanées,

Se penchait sur l'eau

Mon corps par les larmes épuisé.

La fontaine s'emplissait,

Enfluée par l'orage

Et les fleurs trop tôt assassinées.

Le palais murmurait de l'écho d'un amour inavoué

Seul,sur le rebord, se penchait pour se mirer

Un narcisse parfumé

 

Bien à toi , Abderrahmane

Ps-Et salue Nassim de ma part!Nous avons beaucoup correspondu par courriel l'hiver dernier...Mais je n'ai pas de ses nouvelles depuis quelques semaines.

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15 décembre 2007 6 15 /12 /décembre /2007 01:45
Dernier message Gabriel@
Dernier message                                      Gabriel@ agrandir

Chevaliere Setif

-Qu'en penses-tu?

Je me tournais vers Nassim qui venait de terminer la lecture de cette derniere traduction

-C'est écrit MEKTUB !comme tu aimes à dire!

-Certes,j'ai vu.comme toi ,même si tu m'en avais fait la lecture.Je te remercie d'ailleurs,lire à l'écran fatigue beaucoup

-Mais d'ailleurs ,qui t'envoies ces textes?D'où viennet-ils?ça , j'en suis certaine,tu ne me l'as jamais dit!

-Tu ne me l'as pas demandé non plus.Ils viennet de Fès.Le gars de la boutique.Tu te rappalles,il voulait à tout prix nous donner l'ensemble du Manuscrit mais il ne trouvait plus les autres cahiers...Toi,tu regardais les bijoux...Alors,je lui ai donné mon adresse en lui disant qu'il pourrait me les envoyer quant il les retrouverait...Je n'y comptais pas beaucoup,mais j'ai senti que ce bonhomme avait veritablement quelque chose à nous transmettre.Je ne voulais pas le decevoir.Ce faisant,nous serions passée à côté de quelque chose d'important.Tu t'étais attachée à la calligraphie,je devais donc m'occuper du reste,c'était évident , non?

-...Et pour la traduction?Tu l'as vérifié?

-Oui bien sûr.C'est bien ça

-Et sur leur histoire?Qu'en penses-tu?Je t'ai demandé ,tu n'as pas répondu!

-Tu m'agaces avec toutes ces questions!Tu cherches quoi à la fin ?Que je te dise quoi?Tu ne comprendras jamais rien!Bien sûr,je suis toujours ailleurs...et c'est sans doute pour cela que que je reste aupres de toi depuis si longtemps...

Il partit brusquement.Je me sentais pitoyable.Mes pensées s'affolaient.Nassim,j'en étais certaine,avait"arrangé"une partie de cette derniere traduction.Son départ precipité sonnait comme un aveu.Les mots de Gabriel qu'il avait utilisés me confondaient.C'est vrai,il était là "aupres de moi" depuis plus de deux ans,sans qu je sois capable de lui assigner un rôle precis...Je ne savais pas ce que j'étais pour lui,forcée de reconaître que j'ignorais ce qu'il était pour moi...Le present comme l'apparence ne nous étaient pas favorables.Nous y étions...inconsistants,il fallait bien en convenir.Et notre histoire n'y avait pas sa place.

Je sentis ma gorge se serrer.Alger me manquait à nouveau.Elle me manquait.Qu'aurait-elle fait à ma place?Je cherchais sa réponse,sa voix.En vain,je n'avais pas la force de trouver seule les réponses à mes questions.C'était au-dessus de mes forces.Je preferais dormir

KHEDAOUEDJ

Ma soeur,ma douleur...Elle m'étreint dans ses rêves .Pour moi,elle est là au palais,comme dans nos premieres nuits.Dans la même attente anxieuse de découvrir ce qu'elle ne voit pas...Nada,ma "rosée du matin"...n'existe qu'ici.Et elle le sait.Ce qui lui manque en cet instant,que je tente de lui transmettre une fois encore,c'est le reflet,le sien,le mien,le nôtre,cachés dans le miroir de patio.Alors,elle percevra par delà l'image floue de nos visages,comme une consolation,un souffle de vie.

