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28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 23:40

                            Maurice Utrillo       

 

                                       Né à Montmartre de père inconnu, Maurice Utrillo (1883 - 1955 ) est le fils de Suzanne Valadon, modèle et artiste peintre. Encouragé à peindre pour trouver un dérivatif à un alcoolisme précoce il continue par plaisir . Il vend sa première toile à Pigalle en 1905 expose au Salon d'Automne de 1909 . Toiles et pinceaux l'aident à surmonter un quotidien douloureux, scandé d'internements et de cures de désintoxication 

                                       Toute sa vie Utrillo peint le quartier de Montmartre où il vit. Revenant plusieurs fois sur un même site qui l'inspire, comme l'Eglise de Clignancourt, il transcende ce qu'il voit, se sert de l'anecdote comme support à l'expression de son lyrisme. La fameuse "période blanche", apogée de sa carrière de 1912 à 1914, se caractérise par les empâtements blancs, écrasés au couteau, où est parfois mélangé du plâtre qui se fabriquait alors sur la butte de Montmartre . 

                                         Paul Guillaume organise en 1922 l'exposition de trente cinq peintures d'Utrillo qui apporte au peintre le succès 

                                       

"La Maison Bernot " Huile sur toile : 100 x 146 cm / Signé et daté en bas à droite en vert foncé Maurice Utrillo

"La Maison Bernot " Huile sur toile : 100 x 146 cm / Signé et daté en bas à droite en vert foncé Maurice Utrillo

Cette toile représente un groupe de personnages descendant la rue du Mont-Cenis, sur la butte Montmartre à Paris. On reconnaît sur la droite le campanile de la basilique du Sacré-Cœur, achevé en 1912. L’angle de vue choisi, sans doute d’après une carte postale, permet de voir la "maison Bernot" sur la gauche. Utrillo a réalisé cette toile alors qu’il résidait dans l’Ain, loin de la capitale, et selon un de ses biographes, il "se souvient des plus humbles détails et, sous sa brosse, il en ordonne l’énumération précise et savoureuse...". La carte postale servait probablement de support à ses souvenirs. Eloigné temporairement de Paris, Utrillo, qui avait habité Montmartre dès sa naissance, était apparemment nostalgique de ce quartier. Sa technique est différente ici de celle de ses autres œuvres. Il accentue de gros traits noirs les lignes architecturales qui s’opposent à l’animation et aux couleurs des personnages. On ne voit parmi eux qu’un seul homme de dos, sur la gauche. Il s’agit d’un peintre tenant sa palette devant son chevalet. Les femmes à jupes longues et grosses bottines affichent des silhouettes caricaturales, semblables à celles représentées par Utrillo dans La mairie au drapeau, peinte la même année et également conservée au musée de l’Orangerie.
"Eglise Saint-Pierre de Montmartre" 1914 Huile sur carton parqueté : 76 x 105 / Signé en bas à droite en vert foncé

"Eglise Saint-Pierre de Montmartre" 1914 Huile sur carton parqueté : 76 x 105 / Signé en bas à droite en vert foncé

Utrillo a très souvent peint l’église Saint-Pierre de Montmartre, bâtie au cours du XIIe siècle et largement restaurée de 1900 à 1905. En 1914, elle était déjà dominée par la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, construite à partir de 1875, dont les extérieurs étaient tout juste achevés. On aperçoit ici deux de ses dômes et son campanile, lui-même terminé en 1912. Parmi les multiples versions de ce sujet, le tableau du musée de l’Orangerie montre la façade de Saint-Pierre de Montmartre derrière son portail. Peut-être une carte postale a-t-elle servi de modèle à Utrillo car la composition est très symétrique. L’artiste s’attache ici à traduire les éléments de la composition par l’emploi de touches différentes. Le trottoir et la chaussée sont peints de fines touches horizontales où les tons clairs et foncés alternent afin de montrer le dénivellement. Une pâte plus épaisse, le blanc caractéristique d’Utrillo, lui sert à rendre les façades des maisons et de l’église Saint-Pierre, les dômes et le campanile du Sacré-Cœur. Le ciel est peint d’une touche compacte qui réduit la profondeur. Les fenêtres et ouvertures des constructions sont closes ou opaques. Seules les feuilles des arbres, rendues par de petites touches vertes et jaunes animent ce paysage parisien. Provenance : Paul Guillaume ; Domenica Walter
"La Mairie au drapeau" 1924 Huile sur toile : 98 x 130 cm / Signé et daté en bas à gauche en noir Maurice Utrillo 1924

"La Mairie au drapeau" 1924 Huile sur toile : 98 x 130 cm / Signé et daté en bas à gauche en noir Maurice Utrillo 1924

La santé d’Utrillo se dégrade dès 1909, l’empêchant parfois de peindre en plein air. Il réside alors en maison de santé ou sous la surveillance d’un de ses proches dans l’atelier ou une chambre d’hôtel. Sa mère l’artiste Suzanne Valadon (1865-1938), et le second mari de celle-ci, lui procurent des cartes postales afin qu’il trouve de nouveaux sujets et puisse poursuivre son travail. Sans doute cette toile est-elle inspirée d’une carte montrant le village de Maixe, situé dans l’Est de la France en Lorraine, près de Lunéville. Cette œuvre est plus colorée et animée que celles peintes par Utrillo dans les années 1910 conservées au musée de l’Orangerie. Les murs blancs des maisons contrastent avec leur toit rouge. Le chemin est bordé de verdure, dont la couleur répond à la porte d’un jardin. Le clocher gris et brun d’une église se détache sur la gauche. Il surmonte un groupe d’hommes et de femmes conversant. Comme dans une photographie, deux femmes sont face à face saisies dans leur mouvement. Un couple est détaché du groupe et s’éloigne sur la droite. Les personnages mêlent femmes en jupes encore longues, hommes en blouse bleu de paysan et soldats en uniforme rouge et bleu. Quant au drapeau français tricolore, Utrillo l’a placé au centre de la toile, ce qui attire l’œil du spectateur. Provenance : Paul Guillaume ; Domenica Walter
"Grande Cathédrale ou Cathédrale d'Orléans 1913 / Huile contre-plaqué parqueté : 12 x 54 cm /signé en bas à droite en bleu

