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10 décembre 2007 1 10 /12 /décembre /2007 23:06
Disparition ou le sceau du destin suite
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Kalaa Beni Rached

J'étais encore sous le choc de la conversation precédente et saisissais mal où elle voulait en venir

-Bacri et Bousnach doivent des sommes colossales à la Régence.Rappelle-toi!Ceux sont eux qui on prêté au Bey de Consantine de quoi acheter le bijou;mais ils furent payés en blé qu'ils vendirent à la France...Le Dey n'est pas même reconnu comme creancier!Rends -toi compteTous les efforts de mon père,ses espoirs , sa générosité.Sa mémoire est bafouée,à jamais...Il aura fait tout cela pour rien.Il avait raison.Je vois dans tout cela une infernale combinaison,une monstrueuse machination ...je ne peux le supporter...la ville sera détruite...

Sa vois était grave.Ce n'était plus la jeune fille maladive qui me parlait,celle que secrètement j'aimais parce qu'elle ne ressemblait à nulle autre,mi-femme,mi-enfant,perdue dans un monde de rêves.Khedaouedj avait vieilli et je me rendis veritablement compte à cet instant.Elle se tenait un peu plus raide qu'autrefois,son pas se faisait plus lent comme sous l'effet d'une profonde fatigue.Elle avait gardé cette fragilité d'apparence qui la faisait paraître encore jeune,mais ses traits s'étaient creusés,prenaient parfois une sévérité froide que je n'aimais pas lui voir.Elle s'en apercevait et s'efforçait alors de chaser les pensees qui l'assombrissaient

Elle sortait le poids de toutes ces années,des bombardements d'Alger par la flotte anglaise ,failli abattre le Dey, des assassinats dont celui d'Omar Agha,mort étranglé, de la peste encore...qui venait d'emporter l'an dernier le Dey Ali Khodja.Elle portait le poids des espoirs déçus de son père.Loin d'être restée la jeune fille affligée de la Casbah qui se murait dans son palais ,perdue dans le reflet incertain de ses miroirs

-Il nous faut partir,Gabiel.Mais avant , je veux faire une derniere chose,en mémoire de mon père et pour ce palais

Elle me rejoignit , portant un coffret de bois de thuya dont elle sortit un écrin de velours bleu marine.Elle en sortit le sarmat aux diamants

-C'est mon père qui l'avait conservé.Lalla'Aziza,la veuve de Mohammed Ben Osman Pacha,voyait un lien entre ce present du Bey de Constantine et la mort de son époux.EEle le fit donc remettre à mon père pour qu'il rejoigne les tresors de la Régence.C'était une femme droite et tres pieuse.Hassan Pacha ne fut pas surpris de son geste.C'était la regle,même si l'usage s'était un peu perdu.A la mort du Dey,les dons qu'il avait reçus pendant l'exercice de sa charge devaient rejoindre les caisses de la Regence et non celles de ses héritiers.Mais mon père fut impressionné,lui aussi , par le bijou.Comme Lalla'Aziza,il voyait dans le pendentif un présage,qu'il voulait considrer comme heureux...La nuit où je suis allée le voir ,il me l'a remis.Il m'a dit à peu de choses pres ceci:"Khedaouedj je te le confie.Mais ne le porte jamais!Cache-le.Il porte malheur,maintenant je sais.De plus il ne nous appartient pas,il revient à la Regence...qui n'en finit pas d'attendre le paiement de son acquisition...Cache -le ,où il sera en securité.Mais rappelle-toi bien ceci:il appartient à la Régence.Il ne doit pas quitter cette terre !

Nous avons enfoui le bijou à même la terre dans une niche dissimulée derrière un mur hâtivement maçonné , dont je decellais quelques briques

J'ai reposé les briques avec un peu de plâtre frais .Et nous sommes remontés.

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10 décembre 2007 1 10 /12 /décembre /2007 23:02
Disparition ou le sceau du destin Journal de Gabriel(texte daté de 1817)
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Bijoux Abzime (fibule de la grande Kabylie)

Ce sont sans doute les dernières pages que je noircis dans ce journal.

-Que veux-tu Gabriel,mektoub!.Nous avons vécu comme nous le devions.Nous aurions pu...enfin,tu aurais pu...ou j'aurai dû,mais peu importe désormais,parler davantage.Je te sens tres attachée,à un point que tu n'as pas su comprendre ou accepter,ou bien que je n'ai pas eu le courage de t'exprimer.Tout cela revient au même.Que te dire d'autre? Nous étions faits ainsi.Et je ne pense pas que nous aurions pu vivre longtemps d'une façon differente .Alors...c'est tres bien ainsi

Il n'avait rien à ajouter.Depuis toujours, j'en étais persuadé , elle était vouée à ce destin,tout comme moi.Elle éclata de rire.

-Pourquoi ris-tu?

-Oui , c'est tellement vrai et dérisoire tout à la fois!C'est pour cela que je ris.J'ai cherché,tu le sais,à ne plus être, à m'effacr.Et pourtant,au dernier moment,il me vient des regrets...Mais comme je suis incapable d'assumer le poids de mes décisions ,il faut que je m'en remette,une fois encore,à tes services,que je trouve un responsable ...comme je suis lamentable!Tu ne trouves pas?

-Arrêtes,veux-tu!Je n'aime pas quand tu parles ainsi.Moi, je vais te dire.J'aime la vie, le vie ici,le Palais et sa propriétaire.J'ai trouvé là , non pas ce que j'avais perdu ,en partant d'Andalousie ,je n'y avais rien,mais ce que je cherchais et que je n'avais pas l'impression de mériter.J'aurais pu périr cent fois,me retrouver dans une chiourme,rester esclave toute ma vie...Et non!Ma vie fut tout une autre et elle me plaît.Alors ensuite?Je n'en sais rien.Je sais seulement que j'aurais pu ne jamais te rencontrer...

Apres un bref instant,alors qu'elle restait silencieuse, j'ajoutais brutalement:

-Et puis tu étais folle de l'autre...

-Ce n'est pas vrai!

-Cela y ressemblait beaucoup,excuse -moi!

