Voulez-vous partager avec moi des moments de passions ,d'émotions , en vous mettant en position de critiques ,j'aime je naime pas ,je trouve cela nul...Alors restez avec moi
Etagère :Musée des arts anciens
Ses yeux me fixaient toujours,mais ils étaient voilés , sans vie, tout en conservant une brilance d'outre-tombe.
...Je ne sais plus.Il était tard .Il y eut l'orage,les eclairs.Un court instant , Hassan me laissa seul pour refermer la porte de la "skifa"qui battait dans le vent.Je pouvais enfin me retourner et, par le jeu des miroirs , réversible , comme je l'espérais ,découvrir son véritable visage.Au moment où j'allais y parvenir, un éclair verticale du patio, le plus fort , éblouissant.Une rafale de vent souffla les bougies.Aveuglés, nos regards se sont échangés.Voilà. Ensuite , il y eut le vide.Vous pouvez mettre cela sur le compte du "mauvais oeil".Oui , j'ai vu dans mon aveuglement .J'ai vu l'horreur et le néant.Et je suis parti.Elle n'était pas pour moi.Trop faible et déraisonnable.Déréglée.Elle avait le mauvais oeil.Pendant des mois, je l'ai maudite...Moi tomber ainsi,foudroyé!Pour cette...A mon retour ici,j'ai réalisé combien tout cela était lamentable.Je m'étais abaissé,avili.Je la haie.Aujourd'hui,je la méprise et c'est encore lui faire beaucoup d'honneur!.
La dernière partie de son discours sonnait faux pour je ne sais quelle raison.C'était exagéré.Comme une vengeance,non contre elle, mais contre lui-même.Il planta ses yeux noirs ,aiguisés et totalement fous dans les miens.Et je compris enfin ce qu'il attendait de moi,depuis le début,l'ultime soulagement , qui serait aussi le mien.
D'un geste brusque et imprevisible , il renversa la cruche de verre qui se brisa sur les zelliges.D'un bond, j'en saisis le plus gros éclat et me jetai sur lui.Son sang jaillit à gros bouillon de sa gorge...Puis , je me suis reculé lentement.Vers le fond de la pièce,il y avait une autre porte qui donnait sur un couloir étroit,je me suis enfui
Il m'avait conduit exactement là où il voulait que j'aille et où il voulait lui-même aller.Je n'avais jamais agressé personne,jamais porté la main sur quiconque.J'aurais pu plaider la légitime défense :ses yeux voulaient ma mort, me tuaient à petit feu quand il me fixait.Je me suis simplement défendu.Son mépris cinglant pur ma princesse m'avait rendu fou.Je ne sais comment on peut comprendre cela .C'est inavouable.Une forme de verité inacceptable.
Curieusement ,je pus rentrer à Alger sans difficultés.A croire que mon départ avait été organisé...Je partis le soir même pour Oujda,escorté du sreviteur muet et deux jours plus tard,j'embarquai sur une galiote pour Oran,puis Alger.Une semaine s'était à peine écoulée quand je fus de retour au Palais de la rue Socgemah.
Seulement,sur le port d'el Hoceima ,avant d'embarquer , j'ai fait une surprenante rencontre...Si Mohammed el'Arbi m'attendait .Je devais faire vite;on rompait les amarres.Le "cherif" des Derqawa vint me saluer.Il me dit que mes effets personels restés à Fès me suivraient par un prochain bateau.Dans ma précipitation , je n'avais pas eu de temps de les rassembler.Quand je les récupérais à Algr,il ne manquait rien,sauf la petite sacoche de cuir qui contenait le poème calligraphié et les unluminures...
LA VENGEANCE D'EL ARBI journal de Gabriel
Mohammed el'Arbi contnua son irresistible ascension.La confrerie des Deqawa,avec le soutien plus ou moins officiel du Sultan,passa la fronrière.Le "cherif" investit Tlemcen où il fit la prière au nom de Mulay Sliman.Il linvita à le rejoindre pour recevoir l'allegeance de la cité.Mais le Sultan alaouite hésitait , le cherif serait-il allé trop loin?Par son incontestable charisme , el 'Arbi me parut un temps capable de mettre en oeuvre des idées échangées entre Si abderrahmane et mon maître:réaliser le début d'un Maghreb musulman et uni...Mais le deferlement des Derqawa était perçu par la Regence comme une pure et simple agression ,prémisse d'une invasion.La tesion fut telle que Moulay Sliman renonça à rejoindre Tlemcen...
Tous les rêves de mon maître ,ses "utopies"comme je disais à l'époque,s'étaient écroulés pour laisser la place au chaos.Hassan Pacha s'est éteint en 98,quelques mois apres mon retour.Il y a presque cinq ans déjà.Aujourd'hui je ne suis plus rien,un modeste "beit el maldji",l'intendant d'un palais éteint.On m'avait connu à l'époque,-le Dey avait veillé-,il ne fut pas difficile de me faire oublier.Cet nonymat me protegea ainsi que la princesse.
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