"Grande Cathédrale ou Cathédrale d'Orléans 1913 / Huile contre-plaqué parqueté : 12 x 54 cm /signé en bas à droite en bleu

Utrillo représente ici la façade de la cathédrale Sainte-Croix d’Orléans, principalement bâtie au XIIIe siècle. On ne sait si l’artiste s’est rendu dans cette ville ou s’il s’est inspiré d’une carte postale. Cette vue est plus abstraite que la façade de Notre-Dame de Paris réalisée par Utrillo et conservée au musée de l’Orangerie. Dès 1909, l’artiste mélange à sa pâte de la colle, du plâtre et du ciment pour obtenir une matière blanche caractéristique. Des touches de gris et de bruns y sont ici ajoutées peu à peu pour obtenir l’effet recherché. Le tableau est inachevé et permet d’explorer certains procédés de l’art d’Utrillo. La couche préparatoire du fond est encore visible. La ligne droite dans le bas, qui sert de support au motif, est également visible. La façade y est posée comme une maquette sur un support. Les formes sont tracées à l’aide d’une règle et d’un compas. La signature d’Utrillo a été peinte dans la pâte puis nettoyée et remplacée par une écriture à l’encre. Selon certains, le marchand Libaude reprochait à Utrillo d’avoir une signature trop grande et Suzanne Valadon, mère de l’artiste et peintre elle-même, grattait sa signature et en substituait une autre. Provenance : L. Libaude ; Paul Guillaume ; Domenica Walter
"Rue du Mont-Cenis"1914 / Huile sur carton parqueté : 76 x 107 / Signé et daté en bas à droite en vert foncé Maurice Utrillo

"Rue du Mont-Cenis"1914 / Huile sur carton parqueté : 76 x 107 / Signé et daté en bas à droite en vert foncé Maurice Utrillo

Même s’il résidait souvent en-dehors de la capitale, Maurice Utrillo connaissait le quartier de Montmartre à Paris depuis son enfance, puisque sa mère Suzanne Valadon (1865-1938) y avait un atelier, qu’il partagea plus tard au 12 de la rue Cortot. Utrillo habitait Montmartre au début de la guerre, logé par le propriétaire d’un petit restaurant appelé familièrement Le casse-croûte. Il voyait la rue du Mont-Cenis depuis la fenêtre de sa chambre et peignit plusieurs vues de cet endroit. La rue épouse la pente de la butte Montmartre et domine Paris. Il s’agit ici d’un grand tableau peint dans l’atelier. Les lignes de la perspective sont tracées à la règle. Utrillo emploie une pâte épaisse, composée notamment du plâtre que l’on trouvait abondamment à Montmartre. Il s’essaie à une vue d’automne : les arbres sont dépouillés de feuilles et la lumière froide ainsi que le ciel gris sont tempérés par les tons bruns de l’immeuble aux volets clos et du toit de la petite maison. Celle-ci est la "maison de Berlioz" demeure du compositeur Hector Berlioz (1803-1869) de 1834 à 1837. Utrillo a réalisé une vue de cette maison également conservée au musée de l’Orangerie. Là encore, il a ajouté le drapeau français et sa première signature a été grattée et remplacée. Provenance : Paul Guillaume ; Domenica Walter
26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 21:36

                                                    Pablo Picasso

 

                                                  Si Paul Guillaume ne fut pas le marchand attiré de Picasso ( 1881- 1973 ), leur intérêt commun pour l'art primitif, et particulièrement l'art "nègre", les rapprochait. Guillaume le premier, consacra dans sa galerie, en 1958, une exposition commune aux deux grands maîtres de la peinture qu'étaient déjà Picasso et Matisse

                                                   De l'oeuvre immense de peinture espagnole, un très bel ensemble de tableaux, datant essentiellement du séjour de l'artiste dans le petit village catalan de Gésol en 1906, est dominé par les monumentales Baigneuses de la période dite "néoclassique" des années 1920

                                                  La collection des oeuvres de Picasso rassemblées par Paul Guillaume, quoique amendée des oeuvres précubistes et cubistes que le marchand a un temps possédées et que représente la Grande nature morte, remplit ainsi l'un des objectifs qu'ils s'était fixé pour son musée : affirmer, dans une relecture " équitable " de l'art moderne, la vigueur de la "modernité clacissisante" dans la première moitié du xxème siècle

Pablo Picasso "Femmes à la fontaine"1921 Huile sur toile : 50 x 52 cm / Signé en bleu en bas à droite Picasso

Pablo Picasso "Femmes à la fontaine"1921 Huile sur toile : 50 x 52 cm / Signé en bleu en bas à droite Picasso