-Non,tu savais tres bien ce qu'il en était.Ce n'était pas cela.Je n'ai aimé en lui que son départ,j'ai aimé cette douleur-là.Sans raison,je te l'accorde.Un désir fou d'aimer ce qui n'existe pas,les pas qui s'éloignent,la blessure qui se creuse,le sentiment d'abandon,le renoncement...C'est vrai.Mais ensuite...j'ai aimé...t'attendre...Je crois que ma vie se résume à cela.T'attendre!

Je ne pouvais plus rien dire.Elle était dans le vrai et puis elle ajoute

-Et si tu étais venu à moi,je n'aurais plus eu de raison d'attendre ni d'espérer.J'aurais trop souffert.

-Et cela t'aurait plu?

-Oui,mais tu aurais fini par partir.Je ne le voulais pas.

Elle changea de sujet.

-Il y a autre chose.Les nouvelles ne sont pas bonnes.Tu te rappelles l'histoire de ce bijou,le sarmat aux diamants...Je comprends maintenant pourquoi mon père m'en a si longuement parlé...

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6 décembre 2007 4 06 /12 /décembre /2007 23:37
Paris au printemps Nada
Paris au printemps                                      Nada agrandir

Guerram parrure pectorale , les Aures

Complice du temps ,Gabriel n'avait consigné que ce qui lui parut essentiel avec un discernement et une droiture qui rendaient ses écrits inestimables et touchants

Gabriel ne réagissait jamais "à chaud".On devinait dans le silence gardé sur le quotidien qu'il n'avait pour lui que peu d'interêts.Ou que tout au moins , les jours glissaient sur lui sans l'atteindre.Etait-ce le palais ou la vie bien réglée,monotone auprès de Khedaouedj qui lui donnait cette sorte de nonchalance , proche de l'apathie?...La perte d'Hassan Pacha l'affectait , comme celle d'un père, à n'en point douter.Mais il préferait endormoir sa peine,l'étouffer dans le sommeil.Khedaouedj avait fait de même.Ils étaient ainsi.

Je comprenaos mieux maintenant leur histoire.Les récits s'entremêlaient.Par des voies diverses , la mosaique grandissait autour du plygone étoilé.Son dessin rigoureux,la parfaite cohérence des différentes pièces composaient une histoire complexe dans laquelle elle je me perdais parfois.Sans doute y pensais-je trop...Mais m'en détacher m'aurait fait perdre la connaissance intuitive,de sa composition.Et pour en garder la logique tortueuse,je devais y replonger , repenser à la petite étoile noire qui en constitue l'acte première,celle autour de laquelle tout s'endormait

KHEDAOUEDJ

...Mais là , je savais déjà et toujours tout.Mon père est mort à el Janina...On a déjà emmené son corps.C'est si dérisoire.Pour beaucoup , la mort est une déchirure parce qu'elle est une disparition:ils ne verront plus jamais l'être aimé.Je ne connaissais pas cela.Etait-ce suffisant pour expliquer mon comportement?D'une certaine façon , il ne pouvait ni disparaître ni me quitter.Il m'avait encore moins abandonnée.Gabriel était là,quelque part.Il suffisait de l'attendre.Il vint plus tard sur la terrasse.Je l'entends gravir lentement les escaliers,comme s'il souffrait d'une douleur quelconque dans les jambes.

NADA

Je voyais pourtant sur cette scène planer comme une ombre.Une faille s'insinuait entre eux,qui les reduisait au silence.Je n'en percevais pas la raison,mais simplement la présence , comme une complicité à ne pas dire.Il me faudrait encore du temps pour comprendre, à moins que l'un des deux ne me glisse quelque indice,mais c'était peu probable

Cette irrémediable fracture ne venait pas directement d'eux.Elle leur était imposée.J'envisageais un instant qu'il s'agissait de l'Inconnu :elle l'avait pleuré,il l'avait tué...N'était-ce pas lui cette ombre obsedante qui venait les séparer?Mais ce n'était pas cela?Il n'avait pas été pour elle qu'une façon d'expliquer la légende et pour lui l'instigateur d'un piège infernal destiné à maquiller un meurtre ce qui n'était qu'un suicide...

Cette ombre leur appartenait.Sans leur propre histoire et leur volonté inconsciente de la preserver,elle n'aurait pas existé.Et maintenant,elle planait en permanence au dessus du palais,retenait les mots et imposait le silence,suspendait leurs gestes pour les contraindre à l'immuable.Leurs seules évasions communes venaient par la musique,le 'ud.Khedaouedj avait proposé à Gabriel de l'initier et il n'attendait que cela.Ils avaient senti que ce serait leur seule échappatoire, la seule fuite commune qui les sauverait d'un exil où chacun resterait enfermé dans son propre isolement .Les seules vraies paroles qu'ils échangeraient...

Chez elle , je sentais autre chose encore , comme des signes de detresse , un eternel besoin de dire et une tout aussi permanente impossibilité de parler.Elle pensait à lui.Elle aimait l'attendre , parce que je pense , c'était les seuls instants où elle pensait que tout était encore possible...Seul Gabriel aurait pu lever le voile.Il ne l'a pas fait.Elle ne l'a certainement pas encouragé à le faire.

Elle preférait rester dans l'attente , en espera, en espoir , "ce qui est plus qu'une attente , mais moins qu'une espérance"...Elle était dans le vrai ..;Gabriel s'est fait le complice de cette attente , puisque son seul souhait qui devint une promesse faire à Hassan Pacha , se résumait à "rester aupres d'elle"Il n'avait pas dit "vivre" mais " rester",ce qui confirmait un identique besoin ...de ne rien faire , de céder à l'immobilité comme à la stupéfaction

Cette fois encore,me revint le sovenir de Fès,de ces quelques jours et nuits passés la-bas dans un temps distendu et ouvert à l'infini perception.Sans cette volonté de ne " rien faire", nous n'aurions rien perçu de la ville.Elle nous aurait ignorés .Nous serions rentrés sans " poussières" et sans "graines de mémoire",sans cette intime conviction que sous l'éclat d'un halo de lune , on pouvait se tenir "en espera"...