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15 décembre 2007 6 15 /12 /décembre /2007 01:39
Dernier message:mysteres et verites Gabriel@
Dernier message:mysteres et verites                     Gabriel@ agrandir

Tabzit (broche) Benni-Tenni :Grande Kabylie

(Traduction du dernier cahier reçu par Nassim)

Je voyais réapparaître le sarmat dont Khedaouedj m'avait caché l'existence pendant toutes ces années et j'étais un peu vexé.Pourquoi ne m'en avait-elle rien dit?Quel rôle avais-je bien pu jouer à ces côtés...N'avais-je dons rien été pour elle?Bien sûr je ne lui avais rien dit de precis mais comment n'avait-elle pas deviné?C'est d'elle que j'attendais un signe,qui jamais ne venait parce qu'elle restait obstinément murée dans l'isolement .Aveuglée à tout jamais par le desir de l'impossible.

Elle se sentait rejetee,depuis toujours et rien n'aurait pu l'en dissuader.C'était pour ainsi dire "vital",ce qui lui permettait d'être.Il n'y avait rien à faire à mon sens.Parfois je pensais que c'était une façon commode de se refuser aux autres...Mais elle ne l'aurait jamais admis et préférait vivre dans l'illusion de l'inverse.Elle me dit un jour qu'elle ne se supportait pas et que le bien qu'elle ait perdu la faculté de se voir,c'était encore insupportable...Je n'aimais pas qu'elle parle ainsi mais je ne pouvais rien empêcher.Telle fut notre vie.Que vous en dire d'autre?Une vie banale et sans importance,ce que nous recherchions

Il y avait un souterrain au fond de la salle de prière.Il débouchait pres du port.Aujourd'hui,il doit être comblé.Mais en ce temps,il existait.Qui l'avait percé?Peut-être Yahia Rais,que l'on disait le premier propriétaire du palais ,le seul à détenir tous les secrets...Une bouche noire s'ouvrait dans les entrailles de la Casbah pour rejoindre la mer.Il fallait du courage pour l'emprunter.Ou bien ne pas voir cette béance humide,aux allures de sépulture qui menait à l'au-delà...au-delà du palais,de la ville,au-delà de nous.

Je prends l'entière responsabilité de ce qui advint alors.Elle s'est remit à moi.Une façon de me dire enfin,"fais de moi ce que bon te semble,selon ton bon plaisir...".Ce sont les seuls mots qu'elle pronnonça en vérité."Fais selon ton bon plaisir..."J'eus l'impression qu'enfin elle s'abandonnait,qu'elle succombait aussi.Alors je lui pris la main,apres l'avoir recouverte d'une couverture de laine plus chaude.Je craignais qu'elle prit froid...Elle connaissait l'entrée du tunnel,en dégagea l'entrée sans hésitation alors que je tâtonnais dans le noir.Je ne sais combien de temps,nous avons rampé.C'était inhumain,je ne sais pas pourquoi,mais quitter ainsi le Palais...J'avais mal.Partout je la suivais.Elle avait une énergie incroyable alors que je la croyais si faible.Et puis,il y eut la lumière,un éclatement,un jaillissement,je ne sais comment dire.J'étais depuis si longtemps dans l'obscurité que je ne vis rien.J'étais aveuglée.Je n'entendis que sa voix:

-Gabriel,nous y sommes;la baie,la mer,les îles ,Al-djazair...Je les vois!

Elle tenait toujours ma main.Derriere nous,l'écho se propageait dans le tunnel et répétait

...les vois!"