Peintre, sculpteur, dessinateur et céramiste espagnol d’une longévité créatrice exceptionnelle, Pablo Picasso (1881-1973) arrive à Paris dès 1901 et s’engage dans sa célèbre période bleue (1901-1904). Le pastel de grand format, L’Étreinte, conservé au musée de l’Orangerie témoigne des tonalités froides utilisées par l’artiste à cette époque. Lors de l’année 1906, alors que Picasso est en pleine période rose (1904-1906), il montre un intérêt croissant pour les figures robustes que va renforcer son voyage à Gósol, en Espagne (Les Adolescents, Femme au peigne). Le Nu sur fond rouge annonce quant à lui les recherches de Picasso pour Les Demoiselles d’Avignon (1907, MOMA, New York). Les poses et attitudes classiques de ces œuvres apparaissent de manière renforcée dans les grandes figures des années 1920 caractéristiques du "retour à l’ordre" et dont l’Orangerie conserve plusieurs toiles majeures (Grande baigneuse, Femme au chapeau blanc, Grand nu à la draperie, Femmes à la fontaine). Enfin deux œuvres de la collection du musée de l’Orangerie sont proches d’une esthétique relevant du cubisme tardif (Grande nature morte et Femme au tambourin). L’état actuel de la collection pourrait laisser penser que le collectionneur et marchand Paul Guillaume n’a pas retenu la période cubiste de Picasso mais uniquement ce qui l’a précédé et suivi. Cependant il faut souligner que son épouse Domenica s’est séparée après sa mort des œuvres les plus audacieuses de cette période. Si Paul Guillaume ne fut pas le marchand attitré de Picasso, leur intérêt commun pour l’art primitif, et particulièrement l’art "nègre", les rapprochait. Paul Guillaume fut par ailleurs le premier marchand d’art à consacrer dans sa galerie, dès 1918, une exposition confrontant les deux grands maîtres de la peinture Matisse et Picasso.
Pablo Picasso 1906 "Femme au peigne" Gouache sur papier : 139 x 57 cm / Signé en bas à droite Picasso au crayon rouge

Pablo Picasso 1906 "Femme au peigne" Gouache sur papier : 139 x 57 cm / Signé en bas à droite Picasso au crayon rouge

Cette très grande gouache sur papier annonce un tournant radical dans la manière de Picasso. Une femme nue est représentée debout peignant sa longue chevelure noire. Certains détails frappent cependant : le déséquilibre du corps, le raccourci du dessin, la disproportion de la tête ainsi que la stylisation naissante du visage. La schématisation de la poitrine et du pubis par des formes triangulaires annoncent la radicalité des figures qui vont conduire Picasso vers le cubisme et dont on trouve également un exemple dans la collection Walter-Guillaume avec le Nu sur fond rouge. Picasso réalise d’autres figures de femmes se coiffant au cours de l’année 1906. L’une des versions les plus proches est un bronze conservé au Baltimore Museum of Art aux États-Unis. On connaît également des dessins de cette même année représentant le même sujet. Cependant toutes ces représentations présentent la posture d’une femme accroupie se coiffant faisant de la version du musée de l’Orangerie une œuvre tout à fait particulière. Le marchand Paul Guillaume fait l’acquisition de cette toile de Picasso en 1929. Sa veuve Domenica conserve ensuite la toile, contrairement à de nombreux Picasso qu’elle met en vente dans les années suivant la mort de son mari. Provenance : Paul Guillaume en 1929 ; Domenica Walter
22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 01:26

                                           Amadéo Modigliani

 

                                         Venu à Paris en 1906 poursuivre ses études artistiques, le jeune Amadéo Modigliani ( 1884 - 1920 ) fréquente à Montmartre les artistes du Bateau-Lavoir, rencontre Max Jacob, Jean Cocteau, Pablo Picasso. Il découvre l'art primitif ainsi que l'art africain 

                                         Menant une vie de bohème et d'excès, Modigliani est dans le Montparnasse des années 1910 l'incarnation même de l'artiste maudit. Sa mort prématurée et dramatique à l'âge de trente-cinq ans renforce l'aura de scandale qui accompagne la réception de sa peinture

                                        Son oeuvre, concentrée sur une douzaine d'années seulement est d'une grande cohérence plastique. Initié à la sculpture par Constantin Brancusi, il s'y consacre presque exclusivement, produisant têtes sculptées et cariatides. Puis de 1914 à sa mort en 1920, en partie sous l'influence de Paul Guillaume, il produit plusieurs centaines de tableaux, consacrés à la seule figure humaine. Une souplesse pleine de grâce s'y marie à une schématisation extrême apprise de l'art africain

"Le jeune apprenti"1918-1919 / Huile sur toile: 100 x 65 cm

"Le jeune apprenti"1918-1919 / Huile sur toile: 100 x 65 cm

Modigliani vouait une grande admiration aux œuvres de Cézanne et ce portrait reprend la pose de certains buveurs ou fumeurs peints par ce dernier. Modigliani s’intéresse ici aux rapports entre la figure et son environnement. Le jeune homme est assis, pensif, la tête appuyée sur une main. La chaise et la table semblent ne faire qu’un avec son corps et le libérer de sa pesanteur.
Modigliani n’était pas seulement peintre mais aussi sculpteur. Les formes très stylisées, comme celles de la main posée sur la jambe, rappellent ses sculptures. La palette de la toile est très douce et décline les gris et les bruns, seulement troublés par le col de la chemise blanche et le bleu intense des yeux. Le visage fin, jeune et lisse du modèle contraste avec ses mains grossières. Dans cette toile, les motifs sont cernés de contours sinueux, les formes sont aplaties, ce qui montre également l’influence de l’art de Gauguin.
Modigliani passa plusieurs mois dans le  Midi de la France en 1918 et 1919 afin d’améliorer sa santé défaillante. Le séjour lui fut offert par son autre marchand Léopold Zborowski. Il effectua à cette période une série de portraits de jeunes hommes roux, paysan, apprenti ou ouvrier, sans que l’on sache s’il s’agit du même modèle.