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4 décembre 2007 2 04 /12 /décembre /2007 23:10
Suite :Testament d'Hassan Pacha Journal de Gabriel
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Clef de voile Tamanrasset

Il me sourit faiblement

-Ah,Gabriel , le juste , le droit Jibrail!Et le plus loyal de mes khodja...Tu dis vrai , mais c'était dérisoire et infamant.Cette malheureuse histoire me laissa un goût amer,sans tenir pour autant l'amitié que j'ai eue pour cet homme.Alors,les relations avec la France étaient excellentes.Ensuite,voilà trois ans , Jeanbon Saint-André...apres l'épisode Herculais, cet incompetent envoyé par le comité du Salut public,en 95 également,pour "inspecter les consulats "!Il a fait beaucoup de torts , clui-là et n'a rien compris.Quant à Saint-André , je crois que ce soit un fat.N'a t-t-il pas déclaré , il y a quelques mois,en remettent les sceaux à son successeur Moltedo:"J'avais trouvé ici la France à genoux:Je vous la laisse debout "!Et le dernier ,je n'ai pas eu le temps...Mais cela augure mal de l'avenir , il suffira d'un rien,d'une discorde total...En ettendant,faute de pouvoir traiter en toute confiance avec le consul,nous devrons nous en remettre à des intermediaires...Les ventes vers la France transitent sytsématiquement par Bacri et Bousnach.Plus rien ne leur échappe.Les dernieres ventes de blé pour Bonaparte en sont l'exemple.Ils ne sont pas payés.Cela évolue mal.C'est pour cela,Gabriel que ce que je vois...

Il eut un soupir, une vague de douleur contre laquelle il ne pouvait rien.Même sa colère était impuissante,une force autrement supérieure le submergeait : il ne pouvait plus lutter.Je le sentais partir,j'avais peur.C'est exactement cela,une peur primordiale , qu'il ne m'abandonne.Et je me rends compte à quel point cet homme avait compté pour moi.

Qu'allait-on retenir de lui?Un Dey ,emporté par la maadie,celle qui empeste ,un stigmate de la pauvreté,d'un pays en lutte contre...Je ne savais pas quoi.Mais il y avait pour moi une certitude,l'Algerie toute entière souffrait à travers lui.Qu'était-il?Un Ottoman au service de la Sublime Porte?Elu par les Janissaires,comme les autres,il avait su montrer sa force , un sens certain de la politique et, je le savais mieux que personne , des ambitions pour ce pays,ce que j'appeleais ses "utopies".J'en avais été l'instrument , ô combien malhabile, alors qu'il m'avait sauvé , donné un statut , une identité sans laquelle...

-Maître!Je vous en prie, écoutez -moi!Pour moi aussi ,il est temps de vous...avouer.Cette dernière mission à Fès...excusez-moi d'être aussi direct,j'imagine ce que peut être votre souffrance...et je crains fort de l'aggraver encore par mes aveux , mais je ne puis vous cacher ce qe je suis.Cette mission fut terrible.Je vous ai rendu compte,à mon retour , de ses aspects diplomatiques.J'avais obtenu ces informations de la bouche même de Si A bderrahmane.Mais je ne vous ai pas tout dit.Si je ne lui dis pas maintenant , jamais je ne trouverai le repos.

-J'ai tué l'Inconnu.C'est la verité.Il l'a voulu, il m'y a poussé,c'est aussi la verité.C'est à cause de la princesse.Je n'ai pas supporté.Il ne l'aimait pas.Il la méprisait

-Je sais Gabriel.Ne m'as-tu pas,toi-même,annoncé sa mort à ton retour?A propos d'elle justement ,tu dois rester.Ne jamais la quitter.Je pars avant elle,c'est normal...mais je pensais veiller sur elle quelque temps encore?Allah n'en a pas decidé ainsi?

.C'est à toi , à toi seul que je veux confier cette ultime mission:ne pas la quitter jusqu'à ton dernier souffle.Promets -moi!

-Je vous le promets

Je voulais ajouter devantage,lui dire que je ne souhaitais que cela,que depuis des années,je lui restais fidèle,à elle,que ma vie était aupres de Khedaouedj.Le courage m'a manqué.Dans un ecces de pudeur et de lâcheté ou peut-être parce que je n'avais pas eu conscience jusqu'alors de mon attechement pour elle...

-Cela ne te sera pas difficile, je pense.J'ai toujours su que tu avais pour elle...Enfin,c'est ainsi et j'en suis heureux.C'est bien la seule joie qui me reste.Alors voilà,prends ces documents .Dans la première enveloppe,tu trouveras le titre de propriété du palais,c'est pour elle.Dans la seconde,ce sont tes papiers.Les nouveaux.Je les ai faits faire la semaine dernière.Tu t'appelles Jibrail Ibn Ghali,émir originaire de Damas.Gabriel, l'esclave andalou,n'existe plus.Il a fait cela .Bientôt , je ne serai plus là pour vous proteger

Je suis rentré directement rue Socgemah.Hassan Pacha passa quelque heures plus tard avant le coucher du soleil.Comme dans un rêve, je me voyais , non pas maintenant , mais lors de mon arrivée,vêtu de haillons,quand je suivais le majordome qui venait de m'acheter sur le port.Les rues avaient peu changé.Quelque palais avaient été construits,dont celui de mon maître,d'autres avaient été rénovés;les travaux de la nouvelle Mosquée de Ketchaoua étaient achevés.Malgré ces changements sensibles,je voyais A lger avec le même regard.Sauf que l'esclave Andalou n'existait plus.C'est ce qu'Hassan Pacha venait de dire en me donnant officiellement une nouvelle identité.Je me souvins alors combien j'avais rapidement compris que je ne reverrai plus jamais l'Espagne natale.J'avais tres vite accepté cette rupture et je crois bien que je n'avais cessé de la désirer,du moment où je posais les pieds sur la terre d'Algérie.La mer éblouissait la baie dans ces reflets argent et renvoyait sur la ville une lumière exceptionnelle.Cette luminosité m'avait aveuglé dès mon arrivée,au sortir de huit jours à fond de cale...Puis mes yeux s'étaient habitués

Toutes ces années au service du Dey avaient effacé mes origines et mon identité.De Gabriel,l'esclave andalou,j'étais devenu sans bien m'en rendre compte,chargé de mission confidentielle pour lesquelles il prenait l'identité d'Ibn Ghali , fils d'émir...l'ultime déformation de mon nom!A force de les être tous ,je n'en étais aucun.Sous le poids d'un nom, sans racines.Un transfuge.Je ressentais un delicieux soulagement celui de ne plus être à force d'être trop.Comme un trop plein qui me tirait dans le vide,immuable,que je poursuivais depuis toujours.Je n'étais rien.Je retrouvais la maison calme et silencieuse, on malaise s'est alors dissipé.Elles dormaient toujours.Je regagnais ma chambre et sombrais dans le sommeil à mon tour.