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10 décembre 2007 1 10 /12 /décembre /2007 23:06
Disparition ou le sceau du destin suite
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Kalaa Beni Rached

J'étais encore sous le choc de la conversation precédente et saisissais mal où elle voulait en venir

-Bacri et Bousnach doivent des sommes colossales à la Régence.Rappelle-toi!Ceux sont eux qui on prêté au Bey de Consantine de quoi acheter le bijou;mais ils furent payés en blé qu'ils vendirent à la France...Le Dey n'est pas même reconnu comme creancier!Rends -toi compteTous les efforts de mon père,ses espoirs , sa générosité.Sa mémoire est bafouée,à jamais...Il aura fait tout cela pour rien.Il avait raison.Je vois dans tout cela une infernale combinaison,une monstrueuse machination ...je ne peux le supporter...la ville sera détruite...

Sa vois était grave.Ce n'était plus la jeune fille maladive qui me parlait,celle que secrètement j'aimais parce qu'elle ne ressemblait à nulle autre,mi-femme,mi-enfant,perdue dans un monde de rêves.Khedaouedj avait vieilli et je me rendis veritablement compte à cet instant.Elle se tenait un peu plus raide qu'autrefois,son pas se faisait plus lent comme sous l'effet d'une profonde fatigue.Elle avait gardé cette fragilité d'apparence qui la faisait paraître encore jeune,mais ses traits s'étaient creusés,prenaient parfois une sévérité froide que je n'aimais pas lui voir.Elle s'en apercevait et s'efforçait alors de chaser les pensees qui l'assombrissaient

Elle sortait le poids de toutes ces années,des bombardements d'Alger par la flotte anglaise ,failli abattre le Dey, des assassinats dont celui d'Omar Agha,mort étranglé, de la peste encore...qui venait d'emporter l'an dernier le Dey Ali Khodja.Elle portait le poids des espoirs déçus de son père.Loin d'être restée la jeune fille affligée de la Casbah qui se murait dans son palais ,perdue dans le reflet incertain de ses miroirs

-Il nous faut partir,Gabiel.Mais avant , je veux faire une derniere chose,en mémoire de mon père et pour ce palais

Elle me rejoignit , portant un coffret de bois de thuya dont elle sortit un écrin de velours bleu marine.Elle en sortit le sarmat aux diamants

-C'est mon père qui l'avait conservé.Lalla'Aziza,la veuve de Mohammed Ben Osman Pacha,voyait un lien entre ce present du Bey de Constantine et la mort de son époux.EEle le fit donc remettre à mon père pour qu'il rejoigne les tresors de la Régence.C'était une femme droite et tres pieuse.Hassan Pacha ne fut pas surpris de son geste.C'était la regle,même si l'usage s'était un peu perdu.A la mort du Dey,les dons qu'il avait reçus pendant l'exercice de sa charge devaient rejoindre les caisses de la Regence et non celles de ses héritiers.Mais mon père fut impressionné,lui aussi , par le bijou.Comme Lalla'Aziza,il voyait dans le pendentif un présage,qu'il voulait considrer comme heureux...La nuit où je suis allée le voir ,il me l'a remis.Il m'a dit à peu de choses pres ceci:"Khedaouedj je te le confie.Mais ne le porte jamais!Cache-le.Il porte malheur,maintenant je sais.De plus il ne nous appartient pas,il revient à la Regence...qui n'en finit pas d'attendre le paiement de son acquisition...Cache -le ,où il sera en securité.Mais rappelle-toi bien ceci:il appartient à la Régence.Il ne doit pas quitter cette terre !

Nous avons enfoui le bijou à même la terre dans une niche dissimulée derrière un mur hâtivement maçonné , dont je decellais quelques briques

J'ai reposé les briques avec un peu de plâtre frais .Et nous sommes remontés.

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10 décembre 2007 1 10 /12 /décembre /2007 23:02
Disparition ou le sceau du destin Journal de Gabriel(texte daté de 1817)
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Bijoux Abzime (fibule de la grande Kabylie)

Ce sont sans doute les dernières pages que je noircis dans ce journal.