Provenance : Léopold Zborowski, Paris ; Paul Guillaume en 1929 ; Domenica Walter

15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 23:55

                                             André Derain

                

                                            Artiste complexe et protéiforme, dont les continuelles ruptures de style déconcertent, André Denain ( 1880 1954 ) prend part à la célèbre " cage aux fauves " du Salon d'Automne de 1905

                                           S'écartant des milieux avant-gardistes, Derain se lance dans la reconquête réfléchie de la figuration par un vocabulaire formel et iconographique de plus en plus classique et le retour à quelque chose de tangible : le nu, le paysage,la nature morte

                                          En 1916, a lieu sa première exposition individuelle à la galerie de Paul Guillaume qui devient son marchand exclusif. Derain est ainsi l'artiste le plus largement représenté dans la collection Walter- Guillaume, avec vingt-huit tableaux correspondant à la période durant laquelle il développe un classicisme moderne souvent qualifié de " retour à l'ordre "

                                          Amateur d'art nègre autour de décors de théâtre et de ballets, fort célèbre de son vivant, Denain était en 1920 qualifié par le  peintre et critique André Lhote de " plus grand peintre français vivant "

André Denain " Rose sur fond noir " 1932 / Huile sur toile : 73 x 60 cm

André Denain " Rose sur fond noir " 1932 / Huile sur toile : 73 x 60 cm

Cette toile présent un aspect énigmatique, inhabituel dans une nature morte de fleurs, du à son fond noir. En effets seules des fleurs de couleurs vives ou claires et du feuillage surgissent de ce fond sombre, le vase étant lui-même quasiment invisible.Derain disait lui-même " il y a de mystère dans un noir que dans un triangle ou une figure organisée "

La composition est cependant très réfléchie : il s'agit d'une croix dont le centre est un cercle formé par le bouquet. Denain a su animer la toile de manière extraordinaire suivant un procédé qui lui était cher : de petites touches très claires posées sur les pétales de fleurs, qui donnent une intensité extraordinaire à l'ensemble. Quelques points blancs, reflets de lumière, font deviner le vase. Enfin en bas à droite, on devine une coupe en verre remplie d'eau sur laquelle est posée une fleur. Ce motif rappelle les natures mortes hollandaises du xviième siècle . L'écrivain André Breton ( 1896 - 1966 ) rapporte que : Derain parle avec émotion de ce point blanc dont certains peintres du xviième siècle flamands, hollandais, rehaussaient un vase, un fruit ( ... ) L'objet que je peins, l'être qui est devant moi ne vit que lorsque je fais apparaître sur lui ce point blanc. Il s'agit bien ici de l'un des toiles les plus les plus originales et les plus personnelles d'André Derain

André Derain " le Noir à la mandoline  " vers 1930 / Huile sur toile : 92 x 73 cm

André Derain " le Noir à la mandoline " vers 1930 / Huile sur toile : 92 x 73 cm

Avec cette figure de fantaisie, Derain poursuit son dialogue avec les maîtres du passé. Ici le peintre se confronte à Manet et à la peinture espagnole. Manet a peint diverses figures de musiciens : La joueuse de guitare, Le chanteur espagnol. Mais on pense surtout au Fifre, l’un des tableaux les plus célèbres de Manet. Le musicien se détache sur un fond uni ocre simplement animé par l’orientation des coups de brosse et une légère ombre en bas à droite. Derain surenchérit sur ses modèles quant à la liberté de facture et à la violence des contrastes. La lumière sur la chemise est évoquée par de larges empâtements de blancs. Les ombres par des traits nerveux de noir. Le même contraste inversé se retrouve sur le manche de la mandoline. De petites touches de blanc plus délicates sur certaines zones du visage : les yeux, le nez, les lèvres viennent donner vie au portrait. Le Noir à la mandoline apparait comme une véritable symphonie en brun, ocre et blanc.

6 novembre 2016 7 06 /11 /novembre /2016 23:31

                                             MARIE LAURENCIN

                                            Marie Laurencin (1883-1956 ) apprend la peinture sur Porcelaine puis suit les cours de dessin de la ville de Paris et de l'Académie de Humbert. Elle fréquente la" bande à Picasso " au Bateau-Lavoir où elle rencontre le poète Guillaume Appollinaire avec qui elle a eu une liaison passionnée et orageuse

                                             Un temps sensible au fauvisme , Marie Laurencin, la "muse des cubistes"simplifie et idéalise les formes sous leur influence. A partir de 1910, sa palette vire au gris, au rose, aux tons pastels puis elle découvre en Espagne la peinture de Goya

                                            En 1920, elle commence à peindre ces personnages féminins élancés et vaporeux qu'elle reprendra par la suite dans des toiles aux tons pâles, évocatrices d'un monde enchanté . Elle peint les portraits des célébrités parisiennes et réalise des décors de théâtre , en particulier pour les Ballets Russes. S'y  développe un  goût pour la métamorphose, réunissant deux thèmes favoris de Marie Laurencin : les jeunes femmes et les animaux 

 