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4 décembre 2007 2 04 /12 /décembre /2007 23:05
Le testament d'Hassan Pacha , Journal de Gabriel
Le testament d'Hassan Pacha  ,                             Journal de Gabriel agrandir

Poignard :Musée des arts anciens

En arrivant au Palais du Dey,l'agitation était grande .Je trouvais Hassan Pacha dans un bien triste état.J'entendis sa voix,affaiblie mais coléreuse qui donne ordre de me faire entrer.Qu'il puisse encore avoir la force de céder à ses fureurs me rassura.Mais en le voyant ,je compris que c'était bien plutôt l'urgence qui lui donna ce sursaut.Il fallut qu'il me voie et vite.

J'ai eu des illusions dans ma vie.Je n'étais pas le meilleur , trop coléreux et parfois brutal;je reconnais tout cela.Mais je n'ai jamais cessé de penser à ce pays,l'Algérie.De vouloir le preserver des menaces et des invasions.La Regence pouvait tenir.Là où avait su peu à peu conclure avec la Sublime Porte ces arrangements qui lui confèrent aujourd'hui une large independance,elle avait la capacité de s'émanciper et de donner à notre pays sa véritable identité?Pourquoi ne pas y croire?...Je rêvais d'y croire...Ce qui me ronge aujourd'hui,bien plus que cette vilaine infection,c'est que je ne serai pas parvenu à enrayer le mal.Au contraire,on dira plus tard que sous mon règne tout s'est délité.Le vers est dans le fruit qui va pourrir et tomber.Et pourquoi?Les relations ne reposent que sur deux hommes :le consul de France et le Dey...Il ne tient qu' à eux ,de leurs affinités ou de leurs preventions,de faire ou de defaire la paix...Rappele-toi,jusqu'en 95 ,Vallière...Je peux dire que j'ai été son ami et il peut dire qu'il a été le mien.Nous avons chacun la confiance de l'autre.C'était un homme fin et sensible.Généreux .Il n'y en a pour preuve que la façon dont il prit fait et cause pour son beau-frère...

Rappeler de Valière lui faisait du bien.La douleur semblait le laisser en paix.Il respirait mieux.Je pensais alors que l'on avait exagéré,qu'avec une pareille lucidité et son habituelle determination,il était capable de combattre le mal et de guérir...Il poursuivait son évocation des drnières années,m'instruisait de faits dont je n'avais pas eu toujours connaissance.Que voulait-il me confier?J'écoutai s ces confidences sans bien comprendre pourquoi il s'en ouvrait à moi.

-Lorsque le beauf-rère de Vallière , ce Meifrund , condamné à mort par la France pour de sombres affaires à Toulon sous l'occupation anglaise,débarque en Alger,je l'ai , à la demande du consul,installé et demandé sa grâce,soutenant ses démarches...C'était pour moi la juste compensation, la seule que je réclamais en échange des prêts importants que j'avais consentis à la République française.Je n'ai jamais négligé l'amitié de Vallière;me ralliant à ses thèses,j'ai soutenu la France contre les Anglais...Mais vois-tu,c'était peut-être le début .Parce que dans cette histoire,l'amaitié entre Vallière etmoi s'est émoussée...A quoi bon?Personne ne comprenait mon geste!Pas même Vallière!Si bien que je n'obtenais rien...Ulcéré et, c'est vrai,dans un coup de colère,j'ai interdit les échanges commerciaux avec l'Agence d'Afrique.Alors le consul voulut m'amadouer et "m'acheter"pour me faire revenir sur ma decision...en voulant m'offrir quelques colifichets...Quelle bassesse et quelle trahison!-Excellence , sans vouloir vous contrarier, pour avoir vu le solitaire et la paire de pistolets , des pieces magnifiques , je vous trouve un peu injuste...tout au moins , peu objectif...

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4 décembre 2007 2 04 /12 /décembre /2007 00:33
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Il changea de ton
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Etagère :Musée des arts anciens

Ses yeux me fixaient toujours,mais ils étaient voilés , sans vie, tout en conservant une brilance d'outre-tombe.

...Je ne sais plus.Il était tard .Il y eut l'orage,les eclairs.Un court instant , Hassan me laissa seul pour refermer la porte de la "skifa"qui battait dans le vent.Je pouvais enfin me retourner et, par le jeu des miroirs , réversible , comme je l'espérais ,découvrir son véritable visage.Au moment où j'allais y parvenir, un éclair verticale du patio, le plus fort , éblouissant.Une rafale de vent souffla les bougies.Aveuglés, nos regards se sont échangés.Voilà. Ensuite , il y eut le vide.Vous pouvez mettre cela sur le compte du "mauvais oeil".Oui , j'ai vu dans mon aveuglement .J'ai vu l'horreur et le néant.Et je suis parti.Elle n'était pas pour moi.Trop faible et déraisonnable.Déréglée.Elle avait le mauvais oeil.Pendant des mois, je l'ai maudite...Moi tomber ainsi,foudroyé!Pour cette...A mon retour ici,j'ai réalisé combien tout cela était lamentable.Je m'étais abaissé,avili.Je la haie.Aujourd'hui,je la méprise et c'est encore lui faire beaucoup d'honneur!.

La dernière partie de son discours sonnait faux pour je ne sais quelle raison.C'était exagéré.Comme une vengeance,non contre elle, mais contre lui-même.Il planta ses yeux noirs ,aiguisés et totalement fous dans les miens.Et je compris enfin ce qu'il attendait de moi,depuis le début,l'ultime soulagement , qui serait aussi le mien.

