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4 décembre 2007 2 04 /12 /décembre /2007 23:10
Suite :Testament d'Hassan Pacha Journal de Gabriel
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Clef de voile Tamanrasset

Il me sourit faiblement

-Ah,Gabriel , le juste , le droit Jibrail!Et le plus loyal de mes khodja...Tu dis vrai , mais c'était dérisoire et infamant.Cette malheureuse histoire me laissa un goût amer,sans tenir pour autant l'amitié que j'ai eue pour cet homme.Alors,les relations avec la France étaient excellentes.Ensuite,voilà trois ans , Jeanbon Saint-André...apres l'épisode Herculais, cet incompetent envoyé par le comité du Salut public,en 95 également,pour "inspecter les consulats "!Il a fait beaucoup de torts , clui-là et n'a rien compris.Quant à Saint-André , je crois que ce soit un fat.N'a t-t-il pas déclaré , il y a quelques mois,en remettent les sceaux à son successeur Moltedo:"J'avais trouvé ici la France à genoux:Je vous la laisse debout "!Et le dernier ,je n'ai pas eu le temps...Mais cela augure mal de l'avenir , il suffira d'un rien,d'une discorde total...En ettendant,faute de pouvoir traiter en toute confiance avec le consul,nous devrons nous en remettre à des intermediaires...Les ventes vers la France transitent sytsématiquement par Bacri et Bousnach.Plus rien ne leur échappe.Les dernieres ventes de blé pour Bonaparte en sont l'exemple.Ils ne sont pas payés.Cela évolue mal.C'est pour cela,Gabriel que ce que je vois...

Il eut un soupir, une vague de douleur contre laquelle il ne pouvait rien.Même sa colère était impuissante,une force autrement supérieure le submergeait : il ne pouvait plus lutter.Je le sentais partir,j'avais peur.C'est exactement cela,une peur primordiale , qu'il ne m'abandonne.Et je me rends compte à quel point cet homme avait compté pour moi.

Qu'allait-on retenir de lui?Un Dey ,emporté par la maadie,celle qui empeste ,un stigmate de la pauvreté,d'un pays en lutte contre...Je ne savais pas quoi.Mais il y avait pour moi une certitude,l'Algerie toute entière souffrait à travers lui.Qu'était-il?Un Ottoman au service de la Sublime Porte?Elu par les Janissaires,comme les autres,il avait su montrer sa force , un sens certain de la politique et, je le savais mieux que personne , des ambitions pour ce pays,ce que j'appeleais ses "utopies".J'en avais été l'instrument , ô combien malhabile, alors qu'il m'avait sauvé , donné un statut , une identité sans laquelle...

-Maître!Je vous en prie, écoutez -moi!Pour moi aussi ,il est temps de vous...avouer.Cette dernière mission à Fès...excusez-moi d'être aussi direct,j'imagine ce que peut être votre souffrance...et je crains fort de l'aggraver encore par mes aveux , mais je ne puis vous cacher ce qe je suis.Cette mission fut terrible.Je vous ai rendu compte,à mon retour , de ses aspects diplomatiques.J'avais obtenu ces informations de la bouche même de Si A bderrahmane.Mais je ne vous ai pas tout dit.Si je ne lui dis pas maintenant , jamais je ne trouverai le repos.

-J'ai tué l'Inconnu.C'est la verité.Il l'a voulu, il m'y a poussé,c'est aussi la verité.C'est à cause de la princesse.Je n'ai pas supporté.Il ne l'aimait pas.Il la méprisait

-Je sais Gabriel.Ne m'as-tu pas,toi-même,annoncé sa mort à ton retour?A propos d'elle justement ,tu dois rester.Ne jamais la quitter.Je pars avant elle,c'est normal...mais je pensais veiller sur elle quelque temps encore?Allah n'en a pas decidé ainsi?

.C'est à toi , à toi seul que je veux confier cette ultime mission:ne pas la quitter jusqu'à ton dernier souffle.Promets -moi!

-Je vous le promets

Je voulais ajouter devantage,lui dire que je ne souhaitais que cela,que depuis des années,je lui restais fidèle,à elle,que ma vie était aupres de Khedaouedj.Le courage m'a manqué.Dans un ecces de pudeur et de lâcheté ou peut-être parce que je n'avais pas eu conscience jusqu'alors de mon attechement pour elle...