Marie Laurencin " Danseuses espagnoles "Huile sur toile : 150 x 95 cm

Marie Laurencin " Danseuses espagnoles "Huile sur toile : 150 x 95 cm

Mariée à un Allemand, Marie Laurencin vécut hors de Paris durant près de cinq années de 1914 à 1919, durant lesquelles elle séjourna principalement en Espagne, puis en Suisse et en Allemagne. Elle souffrit de l’éloignement de la capitale française, centre incomparable de créativité artistique. Après son retour, elle développa dans les années 1920 un nouveau style dont ces Danseuses espagnoles sont un bon reflet. Les couleurs sourdes et le géométrisme hérité du cubisme sont remplacés par des tons clairs et des compositions ondoyantes. L’alliance entre le monde féminin et le monde animal qui devient son thème favori est ici éclatant

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Trois jeunes femmes semblent tournoyer autour d’un petit chien bondissant, devant un grand cheval gris. Marie Laurencin s’est représentée elle-même agenouillée au premier plan, vêtue d’un tutu rose, qui est le seul ton chaud du tableau. Ses mains s’entremêlent avec celles de la jeune fille de droite. La jeune fille de gauche, exclue de cette complicité, esquisse un pas de danse et retient un chapeau. Ses yeux s’enchaînent avec le grand œil en amande du cheval. Les animaux sont ici de libres compagnons, confidents des danseuses dans un étrange paradis.

 

 

 

Portrait de Madame Paul Guilaume / Huile sur toile : 92 x 73 cm

Portrait de Madame Paul Guilaume / Huile sur toile : 92 x 73 cm

Juliette Lacaze (1898-1977), née dans le sud-est de la France, s’installe à Paris à la fin des années 1910. D’une très grande beauté et d’une forte personnalité, elle  travaille dans un cabaret de Montparnasse où elle côtoie l’avant-garde artistique. Est-ce là qu’elle rencontre Paul Guillaume, dynamique et prometteur marchand d’art ? Très amoureux d’elle, il l’épouse en 1920, la surnomme Domenica et l’introduit dans la bonne société parisienne. Marie Laurencin était un des artistes liés à Paul Guillaume et débutait une activité de portraitiste mondain. Il n’est donc pas étonnant que Domenica ait désiré avoir son portrait, symbole de notoriété et d’aisance financière.
Marie Laurencin la représente assise, pensive et légèrement penchée. Son attitude, sa robe et son écharpe rose font écho au rideau situé sur la droite du tableau. Marie Laurencin a placé dans cette toile ses motifs favoris : un grand chien gris semblable à une biche, les pattes croisées, et un bouquet d’où Domenica a tiré une fleur. La ressemblance a été accentuée par l’artiste qui ne peignait d’ordinaire que des visages toujours semblables et stylisés. Le casque de la chevelure brune, la ligne marquée des sourcils surmontant de grands yeux clairs, le modelé du visage, appartiennent bien à Domenica.

Published by Eglantine
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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 21:57

                                                Henri Matisse

                             

                                                          Formé à l'Ecole des arts décoratifs puis à l"Ecole nationale des beaux-arts, Henri Matisse (1869-1954 ) est d'abord tenté par les théories du néo-impressionnisme .

                                                         l'été 1905 passé à Collioure est pour lui" l'épreuve du feu", celle de la couleur libérée. Au Salon de l'Automne de 1905, Matisse apparaît comme le chef de file du fauvisme.

                                                         Puis la dimension décorative de son art s'affirme dans ses oeuvres peintes mais aussi dans des sculptures de grande envergure.

                                                        Au fil des années, l'audacieux Paul Guillaume qui a organisé une exposition Matisse-Picasso dans sa galerie en 1918, réunit un ensemble de grandes toiles manifestes des années dix, d'une rare tension plastique et des oeuvres plus apaisées des années vingt, dont sa veuve Doménica, ne gardera que dix étoiles.

                                                      Venu s'installer à Nice, Matisse renouvelle non seulement les motifs mais aussi le langage de son oeuvre, marquée par un certain " classicisme", qui s'expriment dans une série importante de tableaux sur le thème de l'odalisque 

Henri Matisse ( 1869-1954 ) "Femmes au canapé ou le Divan " 1921 / 92 x 73 cms

Henri Matisse ( 1869-1954 ) "Femmes au canapé ou le Divan " 1921 / 92 x 73 cms

Ce portait de trois sœurs est l’une des œuvres magistrales de Matisse. Trois jeunes femmes brunes assises prennent place sur un fond bistre. Deux des jeunes femmes nous regardent tandis que la dernière est absorbée par sa lecture. Le peintre réussit ici l’équilibre parfait entre différents éléments apparemment inconciliables : la variété des attitudes des trois sœurs, des couleurs discordantes, l’impression de la juxtaposition de plusieurs niveaux de perspective. De multiples sources ont été invoquées pour la réalisation de ce tableau, la peinture de Manet (1832-1883), l’estampe japonaise ou encore la toile Les dames de Gand conservée au musée du Louvre et attribuée à l’époque à Jacques-Louis David (1748-1825), ont pu constituer une inspiration pour Matisse. L’intérêt du peintre pour ce sujet se manifeste à cette époque à plusieurs reprises et donne lieu à différentes versions. On connaît ainsi trois tableaux représentant également trois sœurs dans des poses et des vêtements à chaque fois renouvelés et conservés à la fondation Barnes de Philadelphie. C’est probablement là qu’il faut chercher la raison de la présence de la toile au musée de l’Orangerie. En effet, le marchand Paul Guillaume a beaucoup contribué à la constitution de la collection du docteur Barnes (1872-1951) et il est très probable que les toiles de Matisse représentant les trois sœurs soient passées par sa galerie avant de rejoindre les États-Unis. C’est l’une des rares œuvres que Paul Guillaume achète en vente publique, sans doute en souvenir des toiles cédées au docteur Barnes.