D'un geste brusque et imprevisible , il renversa la cruche de verre qui se brisa sur les zelliges.D'un bond, j'en saisis le plus gros éclat et me jetai sur lui.Son sang jaillit à gros bouillon de sa gorge...Puis , je me suis reculé lentement.Vers le fond de la pièce,il y avait une autre porte qui donnait sur un couloir étroit,je me suis enfui

Il m'avait conduit exactement là où il voulait que j'aille et où il voulait lui-même aller.Je n'avais jamais agressé personne,jamais porté la main sur quiconque.J'aurais pu plaider la légitime défense :ses yeux voulaient ma mort, me tuaient à petit feu quand il me fixait.Je me suis simplement défendu.Son mépris cinglant pur ma princesse m'avait rendu fou.Je ne sais comment on peut comprendre cela .C'est inavouable.Une forme de verité inacceptable.

Curieusement ,je pus rentrer à Alger sans difficultés.A croire que mon départ avait été organisé...Je partis le soir même pour Oujda,escorté du sreviteur muet et deux jours plus tard,j'embarquai sur une galiote pour Oran,puis Alger.Une semaine s'était à peine écoulée quand je fus de retour au Palais de la rue Socgemah.

Seulement,sur le port d'el Hoceima ,avant d'embarquer , j'ai fait une surprenante rencontre...Si Mohammed el'Arbi m'attendait .Je devais faire vite;on rompait les amarres.Le "cherif" des Derqawa vint me saluer.Il me dit que mes effets personels restés à Fès me suivraient par un prochain bateau.Dans ma précipitation , je n'avais pas eu de temps de les rassembler.Quand je les récupérais à Algr,il ne manquait rien,sauf la petite sacoche de cuir qui contenait le poème calligraphié et les unluminures...

LA VENGEANCE D'EL ARBI journal de Gabriel

Mohammed el'Arbi contnua son irresistible ascension.La confrerie des Deqawa,avec le soutien plus ou moins officiel du Sultan,passa la fronrière.Le "cherif" investit Tlemcen où il fit la prière au nom de Mulay Sliman.Il linvita à le rejoindre pour recevoir l'allegeance de la cité.Mais le Sultan alaouite hésitait , le cherif serait-il allé trop loin?Par son incontestable charisme , el 'Arbi me parut un temps capable de mettre en oeuvre des idées échangées entre Si abderrahmane et mon maître:réaliser le début d'un Maghreb musulman et uni...Mais le deferlement des Derqawa était perçu par la Regence comme une pure et simple agression ,prémisse d'une invasion.La tesion fut telle que Moulay Sliman renonça à rejoindre Tlemcen...

Tous les rêves de mon maître ,ses "utopies"comme je disais à l'époque,s'étaient écroulés pour laisser la place au chaos.Hassan Pacha s'est éteint en 98,quelques mois apres mon retour.Il y a presque cinq ans déjà.Aujourd'hui je ne suis plus rien,un modeste "beit el maldji",l'intendant d'un palais éteint.On m'avait connu à l'époque,-le Dey avait veillé-,il ne fut pas difficile de me faire oublier.Cet nonymat me protegea ainsi que la princesse.

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1 décembre 2007 6 01 /12 /décembre /2007 23:05
Cinquième message:retour à Fes ,printemps 98 Gabriel@
Cinquième message:retour à Fes ,printemps 98                Gabriel@ agrandir

Targui Touareg

Le voyage se passa sans trop d'encombres.Les routes peu frequentées ;bien fous ceux que cherchaient à rejoindre le Sultanat de Moulay Slimane , dévasté par une épidémie de peste comparable à celle que nous avions connue dix ans plus tôt.

Quand je pensais à Alger , un pincement au coeur me plongeait immanquablement dans la rêverie mais je n'en étais pas malheureux.Le souvenirtde Khedaouedj m'apportait un reconfort patient dans le camp sordide où nous entassions nos misères.Je n'avais rien emporté, ni livre, ni cahier pour écrire , de peur d'être découvert.Seul , autour de mon cou,dans une petite sacoche de cuir , collait à ma peau le poème d'Omar Khayyam et le mien , callaigrapiés et décorés d'enluminures...Je n'osais le sortir de sa cache et cela aurait été inutile puisque je le savais par coeur.Il était là...à croire que je devenais supertitieux

On m'apprit que Lalla Zohra , la mère de Si Abderrahmane , était morte de la peste l'an dernier.Je le reconnaissais bien , à cette façon de me signifier que je n'étais ici que par son bon vouloir et sa totale merci...

Le soir venu , il me fit appeler.En pénétrant dans le salon défait,je sentis sa présence.Il faisait tres sombre.Les chandelles allumées dpuis trop longtemps fumaient beaucoup , éclairaient peu quand elles n'étaient pas mortes.Quelque part , il était là,tapi dans l'ombre.Je plissais les yeux pour mieux voir,quand j'entendis sa voix grave que je n'avais pas oubliée-Par ici,cher ami!

Elle avait quelque chose de cassée , voilée sinistre.L'amitié qu'il venait d'invoquer me surprit. Comment avait-elle pu naître de ces quatre ans de silence et replacer la condescendance qu'il m'accordait autrefois.

Sous l'intonnation grave de sa voix , je ne l'aurais pas reconnu.Accroupis dans une alcôve faiblement éclairée , se tenait une silhouette drapé d'un burnous usagé et sans élégance.Lorsqu'il leva la tête vers moi,je sentis mon sang se glacer dans mes veines:le même regard , peçant et noir, ce soir illuminé de rouge par les flammèches de bougies,me transperçait jusqu'aux entrailles .J'avais l'impression qu'en me regardant ainsi , il était capable de lire mes doutes comme mes espoirs , mes rêves comme mes cauchemars ,et même ce que j'ignorais , les raisons de certaines de mes conduites , les secrets que je n'osais pas même m'avouer..;sous l'oeil acéré du prédateur , la proie s'immobilise;hypnotisée , anesthésiée , elle se sent prête à mourir et c'est son seul désir,celui de l'ultime et delicieux sacrifice,sans même le frémissement d'un soupir si ce n'est celui de rendre grâce à son bourreau...

