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Par Ben Redouane
Alfred Chataud:La lecture du Coran,huile sur toile
Avec ses multiples visages,la zaouia de Sidi Abderrahmane El Thaalibi fut particulièrement prisée par les écrivains ,les poètes et les peintres occidentaux.Isabelle Eberhardt,Eugène Fromentin,tant d'autres ,la considéraient comme le plus bel endroit d'Alger et venaient y chercher la paix.Auparavant,les gravures anciennes,et les oeuvres naives de l'art populaire avaient diffusé l'image de ses bâtiments colorés.Elle abrite depuis 1471,la Kouba de Sidi Abderrahmane,lettré philosophe et théologien,auteur de savants commentaires du Coran et d'une règle en vers pour la confrérie religieuse qu'il fonda.Selon la légende rapportée par Pierre Boyer,ce pédagogue ,étant capable de faire la classe à mille garçons le matin,et à mille filles le soir
La mosquée construite en 1696,sur l'emplacement du tombeau du vénéré docteur de la foi,fut flanqué d'un haut minaret carré,reconnaissable de tres loin,à sa quadruple rangée d'arcatures encadrees de bandeaux de faiences de Perse et de Rhodes.Il se dresse au-dessus d'une petite construction ornée d'un auvent de bois de cèdre,et la juxtaposition de ces deux architectures agrémentées de verdure fournit le sujet des centaines de tableaux.Un tres haut palmier porté par un tronc grêle et incliné plante une sorte d'aigrette un peu plus loin.Une quantité de bâtiments annexes,notamment des tombes de personnages celèbres comme Mustapha Pacha,dey de Constantine,ou encore Sidi Mansour,l'ermite de la porte Bab Azoun,et Ouali Dada,qui fut vainqueur de Charles Quint,s'étagent dans de minuscules jardins grillagés agrippés au flanc de la colline.Le petit cimetière sur une terrasse exigue abrite des tombes revêtues de faiences bleues.
Au xixème siècle ,l'ensemble se trouvait encore à l'exterieur des remparts d'El Djazair,vers le bas de la cité,séparé d'un mur d'enceinte par un étroit chemin ,dont il fallait gravir la forte pente en gradins pour pénétrer par la porte principale ornée de zelliges et de claustras.
Auguste Renoir a peint ce chemin bordé de plantes folles,comme l'avait fait quelques années avant lui le Lyonnais Saint -Cyr Giriest
Sidi Abderrahmane repose dans une salle sépulcrate,dont n'a pu dire"qu'elle était plus un boudoir qu'une mosquée",les jours où les femmes viennent y demander la protection du Saint.La magnifique châsse de bois multicolores de confreries religieuses ,les nombreux lustres qui pendent de la coupole,dont des croyants exaucés,les etoffes precieuses et les ex-voto composent un décor chatoyant.
Le vestibule d'entrée et les murs qui entourent le mausolée en particulier son minaret,sont decorés de precieuses ceramiques persanes et de versets du Coran.
Paul Leroy,tres sensible à la beauté de la faience islamique dont il collectionnait les pieces anciennes les prit à plusieurs reprises pour accessoirs de ses tableaux
L'un des minaret le plus souvent representé par les peintres se cache au coeur de la Casbah,au carrefour de la rue du Palmier et de la rue Kleber,dans ce quartier où Fromentin voyait "comme le dernier refuge de la vie arabe"Ce gracieux petit minaret à pans coupés creusés d'arcatures,surmonté d'une frises de carreaux de faience et de merlons blancs.Ecrasée par les vieilles demeures d'une ruelle sombre, la mosquée abrite le tombeau Sidi Mohammed Cherif,que les femmes implorent pour devenir mères
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