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Egypt -hiéroglyphe : paroi du temple Kôm Ombo
Dans la nature tout fait signe :Un faucon, un roseau ou alors le simple geste de marcher...
Les scribes puisent dans l'univers leur inspiration pour reproduire des milliers de
signes.
Première forme d'écriture égyptienne, les hiéroglyphes ont une origine difficile à dater. Pendant longtemps, les historiens ont affirmé qu'ils étaient nés vers 3000 av.J-C, avec la civilisation des grands pharaons qui ont unifié la vallée du Nil. La palette de Narmer, commémorant la conquête de la Basse-Egypte par Ménès, pharaon fondateur de la Haute-Egypte, serait alors le plus ancien document connu(3100 av J-C). Dans les années 1900, une équipe de l'institut allemand du Caire, découvre à Abydos des centaines d'étiquettes en ivoire gravées d'inscriptions datées entr 3250 et 3150; les hiéroglyphes preuve de l'écriture égyptienne antérieure à la naissance de l'Etat pharaonique, à une époque de la vallée du Nil était parsemée de petits royaumes. "Certains signes forment des mots, d'autres non. Les animaux n'ont pas exactement la même forme que ceux des hiéroglyphes connus.Dès l'Egypte unifiée , en revanche, les signes renvoient à des signes royaux: ils sont prononcés , et relèvent par conséquent de l'écriture. La frontière est floue..."dit Dimitri Meeks.Elle l'est d'autant plus que la découverte d'Abydos récente, fait encore l'objet de recherches qui permettront peut-être , à terme, de trouver un consensus.
Au début , les hiéroglyphes ne désignent que des noms, des titres, des quantités. Le premier long texte, un document administratif, date de 2600 av. J-C: les grands textes religieux ne paraissent qu'à partir de 2300, apres huit siècles d'histoire égyptienne. " Dans cette civilisation comme dans la civilisation mésopotamienne, l'écriture semble née d'un besoin pratique: comptable en Mesopotamie, cadastral en Egypte où les crues du Nil, déposant chaque année leur limon, brouillaient toutes les marques de propriété entre les champs et obligeaient à refaire un travail d'arpentage".Sans elle le pharaon ne peut déléguer ni transmettre ses ordres: l'écriture autorise l'émergence d'une société organisée sous l'égide d'un souverain unique et d'une administration centralisatrice. Elle n'est toutefois accessible qu'à une élite, composée de dignitaires, de prêtres et de fonctionnaires. Moins de un pour cent de la population est alphabetisée, soit quelques miliers de personnes pour l'Egypte.Et pour devenir scribe - Veiller au cadastre, à la perception des impôts et à la prestation des corvées - Douze années de formation sont nécessaires! Car le système hiéroglyphique est particulièrement complexe.Figuratif, il se compose d'images provenant de l'univers égyptien: un lion, un faucon, des roseaux...Mais pour faire signe, ces choses du réel subissent trois contraintes: elles sont ramenées à la même taille (le faucon est aussi grand que le lion), rangées de manière harmonieuse et orientées en fonction du sens de lecture .Chaque hiéroglyphe peut alors avoir trois fonctions. Il peut être un idéogramme et representer une idée: le dessin d'un chat désigne , le chat, celui d'un collier est attribué à l'or, il peut ^être un phonogramme: les voyelles n'étant pas encodées, il désigne une seule consonne - ces hiéroglyphes alphabétiques sont au nombre de 24 - voir plusieurs : comme si le dessin de chat désignait le son "ch".Enfin le hiéroglyphe peut être un déterminatif, un signe dépourvu de sens phonétique mais qualifiant le mot qui le précède: un nom d'étoiles se termine par la silhouette d'une étoile.
Tous ces signes figuratifs ne sont guère facile à manier.Apparaissent deux écritures cursives, fondées sur des tracées simplifiés des hiéroglyphes, la tachygraphie écriture rapide.C'est d'abord le hiératique , utilisé des l'ancien Empire (2700-2600)pour les textes religieux comme les documents profanes, littéraires ou scientifiques.Puis vient le démotique, à partir du viième siècle, qui connait une large utilisation dans la vie quotidienne et perd tout aspect figuratif. Ces deux écritures se tracent à l'encre sur des supports plus communs: papyrus, briques ou ostraca (débris de poteries). En parallèle, les hiéroglyphes subsistent mais sont réservés aux inscriptions sur les monuments et aux ornements. Ils sont gravés dans la pierre, en relief ou en creux, peints sur les parois des tombes, plus rarement sur des papyrus...
à suivre...