J'étais cette proie :ses yeux n'avaient pas changé.Ses traits s'étaient creusés.Le travail bâclé de l'âge ne faisait qu'accentuer la terrible présence des yeux , agrandis par les cernes dans un visage émacé et triste,trop vite enlaidi...Il me regardait , parfaitement immobile.J'étais comme pétrifié

Comment lui dire?Et que lui dire?Que j'aurais preféré être seul au fond du plus pauvre des "funduq" de Fès plutôt que d'avoir à partager son intimité tant elle me pétrifiait?La nausée me serrait la gorge.S'ajoutait un véritable dégoût , non de lui, mais de moi-même.Je me sentais mortifié.Parce qu'à l'entendre , je me portais comme la marque répétée de l'Affection de Dieu.Parce que Dieu l'aimait.Sa vie n'était que souffrance mais c'était de l'Amour.C'était un jugement sévère et sans appel

-Pardonnez-moi,cher Gabriel!...Laissez.Nous avons tres peu de temps.Allah Le Tout Puissant et Le Misericordieux compte mes heures et retiens mes nuits...Il vaut mieux aller à l'essentiel.Ne vous inquietez pas, ici vous serz tranquille.Je n'y séjourne presque jamais

-Comment va-t-elle ?

-Pardon, Excellence, de qui parlez vous?

C'était terrible.Je resais sans voix.

-Reprenons.L Dey Hassan Pacha , que Dieu le Garde en Sa Divine Protection...votre ambassade , confidentielle...

Il reprit le discours convenu sans grande conviction.Je ne l'écoutais pas.Je pensais que la meilleure solution était de partir , de la laisser à ses raffinements sadiques et de refuser d'en être la victime .La nausée me reprit soudainement.

-Pardonnez-moi , n'auriez-vous pas un peu d'eau fraîche.Nous en étions privés pendant la quarantaine...

-Bien sûr!

Il frappa dans ses mains et le "baouab" surgit de la tenture.Il entendait tout.

-Hassan Pacha est clairvoyant.Il considère que nous devons compter sur nos propres forces,rassembler nos peuples , héritiers d'un passé commun , unis dans une même Foi.Tel est son message , au mot prêt.Auquel s'ajoute la volonté de contrer les prétentions de l'Europe , de la France en particulier et de Bonaparte plus précisement sur nos territoires.

Je comprenais les idées de mon maître.Elles me semblaient inspirées et pragmatiques tout à la fois,capables d'accompagner dans la marche du siècle une culture millénaire.Si l'Europe avait le vent en poupe , si les idées de la Révolution se répandaient aussi vite,si Bonaparte, qui s'en disait l'héritier, remportait autant de victoires, c'est parce que les hommes étaient respectés,que l'on croyait en leur devenir en tant qu'individus.La révolution rompait avec la féodalité.Un vent nouveau soufflait et ne pas en tenir compte à notre tour était purement suicidaire.Hassan Pacha pensait aussi que de cette confrontation avec l'Occident allait naître des nouvelles idées , alliant tout ensemble la valeur de l'individu, la generosité de l'Islam et la ferveur des Croyants...Mon maître voulait y croire, espérant trouver dans le bouillonnement intellectuel des confreries , le terreau favorable à une reflexion politique et à un nouvel art de gouverner...

-Faites savoir au Dey d'Alger que nous ne ferons rien contre la Regence.Ce n'est pas notre intrêt.A condition toutefois qu'elle ne se rende pas complice de l'attention...tres soutenue et recurrente que La Sublime Porte attache à notre pays...Quant à l'hégémonie des Derqawa, Moulay Sliman en serait la première victime , alors que sa volonté est bien de maintenir un Maroc uni et indépendant et non de reconstruire le Royaume de Tlemcen...ce que vous semblez redouter...Et je dis vrai .Vous en doutez bien sûr et je vais vous expliquer pourquoi.Malgré votre récente conversion , vous raisonnez toujours en mécréant .Pour vous , la vérité est clairement identifiable et universelle.Nous autre considérons qu'il n'est qu'une seule Vérité , celle de Dieu,Unique et Misericordieu;Dieu est Un , Verité des vérité et Lumière des lumières .Tout le reste n'est qu(incertitude parce que les autres vérités sont multiples.C'est pourquoi le mensonge, n'appartient pas à notre Foi.On peut , avec l'aide de Dieu , tenter d'apprendre , la Verité, la Seule , mais dans le doute permanrnt de se tromper , dans la peur qu'il ne nous abandonne .Le reste est sans imortance.Sil n'est qu'un seul message à transmettre au Dey, c'ets celui-là :"En vérité, dans la création des Cieux et de la terre , dans l'alternance des nuits et des jours,il y a certes des signes par ceux qui sont doués de raison"(Coran iii.190-El Imrân).Hassan Pacha compendra , j'en suis certain.Nous en avions parlé si longuement cette nuit-là ...Il se rapprocha alors de moi, me touchant presque.Je sentis sa froideur.Il paraissait souffrir dans cette langueur que donne la courte rémissionavant une fatale rechute .De la résignation ,il était déjà passé à l'absence .

Jamais sans ce regard, je n'aurais été aussi violent.Il n'eut d'autre réaction que de me fixer encore.Je me versais à nouveau un verre d'eau pour échaper à son regard.

...Lors de cette soirée de decembre 89,Hassan Pacha a menti.Il m'a menti et je n'ai pas su mentir...

-Pardon , je ne vous suis pas

-Pour l'unique fois de ma vie,j'ai voulu m'exprimer sans détour, sans subtilité excessive.Il m'avait mis en confiance.Je le sentais proche de moi,j'aurai pu...lui offrir ma vie.Un sentiment filial.C'est alors que je lui ai parlé de sa fille.Cela ma semblait naturel.Son portrait m'avait ...fait une vive impression.