Ce portait de trois sœurs est l’une des œuvres magistrales de Matisse. Trois jeunes femmes brunes assises prennent place sur un fond bistre. Deux des jeunes femmes nous regardent tandis que la dernière est absorbée par sa lecture. Le peintre réussit ici l’équilibre parfait entre différents éléments apparemment inconciliables : la variété des attitudes des trois sœurs, des couleurs discordantes, l’impression de la juxtaposition de plusieurs niveaux de perspective. De multiples sources ont été invoquées pour la réalisation de ce tableau, la peinture de Manet (1832-1883), l’estampe japonaise ou encore la toile Les dames de Gand conservée au musée du Louvre et attribuée à l’époque à Jacques-Louis David (1748-1825), ont pu constituer une inspiration pour Matisse. L’intérêt du peintre pour ce sujet se manifeste à cette époque à plusieurs reprises et donne lieu à différentes versions. On connaît ainsi trois tableaux représentant également trois sœurs dans des poses et des vêtements à chaque fois renouvelés et conservés à la fondation Barnes de Philadelphie. C’est probablement là qu’il faut chercher la raison de la présence de la toile au musée de l’Orangerie. En effet, le marchand Paul Guillaume a beaucoup contribué à la constitution de la collection du docteur Barnes (1872-1951) et il est très probable que les toiles de Matisse représentant les trois sœurs soient passées par sa galerie avant de rejoindre les États-Unis. C’est l’une des rares œuvres que Paul Guillaume achète en vente publique, sans doute en souvenir des toiles cédées au docteur Barnes.

Dans l’Odalisque à la culotte grise, la géométrie et les couleurs fortes jouent les premiers rôles. L’odalisque peinte dans des couleurs sobres : chair, vert et gris tend à se fondre dans le décor. Dans son compte rendu du Salon d’automne de 1927, le critique d’art Jacques Guenne (1896-1945) s’interroge : "Pourquoi avec toutes ses raies bleues, rouges, violettes, jaune, avec cette grande tenture rouge aux motifs gris, la petite toile de Matisse ne devient-elle pas le plus affreux étalage de papiers peints de quartier populeux, je l’ignore. Ou plutôt je sais que cet artiste est comblé par la grâce de la couleur." Les grands motifs des tissus que Matisse a tendus sur un châssis démontable et le chromatisme dominé par le rouge annihilent toute sensation d’espace. Seuls les accessoires donnent une relative sensation de profondeur. La table Louis XV et le brasero sont régulièrement utilisés par le peintre. On a cependant bien du mal à les situer par rapport au canapé qui semble envahir leur espace.

Dans l’Odalisque à la culotte grise, la géométrie et les couleurs fortes jouent les premiers rôles. L’odalisque peinte dans des couleurs sobres : chair, vert et gris tend à se fondre dans le décor. Dans son compte rendu du Salon d’automne de 1927, le critique d’art Jacques Guenne (1896-1945) s’interroge : "Pourquoi avec toutes ses raies bleues, rouges, violettes, jaune, avec cette grande tenture rouge aux motifs gris, la petite toile de Matisse ne devient-elle pas le plus affreux étalage de papiers peints de quartier populeux, je l’ignore. Ou plutôt je sais que cet artiste est comblé par la grâce de la couleur." Les grands motifs des tissus que Matisse a tendus sur un châssis démontable et le chromatisme dominé par le rouge annihilent toute sensation d’espace. Seuls les accessoires donnent une relative sensation de profondeur. La table Louis XV et le brasero sont régulièrement utilisés par le peintre. On a cependant bien du mal à les situer par rapport au canapé qui semble envahir leur espace.

17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 19:58

                                                      Paul Cézanne

 

                                                      Après de brillantes études, Paul Cézanne ( 1839-1906 ) s'inscrit à l'école municipale de dessin d'Aix. En 1862, il rejoint à Paris son ami Emile Zola. Après avoir pratiqué la copie au Louvre et au Luxembourg, où il découvre notamment Delacroix, il travaille avec Pissarro et participe à l'exposition fondatrice du groupe impressionniste en 1874

                                                     Déçu par l'échec critique de ces années parisiennes, . Cézanne vit de plus en plus dans le midi à partir de 1886. Il abandonne rapidement l'impressionnisme même s'il reste fidèle au travail en plein air et aux ombres colorées

                                                    Vers 1890-1895, sa peinture se renouvelle par un changement radical de style et de facture et exprimé d'abord dans la matière morte.Les contours des objets sont fortement dessinés, les modelés parfois plus esquissés que peints.

                                                    En 1845,sa première exposition chez Vollard révèle au public l'exigence et l'originalité de sa démarche. Les jeunes peintres le révèrent.