-Que veux-tu Gabriel,mektoub!.Nous avons vécu comme nous le devions.Nous aurions pu...enfin,tu aurais pu...ou j'aurai dû,mais peu importe désormais,parler davantage.Je te sens tres attachée,à un point que tu n'as pas su comprendre ou accepter,ou bien que je n'ai pas eu le courage de t'exprimer.Tout cela revient au même.Que te dire d'autre? Nous étions faits ainsi.Et je ne pense pas que nous aurions pu vivre longtemps d'une façon differente .Alors...c'est tres bien ainsi

Il n'avait rien à ajouter.Depuis toujours, j'en étais persuadé , elle était vouée à ce destin,tout comme moi.Elle éclata de rire.

-Pourquoi ris-tu?

-Oui , c'est tellement vrai et dérisoire tout à la fois!C'est pour cela que je ris.J'ai cherché,tu le sais,à ne plus être, à m'effacr.Et pourtant,au dernier moment,il me vient des regrets...Mais comme je suis incapable d'assumer le poids de mes décisions ,il faut que je m'en remette,une fois encore,à tes services,que je trouve un responsable ...comme je suis lamentable!Tu ne trouves pas?

-Arrêtes,veux-tu!Je n'aime pas quand tu parles ainsi.Moi, je vais te dire.J'aime la vie, le vie ici,le Palais et sa propriétaire.J'ai trouvé là , non pas ce que j'avais perdu ,en partant d'Andalousie ,je n'y avais rien,mais ce que je cherchais et que je n'avais pas l'impression de mériter.J'aurais pu périr cent fois,me retrouver dans une chiourme,rester esclave toute ma vie...Et non!Ma vie fut tout une autre et elle me plaît.Alors ensuite?Je n'en sais rien.Je sais seulement que j'aurais pu ne jamais te rencontrer...

Apres un bref instant,alors qu'elle restait silencieuse, j'ajoutais brutalement:

-Et puis tu étais folle de l'autre...

-Ce n'est pas vrai!

-Cela y ressemblait beaucoup,excuse -moi!

-Non,tu savais tres bien ce qu'il en était.Ce n'était pas cela.Je n'ai aimé en lui que son départ,j'ai aimé cette douleur-là.Sans raison,je te l'accorde.Un désir fou d'aimer ce qui n'existe pas,les pas qui s'éloignent,la blessure qui se creuse,le sentiment d'abandon,le renoncement...C'est vrai.Mais ensuite...j'ai aimé...t'attendre...Je crois que ma vie se résume à cela.T'attendre!

Je ne pouvais plus rien dire.Elle était dans le vrai et puis elle ajoute

-Et si tu étais venu à moi,je n'aurais plus eu de raison d'attendre ni d'espérer.J'aurais trop souffert.

-Et cela t'aurait plu?

-Oui,mais tu aurais fini par partir.Je ne le voulais pas.

Elle changea de sujet.

-Il y a autre chose.Les nouvelles ne sont pas bonnes.Tu te rappelles l'histoire de ce bijou,le sarmat aux diamants...Je comprends maintenant pourquoi mon père m'en a si longuement parlé...

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6 décembre 2007 4 06 /12 /décembre /2007 23:37
Paris au printemps Nada
Paris au printemps                                      Nada agrandir

Guerram parrure pectorale , les Aures

Complice du temps ,Gabriel n'avait consigné que ce qui lui parut essentiel avec un discernement et une droiture qui rendaient ses écrits inestimables et touchants

Gabriel ne réagissait jamais "à chaud".On devinait dans le silence gardé sur le quotidien qu'il n'avait pour lui que peu d'interêts.Ou que tout au moins , les jours glissaient sur lui sans l'atteindre.Etait-ce le palais ou la vie bien réglée,monotone auprès de Khedaouedj qui lui donnait cette sorte de nonchalance , proche de l'apathie?...La perte d'Hassan Pacha l'affectait , comme celle d'un père, à n'en point douter.Mais il préferait endormoir sa peine,l'étouffer dans le sommeil.Khedaouedj avait fait de même.Ils étaient ainsi.