'Et vous me parliez de mensonge!Mettant ouvertement en cause le Dey!Cette accusation st ignominieuse!-Elle ne l'est pas.Il m'a dit avoir promis sa fille àquelques riche Ottoman:c'était faux.Et je le savais.Il n'y avait plus rien à dire,simplement partir,ce que j'ai fait.Maintenant,croyez ce que vous voulez,je vous l'ai dit ,cela m'est totalement égal.Dites simplement au Dey que je savais.Et que , contre toute attente,j'ai compris,je l'ai compris,lui.Je ne pense pas qu'il ait menti,il a simplement suivi ses sentiments.En cela, il est resté sincère avec lui-même.C'est aussi cela la verité.

-D'autant plus qe cette union aurait été fort bénéfique pour Hassan Pacha.L'alliance avec ma famille descendant du Prophète et notre fortune lui auraient apporté prestige et richesse.Alors qu'une charge officielle , un maigre traitement , révocables du jour au lendemain, soumis au bon vouloir des janissaires et des Ottomans...Il avait tout à gagner en me laissant sa fille.Sans compter le rapprochement diplomatique!Son grand rêve:Cela aurait également mis fin à une certaine inconduite...Parce que, Gabriel enfin Jibrail...le fait de vous avoir affranchi , de vous avoir promu au rang de secretaire particulier apres une conversation de pure forme, tout comme votre..."relation"dejà fort étroite avec la princesse et contraire à tous les usages...Quelle abomination!Et je lui permettais d'y mettre fin!

C'était dit.Cet être cynique,gonflé d'un orgueil démesuré , était simplement abjecte.Il n'avait jamais éprouvé le moindre sentiment pour la princesse,si ce n'est le désir subit de la posséder.J'étais écoeuré.

-Mais alors,pourquoi avez-vous entretenu ces relations avec la Régence pendant toutes ces années.Ne venez pas me dire que c'tait..."pour ces beaux yeux"à elle? Vous saviez n'est-ce pas, les ravages que vous aviez laissés derriere vous!

Je ne parvenais plus à maîtriser ma colère.J'en oubliais ma mission,le prudence et la retenue, toutes les recommandations du Dey,à l'exception d'une seule:savoir comment Khedaouedj avait succombé

-Parce que vous croyez à cette histoire?Que dis-je légende?Mais c'est à croire que le vieux palais a tourmenté votre entendement !...Le palais a tourné votre raison, vous, l'envoyé du rationnel et des nouvelles idéesVous êtes pitoyable et d'une affligeante naiveté.

'-En un sens,vous avez raison.Vous ne connaissez pas Khedaouedj.C'est bien le seul point sur lequel nous sommes d'accord?

.Pour le reste...Je ne doute pas de votre "coup de foudre" sur un portrait.Mais vous êtes un ignorant.Vous ne la méritez pas.L'avez-vous vue?Lui avez-vous parlé?

-Je ne vous répondrai pas.Je ne m'en souviens pas.

-Vous mentez!

-Encore décidemment...Soit.Si je l'ai vue?Vous voulez savoir n'est-ce pas?Je n'ai passé que peu de temps au Palais,mais je le connais bien mieux que vous.N'avez -vous pas remarqué ces miroirs?...Mais je les avais vus , dès le debut de la soirée,dans le salon de reception curieusement inclinés.Non par hasard, mais par une main experte qui voulait voir sans être vue.Enfin, elle m'a vue,je le sais .Ensuite...

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1 décembre 2007 6 01 /12 /décembre /2007 22:59
QUATRIEME MESSAGE Gabriel
QUATRIEME MESSAGE                                    Gabriel agrandir

Chevalière :Setif

Je me retouvais dans la situation de n'importe quel bourgeois d'Alger, propriétaire et soucieux du bien-être de sa famille.Il n'en fallait pas davantage por me combler et me faire goûter avec délices les soirées d'été sur la terrasse.J'étais bien certain d"être le seul homme de la Casbah à en profiter car elles sont traditionnellement réservées aux femmes...

Baba Hassan , au prix d'efforts surhumains et de colèrs mémorables , tentais de maintenir l'ordre dans le palais el Janina et le prestige de la Régence.Il fit, entre autres , edifier la mosquée Ketchaoua et rénover le mausolée de Sidi Abderrahmane.Mon maître ne fut pas un tyran .Son gouvernement ne fut le théâtre, contrairement à celui de nombre de ses predecesseurs,d'aucune axaction sanguinaire.S'il recourait à la force , ce n'était que contraire et forcé , jamais par goût , encore moins par perversié.Mais il lui fallait gouverner.

Je n'ai pas la pretention d'avoir été son confident.Hassan Pacha ne se confiait à prsonne.Sauf , peut-être , à sa fille , muette comme une tombe.Il restait souvent avec elle,lui parlait.Quant à moi,il m'avait assigné , outre celui d'intendant du palais de sa fille, un rôle bien determiné.J'étais quasiment au secret , en réserve pour les missions qu'il me confiait à l'étranger.

Il lui fallut agir.La conviction d'Hassan Pacha,confirmée pas plusieurs de nos ambassadeurs, se résumait ainsi : fasciné par les sables d'Egypte , convaincu de remplir une mission vouée au Progres de l'Humanité,contraint de forcer le blocus anglais pour anéantir la contre-révolution , avide de satisfaire les interêts commerciaux et financiers de la France, amoureux de la Mediterranée et fin stratège , le petit général ne pouvait que nourrir de sérieuses ambitions sur le Maghreb, de sa côte atlantique aux confins du desert blanc de Lybie...L'Algérie était au milieu ;le plus urgent était donc de se rapprocher ,une fois encore, de notre interlocuteur marocain.Si A bderrahmane ne pouvait rester insensible.D'autant plus que le royaume chérifien se débattait toujours au milieu des assauts de confreries...Hassan Pacha avait fait son possible pour me faire un résumé rigoureux de la situation.Je partis donc avec comme consigne de trouver des allainces chez nos voisins et de les convaincre de réagir...