                                                   Son sens de volume et l'importance donnée à la structure géométrique font de Cézanne le précurseur de la peinture moderne " notre père à nous tous " dira Piasso

                                                       

"Madame Cézanne au jardin " Vers 1879-1882 / Huile sur toile / 83 x 63 ms

"Madame Cézanne au jardin " Vers 1879-1882 / Huile sur toile / 83 x 63 ms

Hortense Fiquet était un jeune modèle qui devint d’abord la compagne du peintre, lui donna un fils en 1872 mais qu’il n’épousa qu’en 1886. Cette liaison resta longtemps cachée de la famille Cézanne. Hortense et son fils ne furent jamais vraiment acceptés par l’entourage de Cézanne. Ils furent surnommés "La boule" et "Le boulet".
On connait vingt-cinq portraits d’Hortense peints par Cézanne. Dans cette version, elle est peinte en pied à l’extérieur de manière assez inhabituelle chez le peintre qui préférait les cadrages plus serrés avec un quelconque intérieur peu détaillé.
Cézanne prenait d’avantage de liberté lorsqu’il peignait ses proches mettant au premier plan sa recherche de rigueur formelle qui confère au modèle monumentalité et durée. Comme souvent, Hortense présente ici un visage inexpressif.
L’œuvre paraît inachevée, la partie inférieure est a peine brossée et une large place laissée à la préparation blanche. Elle a été arrêtée là, ce qui est fréquent chez Cézanne qui affichait ainsi son dédain vis-à-vis du "fini".

" Fruits serviette et boîte à lait " 1880-1881 . Huile sur toile : 60 x 73 ms

" Fruits serviette et boîte à lait " 1880-1881 . Huile sur toile : 60 x 73 ms

La nature morte regroupant quelques objets familiers disposés sur une table ou un coffre a servi à Cézanne de support à de multiples variations. Les motifs qui le composent - coffre, pommes et couteau - apparaissent à plusieurs reprises dans ses peintures, tout comme le papier peint. L’angle de vue inhabituel sur les objets figuré ici était à l’époque de Cézanne d’une nouveauté totale et même choquante. L’axe central dessiné par le verre et le fermoir du coffre est contrarié par le couteau et la répartition asymétrique des fruits, du pain et du broc. De même, le couvercle du coffre ne forme pas un angle véridique avec le mur.

Ce tableau paraît plus austère que d’autres natures mortes de Cézanne : les couleurs en sont plus sourdes, dans un dégradé de vert, et les lignes plus géométriques, accentuées par les motifs du papier peint.  Il s’agit cependant d’une parfaite illustration de ses recherches sur l’équilibre des formes.

Provenance : Ambroise Vollard, Paris ; Bernheim-Jeune, Paris ; Ambroise Vollard, Paris ;  Durand-Ruel, Paris ; Brown, Baden (?) ; Magda Mauthner von Markhof, Vienne ; Hugo Moser, Berlin ; galerie Thannhauser, Lucerne ; galerie S. Rosengart, Lucerne ; Max Silberberg, Breslau ; vente S. et S. (Silberberg et Simon), galerie Georges Petit, Paris, 9 juin 1932, n° 13, repr. cat., non vendu ; Paul Rosenberg, Paris ; collection particulière, Pays-Bas ; Domenica Walter.

"La barque et les baigneurs" Vers 1890 / Huile sur toile 30 x 125 cms

"La barque et les baigneurs" Vers 1890 / Huile sur toile 30 x 125 cms

Ce tableau de Cézanne n’a retrouvé son unité que tardivement en 1973, après avoir été coupé en trois parties pendant plusieurs décennies. Deux des parties avaient été cédées à l’Etat par Domenica, la veuve du marchand et collectionneur Paul Guillaume. Les musées nationaux ont eu la possibilité de racheter la partie centrale manquante en 1973 et l’œuvre a été reconstituée. Le format très particulier de la composition, tout en longueur, s’explique par la destination que devait avoir l’œuvre. Il s’agit en effet d’un projet de décoration qui devait prendre place dans l’appartement parisien de son commanditaire, l’important collectionneur Victor Choquet. Elle aurait du s’y intégrer avec son pendant La vasque au paon (collection particulière) comme dessus de porte.Cependant, selon Georges Rivière, à la mort de Choquet en 1891, les deux panneaux étaient encore inachevés. On retrouve ici le thème classique des baigneurs et des baigneuses qui traverse toute l’œuvre de Cézanne. Ceux-ci sont répartis de part et d’autre de la composition sur deux rives laissant la place entre les deux à l’eau et au ciel, ainsi qu’à une petite une barque amarrée sur la gauche et une grande barque voguant au centre de la composition. La toile évoque le thème de l’harmonie existant entre l’Homme et de la nature. A l’exception des décors muraux des "Saisons" que Cézanne avait réalisés jeune dans sa demeure familiale du Jas de Bouffan, près d’Aix-en-Provence, cette œuvre constitue un unicum puisqu’il s’agit du seul projet de décoration commandé et réalisé par Cézanne au cours de sa carrière. Provenance : Victor Chocquet, Paris ; vente Chocquet, Paris, Galerie G. Petit, 1er au 4 juillet 1899, n°19 ; J. Bernheim-Jeune, Paris ; collection Walter-Guillaume
12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 23:37

                       Pierre-Auguste Renoir

 

                                D'abord peintre sur porcelaine, Auguste Renoir (1841 - 1919 ) est admis à l'Ecole impériale et spéciale des Beaux-arts. Avec Claude Monet, rencontré dans l'atelier privé de Charles Gleyre, Renoir découvre la peinture de plein air, éclaircit sa palette et anime sa touche en la morcelant

Claude Renoir en clown / 1909 / Huile sur toile : Hauteur 120 X 77 cms

Claude Renoir en clown / 1909 / Huile sur toile : Hauteur 120 X 77 cms

                                    En 1864, il expose au Salon officiel puis prend part deux premières expositions " impressionnistes " en 1874 et 1876 avec des sujets tirés de la vie contemporaine. Participant à nouveau au Salon, il y trouve enfin le succès

