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Voulez-vous partager avec moi des moments de passions ,d'émotions , en vous mettant en position de critiques ,j'aime je naime pas ,je trouve cela nul...Alors restez avec moi

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LES JASMINS FANES OU LE POEME DE GABRIEL Khedaaouedj

LES JASMINS FANES OU LE POEME DE GABRIEL Khedaouedj
LES JASMINS FANES OU LE POEME DE GABRIEL                       Khedaouedj agrandir

Scène Kabyle ,scène Chaoui

Gabriel me faisait confiance au point de me dire ce qu'il aurait dû taire.Peut-être voulait-il ainsi soulger l'inquiétude que suscitait cette mission.Il me semblait prêt à me faire partager certaines choses de sa vie;peut-être se sentait-il trop seul?

Le lendemain ,il revint sur le sujet.

-Je suis à ta disposition pour lire.Gabriel peina à dechiffrer les premières pages.La calligraphie ,fort ancienne,tres ronde,déformait certaines lettres.Pourtant l'auteur ou le copiste avait pris soin de noter les voyelles brèves ce qui facillitait la comprehension des mots.Bientôt,il s'habitua.Entraîné par le bruit du poème et les arabesques des phrases,sa voix devenait plus chaude,plus grave.Je m'y perdais un peu.J'en eu beaucoup de plaisir,j'étais tres émue et j'aimais sa voix.A un certain moment,j'eus l'impression qu'il ne lisait plus,mais qu'il improvisait.Lui aussi se laissait bercer par le texte,par le matin calme dans le parfum des jasmins.Les vers non seulement lui devenaient évidents mais entaînaient son imagination dans une voluptueuse musicalité.Une strophe éveilla mon attention plus que les autres.

"Et pareil à une branche alourdie de fleurs fanées

Se penchait sur l'eau

Mon corps par les larmes épuisé.

La fontaine s'emplissait,

Enflée par l'orage

Et les fleurs trop tôt assassinées.

Le palais murmurait de l'écho d'un amour inavoué

Seul,sur le rebord,se penchait pour se mirer

Un narcisse parfumé."

Vivement surprise,je ne pus retenir un geste d'étonnement.Il s'arrêta.Puis reprit sa lecture.Sa voix avait baissé en intensité,il chuchotait à peine.Je ne dis rien,lui non plus.Gabriel était ainsi il préférait se taire.

Cette lecture devait précéder de quelques heures la reception donnée par mon père pour l'Inconnu.Gabriel avait lu,il avait inventé aussi,j'en étais persuadée.J'avais aidé au début;mais ensuite,il en fit son affaire.Ce fut ma dernière lecture puisque peu de temps apres,je sombrais dans les ténèbres.Cet instant m'avait plu; il m'avait littéralement envoûté ,peut-être parce qu'il m'avait été ...imposé et que,contrariée et d'humeur sombre,j'y avais trouvé la sérénité et le plaisir que je me refusais. Gabriel,discret et effacé,cachait une force de caractère que je découvris ce jour-là.Alors que depuis toujours , je vivais librement les caprices de mon humeur , il m'avait doucement mais fermement soumise à sa volonté et tirée de mon triste isolement boudeur.Sans résistance, je m'étais abandonnée.Et puis, j'ai tout oublié , comme pour cacher ce moment de faiblesse...Ma mémoire ne voulut garder que les évènements des soirs suivants,par une déviation frauduleuse , une ultime façon de resister à la volonté de Gabriel et au plaisir qu'il m'avait offert

Lorsque je voulais relire ces poèmes , dans le but de savoir s'il en avait ou non inventé certains sonnets , je ne les trouvais pas.Le manuscrit n'était pas revenu à sa place dans la bibliothèque.Quand j'interrogeais Gabriel , il me fit répondre qu'il était tres pris , ne pouvait venir me parler et avait gardé le texte pour l'étudier davantage.

J'avais la tête vide et m'ennuyais beaucoup.Le seul remède , la relecture des poèmes , m'était refusé.Loin de me rapporter le livre, Gabriel avait tendance à m'éviter.Ensuite , ce fut moi qui le tins à l'écart.

J'entrais dans la tristesse parce que tout m'abandonnait depuis cette matinée.N'était-il pas préférable de pleurer le départ d'un inconnu?Je voulus croire ce sentiment de manque et d'ennui éprouvé depuis la lecture avec Gabriel et dont la nature m'échappait..Seule une grande peine ou la perte d'un grand amour pouvait cacher mes émotions bien peu comprehensibles , mes petits espoirs quotidiens et dérisoires , celui d'espérer la simple présence de Gabriel et son estime dont je me sentais soudain indigne.Je me rendais compte combien il m'était précieux.

J'eus la conviction , en retrouvant ces souvenirs enfouis , révélés par l'hypnose , que mes sntiments s'étaient détournés de leur objet.Mes voeux se portaient sur l'inconnu.J'avais ,je pense , été victime de ma propre imposture.

Gabriel jouait l'indifférent , l'éternel absent. Sans oser me l'avouer , j'en étais ...désespérée.Il ne pouvait agir autrement parce que nos vies ne devaient pas se rencontrer ainsi.Antant ,alors ,m'enfuir dans un autre destin , celui , toujours de l'amour impossible mais pour un homme dont on devait tout ignorer .Cela le protégeait .Le rendrait jaloux? Le forcerait-il à s'exprimer?

La meilleur preuve en est, ce manuscrit.Gabriel l'a bel et bien gardé.Il ne l'a jamais replacé dans notre bibliothèque qui fut ensuite dispersée.Il savait les poèmes par coeur.S'il oubliait une strophe , je le reprenais.Il terminait toujours par celles qu'il avait composées,puis se taisait un moment , avant d'ajouter:

-Pour ton plaisir

-Partagé , j'espère.

-Toujours.

Et puis tout s'arrêtait .Mon père n'était plus , nous étions seuls...

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