Mon maître me rappela que j'avais une autre mission à treminer.Il n'eût pas besoin d'en dire davantage.J'étais bien décidé cette fois -ci à faire avouer à Si Abderrahmane ce qui s'était passé en decembre 89 et à percer ses actuels sentiments pour Khedaouedj

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1 décembre 2007 6 01 /12 /décembre /2007 22:49
L'AFFAIRE BACRI ET BOUSNACH Nada
L'AFFAIRE BACRI ET BOUSNACH                                 Nada agrandir

Les armes à poudre : Les Aurès

Je transcrivis le fécit de Khedaouedj.L'histoire est exacte.Sa relation la plus détaillée est sans doute celle d'Augustin Bernard,dans le tome consacré à l'Algérie de :"l'Histoire des Colonies françaises et de l'expansion de la France dans le monde " sous la direction de Gabriel Hanoteauux et Alfred Martineau

Je croisais ces informations avec celles rapportées par Hamdan Khodja dans le "Miroir" , écrit apres 1830.

Le reflet de l'une venait épouser la lumière de l'autre.Je ne saurais décrire autrement ce que je ressentais à chaque fois que je reprenais ses pensées...

Le "choc", s'était produit devant le miroir lors de la première visite,lorsque j'avais entendu le récit de sa vie par la voix d'Abderrahmane , notre ami historien.Nulle part ailleurs il n'aurait pu se produire.Je considérais désormais avec tendresse cette"relation reflexive",liaison binaire qui faisait que chacune ne pouvait s'expliquer sans la reflexion de l'autre.Ce que j'avais pris pour des hallucinations ou une lente dérive vers la folie trouvait un chemin secret dans les voiles du passé , grâce à elle.

Depuis mon retour d'Alger , je n'avais pas eu le temps de discuter avec Nassim.Il arriva avec une enveloppe sous le bras.Il aimait parler par énigmes.Ceux qui ne le connaissaient pas ,le trouvaient prétentieux.Je ne l'avais jamais jugé comme tel mais plutôt enclin à ne pas trop s'exprimer pour avoir à s'expliquer le moins possible.Ensuite , "comprenne qui pourra", c'était son genre.

Je restais en terrasse,capturée par le soleil.Je voyais le palais,son velum qui tamisait le soleil ou la lune.Khedaouedj avait en elle une perception mentale de la lumière que je commençais à comprendre.Si les larmes glissaient sur mes joues , c'était à cause de cette cmprhension et de l'attente qu'elle suscitait chez elle comme chez moi.J'attendais , là , dans la lumière , comme elle attendait dans l'ombre.La même chose , impossible à dire mais tellement douce qu'il fallait à tout prix en conserver l'essence et le souvenir.

Je commendais un autre café et ouvris l'enveloppe laissée par Nassim.Elle contenait la traduction , envoyée par courriel , des derniers écrits de Gabriel

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1 décembre 2007 6 01 /12 /décembre /2007 00:31
LE SARMAT GARNIT DE DIAMANTS Khedaoued
LE SARMAT GARNIT DE DIAMANTS                         Khedaoued agrandir

Teréout (amulette) Tamanrasset

Baba Hassanme me mit pour la première fois dans ses confidences un soir de l'été 94.Il se mit à me parler d'un bijou ,d'un "sarmat"serti de diamants que le Bey de Constantine avait offert à l'époque de son predecesseur , le Dey Ben Osmane.Il m'expliqua qu'un "sarmat" était une pièce de monnaie en argent tres ancienne,datant de l'époque romaine et représentant , sur une face , quatre profils d'homme et au revers une scène stylisée,"les Tétraques sacrifiants sur un autel devant une enceinte fortifiée à six tourelles".Il avait examiné le pendantif de pres et consulté un bijoutier.Les Tretarques , me dit-il , n'étaient autres que les empereurs Dioclerien et Cesar,ralliés par Maximien et Galere,pour sauver Rome d'envahisseurs étrangers , les Sarmates , venus des lointaines steppes d'Ukraine et de Pologne...

La pièce de monnaie,datée de 293 ou 295 de l'ère chrétienne, avait été montée en pendantif et serie de pierres precieuses.Sa description était tellement précise qu'à défaut de pouvoir le voir,il me semble l'avoir déjà porté à mon cou

Par son récit , mon père me fait comprendre la valeur symbolque du sarmat.Le bijou était porteur d'un message.Les Tetrarques s'étaient alliés pour sauver Rome des envahisseurs.Ils avaient su mettre de côté leurs discensions et leur orgueil pour sauver une ville et un empire

Sous le règne de Mohammed Ben OsmanePacha,Baba Hassan voyait planer au-dessus de la Régence des menaces venues de la mer et des terres .L'Europe n'était plus ce qu'un vaste champs de bataille qui risquait de s'étendre en Afrique du Nord.La volonté d'hégémonie et la soif de conquête composaient un mélange dangereux dont Hassan Pacha redoutait les effets .Si bien que le bijou prenait valeur de symbole.Pour lui, c'était un signe.Offert à l'épouse du Dey peu de temps avant sa mort et sa propre élection, il était à l'origine d'un embrouillement financier sans precédent

Comme le sarmat aux diamants coûtait fort cher , le Bey de Constantine fut contraint d'emprunter.Il avait promis de rembourser sa dette en blé...

Mon père m'avait parlé à coeur ouvert .Le bijou n'avait étéqu'un prétexte pour basculer les barrières entre père et fille.Le pendantif et le paiement de la dette furent également un énorme pretexte...mais pour l'Algérie tout entière

Parce que cette histoire eut des suites considérables.Autour du sarmat se tissa un imbroglio financier qui se transforma en piège diplomatique pour la Régence .Le blé fut bel et bien livré entre 1795 et 98 moyennant une somme importante colossale.Il devait permettre le ravitaillement de l'armée de l'Italie et du corps expéditionnaire envoyés par Bonaparte en Egypte.Le prix négocié pour la livraison n'eut , paraît-il , plus aucune raisonnable proportion avec celle du bijou dont il était la contrepartie.Certains affimèrent plus tard que la cargaison de blé avait été vendue à la France par Bacri à un prix quatre fois supérieur à ce qu'elle representait...Bacri se trouverait riche, tres riche...si la France le payait

Mon père m'entretint régulèrement de cette affaire .Mais à chaque fois, c'était pour me dire que rien n'évoluait , que Bacri et Bousnach n'étaient payés et qu'ils ne le seraient sans doute jamais.Quant au sarmat ,il avait mystérieusement disparu.Il ne plaisait semblait-il, que fort peu à l'épouse de Mohammed Ben Osmane qui le trouva fort vulgaire

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