Voulez-vous partager avec moi des moments de passions ,d'émotions , en vous mettant en position de critiques ,j'aime je naime pas ,je trouve cela nul...Alors restez avec moi
Par Ben Redouane
Kalaa Beni Rached
J'étais encore sous le choc de la conversation precédente et saisissais mal où elle voulait en venir
-Bacri et Bousnach doivent des sommes colossales à la Régence.Rappelle-toi!Ceux sont eux qui on prêté au Bey de Consantine de quoi acheter le bijou;mais ils furent payés en blé qu'ils vendirent à la France...Le Dey n'est pas même reconnu comme creancier!Rends -toi compteTous les efforts de mon père,ses espoirs , sa générosité.Sa mémoire est bafouée,à jamais...Il aura fait tout cela pour rien.Il avait raison.Je vois dans tout cela une infernale combinaison,une monstrueuse machination ...je ne peux le supporter...la ville sera détruite...
Sa vois était grave.Ce n'était plus la jeune fille maladive qui me parlait,celle que secrètement j'aimais parce qu'elle ne ressemblait à nulle autre,mi-femme,mi-enfant,perdue dans un monde de rêves.Khedaouedj avait vieilli et je me rendis veritablement compte à cet instant.Elle se tenait un peu plus raide qu'autrefois,son pas se faisait plus lent comme sous l'effet d'une profonde fatigue.Elle avait gardé cette fragilité d'apparence qui la faisait paraître encore jeune,mais ses traits s'étaient creusés,prenaient parfois une sévérité froide que je n'aimais pas lui voir.Elle s'en apercevait et s'efforçait alors de chaser les pensees qui l'assombrissaient
Elle sortait le poids de toutes ces années,des bombardements d'Alger par la flotte anglaise ,failli abattre le Dey, des assassinats dont celui d'Omar Agha,mort étranglé, de la peste encore...qui venait d'emporter l'an dernier le Dey Ali Khodja.Elle portait le poids des espoirs déçus de son père.Loin d'être restée la jeune fille affligée de la Casbah qui se murait dans son palais ,perdue dans le reflet incertain de ses miroirs
-Il nous faut partir,Gabiel.Mais avant , je veux faire une derniere chose,en mémoire de mon père et pour ce palais
Elle me rejoignit , portant un coffret de bois de thuya dont elle sortit un écrin de velours bleu marine.Elle en sortit le sarmat aux diamants
-C'est mon père qui l'avait conservé.Lalla'Aziza,la veuve de Mohammed Ben Osman Pacha,voyait un lien entre ce present du Bey de Constantine et la mort de son époux.EEle le fit donc remettre à mon père pour qu'il rejoigne les tresors de la Régence.C'était une femme droite et tres pieuse.Hassan Pacha ne fut pas surpris de son geste.C'était la regle,même si l'usage s'était un peu perdu.A la mort du Dey,les dons qu'il avait reçus pendant l'exercice de sa charge devaient rejoindre les caisses de la Regence et non celles de ses héritiers.Mais mon père fut impressionné,lui aussi , par le bijou.Comme Lalla'Aziza,il voyait dans le pendentif un présage,qu'il voulait considrer comme heureux...La nuit où je suis allée le voir ,il me l'a remis.Il m'a dit à peu de choses pres ceci:"Khedaouedj je te le confie.Mais ne le porte jamais!Cache-le.Il porte malheur,maintenant je sais.De plus il ne nous appartient pas,il revient à la Regence...qui n'en finit pas d'attendre le paiement de son acquisition...Cache -le ,où il sera en securité.Mais rappelle-toi bien ceci:il appartient à la Régence.Il ne doit pas quitter cette terre !
Nous avons enfoui le bijou à même la terre dans une niche dissimulée derrière un mur hâtivement maçonné , dont je decellais quelques briques
J'ai reposé les briques avec un peu de plâtre frais .Et nous sommes remontés.
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