"Fleurs dans un vase " Huile sur toile

"Fleurs dans un vase " Huile sur toile

Suit une période dite " ingresque " où le modelé est plus précis. Régénérant une veine " classique" d'où toute secheresse est absente. Renoir peint des femmes opulentes, à la chair pulpeuse, de plus en plus sculpturales, groupées dans un luxuriant paysage, et adopte un style plus souple, conciliant ligne et couleur 

"Pêches " Vers 1881 - 1882 / Huile sur toile : 38 x 47 cms

"Pêches " Vers 1881 - 1882 / Huile sur toile : 38 x 47 cms

" Portraits de deux fillettes" 1890 - 1892 / Limoges 1841 Cagnes-sur-Mer 1919 / Huile sur toile

" Portraits de deux fillettes" 1890 - 1892 / Limoges 1841 Cagnes-sur-Mer 1919 / Huile sur toile

                               Les tableaux de Renoir occupaient la place d'honneur dans les appartements successifs du couple Guilaume, regroupés sur un large mur autour des jeunes filles au piano

 

 

 

 

 

 

                

" Jeunes filles au piano / Vers 1892 / Huile sur toile : 116 x 81 cms

" Jeunes filles au piano / Vers 1892 / Huile sur toile : 116 x 81 cms

"Cela me repose de peindre des fleurs. Je n’y apporte pas la même tension d’esprit que lorsque je suis en face d’un modèle. Quand je peins des fleurs je pose des tons, j’essaye des valeurs hardiment.", confiait Renoir à Georges Rivière. Ce chatoyant bouquet offre en effet des tonalités où dominent fortement le rouge, le vert et le jaune. L’arrière-plan est constitué d’un fond réalisé par de larges touches de rouge mêlées de beige sur lequel se détache un vase vert accueillant un généreux bouquet de tulipes et de fleurs multicolores. Cette toile aurait été peinte par Renoir à Cagnes, peu de temps après son installation définitive dans le midi de la France. Renoir a peint de nombreux bouquets de fleurs au cours de sa carrière. Ceux-ci ont été une joie pour lui jusqu’à la fin de sa vie. En effet en 1916 il déclarait encore au marchand Ambroise Vollard (1866-1839) devant un bouquet de dahlias : "Regardez Vollard – dit-il – n’est-ce-pas que c’est aussi brillant qu’une bataille de Delacroix ?" Le marchand et collectionneur Paul Guillaume fait l’acquisition de cette toile en 1929. Elle était restée dans l’atelier du peintre jusqu’à sa mort en 1919.

" Bouquet de tulipes" Vers 1905 - 1910 / Huile sur toile

" Bouquet de tulipes" Vers 1905 - 1910 / Huile sur toile

.Aline Charigot, (1859-1915), épouse de Renoir, appréciait comme lui les bouquets et en parsemait leurs différentes demeures. Ambroise Vollard (1866-1939), un des marchands de Renoir, rapporte dans sesMémoires que "... tout s’explique quand on a vu Mme Renoir veillant à tout, jusqu’aux pinceaux pour qu’ils fussent bien lavés et, dans des pots de terre vernissée, ces jolis pots qu’elle découvrait aux étalages, disposant elle-même des fleurs avec ce goût si sûr qui faisait dire à Renoir "Quand ma femme a fait un bouquet je n’ai plus qu’à le peindre". On retrouve effectivement ce pot vert dans cette toile. Un bouquet en forme d’étoile s’en échappe, où des coquelicots et des roses s’entremêlent à d’autres fleurs. Chaque espèce possède une forme et des couleurs différentes.
Les couleurs sont franches et les tons sont chauds. Le ton vert du vase, rappelé par les feuillages, tranche sur le fond bleu. Les fleurs rouges et jaunes sont tempérées par la rose très pâle sur la droite, mais rappellent le meuble brun sur lequel le vase est posé.
Cette œuvre de Renoir se rapproche aussi des natures mortes peintes dans les années 1860 et 1870 par Edouard Manet (1832-1883).

" Bouquet" Vers 1900 Huile sur toile / 40 x 33 cms

" Bouquet" Vers 1900 Huile sur toile / 40 x 33 cms

7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 22:16

 

                                    André Derain

                                    Chatou 1880 - Garches 1954

                                     

Portrait de Paul Guillaume 1919 / Huile sur toile / Acquis en 1959 avec le concours de la société des amis du Louvre

Portrait de Paul Guillaume 1919 / Huile sur toile / Acquis en 1959 avec le concours de la société des amis du Louvre

 

                                         André Derain

                                         Portrait de Madame Paul Guillaume

                                        Au grand chapeau 

Huile sur toile 1928 - 1929

Huile sur toile 1928 - 1929

3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 22:09

                                            Appartement de Paul Guillaume 

 

                                           21 Avenue Foch, Paris vers  1930 Modèle réduit au 50ème 

                                           Bois, résine, papier, feutrine, et couleurs. 

                                           Réalisation : Rémi Muvier 2006

                                           

                                            La Salle à manger

 

                                           Tableaux de Picasso Matisse Vlaminck

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                                      Intérieur de Domenica Walter

                                                              3 Rue du Cirque Paris Vers 1965

 

                                     Un coin de bibliothèque

 

                                                            Le mobilier original a été acquis avec la collection Jean Walter et Paul Guillaum. Les boiseries sont des copies à l'identique des boiseries originales.

 

Peintures de Derain : Poires et cruches . La danseuse. Nature morte champêtre . Nu au canapé

 

 

                              

 

 

 

                          

 

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