Je comprenaos mieux maintenant leur histoire.Les récits s'entremêlaient.Par des voies diverses , la mosaique grandissait autour du plygone étoilé.Son dessin rigoureux,la parfaite cohérence des différentes pièces composaient une histoire complexe dans laquelle elle je me perdais parfois.Sans doute y pensais-je trop...Mais m'en détacher m'aurait fait perdre la connaissance intuitive,de sa composition.Et pour en garder la logique tortueuse,je devais y replonger , repenser à la petite étoile noire qui en constitue l'acte première,celle autour de laquelle tout s'endormait

KHEDAOUEDJ

...Mais là , je savais déjà et toujours tout.Mon père est mort à el Janina...On a déjà emmené son corps.C'est si dérisoire.Pour beaucoup , la mort est une déchirure parce qu'elle est une disparition:ils ne verront plus jamais l'être aimé.Je ne connaissais pas cela.Etait-ce suffisant pour expliquer mon comportement?D'une certaine façon , il ne pouvait ni disparaître ni me quitter.Il m'avait encore moins abandonnée.Gabriel était là,quelque part.Il suffisait de l'attendre.Il vint plus tard sur la terrasse.Je l'entends gravir lentement les escaliers,comme s'il souffrait d'une douleur quelconque dans les jambes.

NADA

Je voyais pourtant sur cette scène planer comme une ombre.Une faille s'insinuait entre eux,qui les reduisait au silence.Je n'en percevais pas la raison,mais simplement la présence , comme une complicité à ne pas dire.Il me faudrait encore du temps pour comprendre, à moins que l'un des deux ne me glisse quelque indice,mais c'était peu probable

Cette irrémediable fracture ne venait pas directement d'eux.Elle leur était imposée.J'envisageais un instant qu'il s'agissait de l'Inconnu :elle l'avait pleuré,il l'avait tué...N'était-ce pas lui cette ombre obsedante qui venait les séparer?Mais ce n'était pas cela?Il n'avait pas été pour elle qu'une façon d'expliquer la légende et pour lui l'instigateur d'un piège infernal destiné à maquiller un meurtre ce qui n'était qu'un suicide...

Cette ombre leur appartenait.Sans leur propre histoire et leur volonté inconsciente de la preserver,elle n'aurait pas existé.Et maintenant,elle planait en permanence au dessus du palais,retenait les mots et imposait le silence,suspendait leurs gestes pour les contraindre à l'immuable.Leurs seules évasions communes venaient par la musique,le 'ud.Khedaouedj avait proposé à Gabriel de l'initier et il n'attendait que cela.Ils avaient senti que ce serait leur seule échappatoire, la seule fuite commune qui les sauverait d'un exil où chacun resterait enfermé dans son propre isolement .Les seules vraies paroles qu'ils échangeraient...

Chez elle , je sentais autre chose encore , comme des signes de detresse , un eternel besoin de dire et une tout aussi permanente impossibilité de parler.Elle pensait à lui.Elle aimait l'attendre , parce que je pense , c'était les seuls instants où elle pensait que tout était encore possible...Seul Gabriel aurait pu lever le voile.Il ne l'a pas fait.Elle ne l'a certainement pas encouragé à le faire.

Elle preférait rester dans l'attente , en espera, en espoir , "ce qui est plus qu'une attente , mais moins qu'une espérance"...Elle était dans le vrai ..;Gabriel s'est fait le complice de cette attente , puisque son seul souhait qui devint une promesse faire à Hassan Pacha , se résumait à "rester aupres d'elle"Il n'avait pas dit "vivre" mais " rester",ce qui confirmait un identique besoin ...de ne rien faire , de céder à l'immobilité comme à la stupéfaction

Cette fois encore,me revint le sovenir de Fès,de ces quelques jours et nuits passés la-bas dans un temps distendu et ouvert à l'infini perception.Sans cette volonté de ne " rien faire", nous n'aurions rien perçu de la ville.Elle nous aurait ignorés .Nous serions rentrés sans " poussières" et sans "graines de mémoire",sans cette intime conviction que sous l'éclat d'un halo de lune , on pouvait se tenir "en espera"...

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