Voulez-vous partager avec moi des moments de passions ,d'émotions , en vous mettant en position de critiques ,j'aime je naime pas ,je trouve cela nul...Alors restez avec moi
Vincent Cordouan,palais turc et vue sur le Penon:huile sur carton
Alger s'est construite autour d'un port dont les fondements existaient depuis la plus haute Antiquité
Lorsqu'au xème siècle le musulman Bologhine fonda El djazair,il héritait des ruines de la cité romaine et de "quantité de materiaux de construction,pierres colonnes, dalles..."
Durant plusieurs siècles,les luttes de pouvoir dans le Maghreb ne connurent guère de trève,mais le port d'Alger d'El Djazair devint à partir du xiiième siècle une base essentielle aux navires musulmans pour leurs activités de corsaires.Avec les frères Barberousse,au xvième siècle,il prit definitivement son essor
Durant trois siècles ,le port d'El Djazair abrita "une curieuse republique de forbans,pachalik de l'empire turc,dont les maîtres n'avaient pas grand pouvoir sur l'interieur du pays livré à l'anarchie des souverainetés locales,mais qui prélevaient une dîme terrible sur le commerce mediterranéen
C'est la cité corsaire presque inchangée que les peintres découvrirent éblouis à partir de 1830.La ville et le port ,indissociables dans leur histoire,comme dans leur configuration ,se mêlirent étroitement danrs leurs oeuvres.Le port s'offrait à leurs yeux dirrectement sous les plus beaux bâtiments de la ville
Louis Randavel:aquarelle 31 novembre 1930
Albert Marquet,promena son chevalet sut toutes les hauteurs d'Alger.Du balcon Saint-Raphael à El-Biar,la baie s'offrait à son etude dans toute son étendue vers l'Est:en descendant un peu du haut du chemin Laperlier,il plongeait sur le bassin de l'Agha et sur" les falaises des maisons nouvelles "qui regardaient le port:depuis le Parc Gatliff,sur les frondaisons du Palais d'Ete.C'est lui encore qui ouvrit les persiennes de sa fenêtre sur la baie d'Alger,,un cypres ou un vase de fleurs au premier plan ,à l'instar de son ami Matisse à Tanger
La génération des années 1930,confirma le besoin de ses recherches plastiques nouvelles et le désir de s'aproprier le site au travers d'un regard createur,afin de faire oeuvre personnelle et non plus documentaire ou pittoresque .Le goût général portait vers ce qu'on appelait "La manière claire"la luminosité résultant des couleurs elles-mêmes et non d'un coup de projecteur artificiel
Etienne Chevalier imposa une vigueur bien particulière qui l'amena à dresser des arbres tout en torsion contre des ciels nuageux ou des mers tour à tour argentées de vert et de gris .Il sut aussi faire chanter le gris mauve des montagnes lointaines derriere des feuillages surprenants
Azouaou Mammeri restitua tres justement la lumière mediterraneenne,en larges plages de couleurs uniformes distribuées de manière à faire ressentir la force de la nature
Paul Fenasse:Villa sur la baie ,huile sur toile
Vers la fin du xixème siècle,sous les grands palmiers africains où les tamaris poussaient jusqu'au bord de la mer,dans les quartiers du Hamma tout pres du jardin d'Essai,Paul Lazerges pouvait encore peindre après 1880 des chameliers et leurs dromadaires
Marius Reynaud representa des barques pointues et promena son chevalet aussi bien vers les plages du quartier de Saint-Eugène,dominé à partir des années 1850,par la silhouette de la basilique Notre-Dame-d'Afrique que vers celles d'Hussein- Dey
Léon Carré :paysage de Bouzaréa , technique mixte sur carton
Vincent Cordouan rechercha particulièrement les vallons du littoral.On apprecie les vues qu'il realisa sur plusieurs années , apres son retour d'Alger et qui restituent avec poesie la vegetation luxuriante d'El-Biar , de Mustapha, de Birkhadem ou de Douera , les coins ombragés , les petits edifices , les cafés maures dans lesquels se reposaient les caravaniers.
François Lauret ,concitoyen et ami de Cordouan montrèrent une nature plus aride à l'arrivée sur la plaine du Hamma :quelques rangées d'arbres , quelques bouquets de figuiers de Barbarie , des lentisques en abondance et cette terre "violente et brune oxydée par le fer" dont parlait Fromentin
Vincent Courdouan : La vallée d'El-Biar ;huile sur bois Toulon musée des Beaux-Arts
"Blancheur d'Alger adossée à sa montagne , les pieds et la tête baignant dans un etrenel azur"
Le golfe qui l'accueille est immense , en demi-cercle.On a pu la comparer a un arc , un croissant , à une faucille , à une corne d'abondance.
La ville ancienne dont les mammelons en pente douce representent "comme la dernière marche du gigantesque escalier formé par les bourrelets successifs de l'atlas" Ces collines sont dominées par le petit massif de la Bouzarea (la montagne aux graines dans les roches , que l'on orthographiait Bouzaria sur les vues anciennes de la ville),dont les roches escarpées se jettent abruptement dans la mer
La Pointe Pescade ,Rais Hamidou aujourd'hui,et le Cap Caxine ferment le côté Ouest de la baie.A l'Est , s'étire une étroite plaine côtière que l'on peut suivre sur une douzaine de kilomètres avant de déboucher sur la vaste Mitidja , grenier à blé de Rome puis marecage insalubre avant d'être transformée en magnifiques terres à cultures , encadrée par l'atlas de Blida dont les sommets tutelaires du BouZegra aux crêtes dentelées et du Djurdjura Kabyle.La côte orientale de la baie se tremine au Cap Matifou