-Cela ne te sera pas difficile, je pense.J'ai toujours su que tu avais pour elle...Enfin,c'est ainsi et j'en suis heureux.C'est bien la seule joie qui me reste.Alors voilà,prends ces documents .Dans la première enveloppe,tu trouveras le titre de propriété du palais,c'est pour elle.Dans la seconde,ce sont tes papiers.Les nouveaux.Je les ai faits faire la semaine dernière.Tu t'appelles Jibrail Ibn Ghali,émir originaire de Damas.Gabriel, l'esclave andalou,n'existe plus.Il a fait cela .Bientôt , je ne serai plus là pour vous proteger

Je suis rentré directement rue Socgemah.Hassan Pacha passa quelque heures plus tard avant le coucher du soleil.Comme dans un rêve, je me voyais , non pas maintenant , mais lors de mon arrivée,vêtu de haillons,quand je suivais le majordome qui venait de m'acheter sur le port.Les rues avaient peu changé.Quelque palais avaient été construits,dont celui de mon maître,d'autres avaient été rénovés;les travaux de la nouvelle Mosquée de Ketchaoua étaient achevés.Malgré ces changements sensibles,je voyais A lger avec le même regard.Sauf que l'esclave Andalou n'existait plus.C'est ce qu'Hassan Pacha venait de dire en me donnant officiellement une nouvelle identité.Je me souvins alors combien j'avais rapidement compris que je ne reverrai plus jamais l'Espagne natale.J'avais tres vite accepté cette rupture et je crois bien que je n'avais cessé de la désirer,du moment où je posais les pieds sur la terre d'Algérie.La mer éblouissait la baie dans ces reflets argent et renvoyait sur la ville une lumière exceptionnelle.Cette luminosité m'avait aveuglé dès mon arrivée,au sortir de huit jours à fond de cale...Puis mes yeux s'étaient habitués

Toutes ces années au service du Dey avaient effacé mes origines et mon identité.De Gabriel,l'esclave andalou,j'étais devenu sans bien m'en rendre compte,chargé de mission confidentielle pour lesquelles il prenait l'identité d'Ibn Ghali , fils d'émir...l'ultime déformation de mon nom!A force de les être tous ,je n'en étais aucun.Sous le poids d'un nom, sans racines.Un transfuge.Je ressentais un delicieux soulagement celui de ne plus être à force d'être trop.Comme un trop plein qui me tirait dans le vide,immuable,que je poursuivais depuis toujours.Je n'étais rien.Je retrouvais la maison calme et silencieuse, on malaise s'est alors dissipé.Elles dormaient toujours.Je regagnais ma chambre et sombrais dans le sommeil à mon tour.

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4 décembre 2007 2 04 /12 /décembre /2007 23:05
Le testament d'Hassan Pacha , Journal de Gabriel
Le testament d'Hassan Pacha  ,                             Journal de Gabriel agrandir

Poignard :Musée des arts anciens

En arrivant au Palais du Dey,l'agitation était grande .Je trouvais Hassan Pacha dans un bien triste état.J'entendis sa voix,affaiblie mais coléreuse qui donne ordre de me faire entrer.Qu'il puisse encore avoir la force de céder à ses fureurs me rassura.Mais en le voyant ,je compris que c'était bien plutôt l'urgence qui lui donna ce sursaut.Il fallut qu'il me voie et vite.

J'ai eu des illusions dans ma vie.Je n'étais pas le meilleur , trop coléreux et parfois brutal;je reconnais tout cela.Mais je n'ai jamais cessé de penser à ce pays,l'Algérie.De vouloir le preserver des menaces et des invasions.La Regence pouvait tenir.Là où avait su peu à peu conclure avec la Sublime Porte ces arrangements qui lui confèrent aujourd'hui une large independance,elle avait la capacité de s'émanciper et de donner à notre pays sa véritable identité?Pourquoi ne pas y croire?...Je rêvais d'y croire...Ce qui me ronge aujourd'hui,bien plus que cette vilaine infection,c'est que je ne serai pas parvenu à enrayer le mal.Au contraire,on dira plus tard que sous mon règne tout s'est délité.Le vers est dans le fruit qui va pourrir et tomber.Et pourquoi?Les relations ne reposent que sur deux hommes :le consul de France et le Dey...Il ne tient qu' à eux ,de leurs affinités ou de leurs preventions,de faire ou de defaire la paix...Rappele-toi,jusqu'en 95 ,Vallière...Je peux dire que j'ai été son ami et il peut dire qu'il a été le mien.Nous avons chacun la confiance de l'autre.C'était un homme fin et sensible.Généreux .Il n'y en a pour preuve que la façon dont il prit fait et cause pour son beau-frère...

Rappeler de Valière lui faisait du bien.La douleur semblait le laisser en paix.Il respirait mieux.Je pensais alors que l'on avait exagéré,qu'avec une pareille lucidité et son habituelle determination,il était capable de combattre le mal et de guérir...Il poursuivait son évocation des drnières années,m'instruisait de faits dont je n'avais pas eu toujours connaissance.Que voulait-il me confier?J'écoutai s ces confidences sans bien comprendre pourquoi il s'en ouvrait à moi.

-Lorsque le beauf-rère de Vallière , ce Meifrund , condamné à mort par la France pour de sombres affaires à Toulon sous l'occupation anglaise,débarque en Alger,je l'ai , à la demande du consul,installé et demandé sa grâce,soutenant ses démarches...C'était pour moi la juste compensation, la seule que je réclamais en échange des prêts importants que j'avais consentis à la République française.Je n'ai jamais négligé l'amitié de Vallière;me ralliant à ses thèses,j'ai soutenu la France contre les Anglais...Mais vois-tu,c'était peut-être le début .Parce que dans cette histoire,l'amaitié entre Vallière etmoi s'est émoussée...A quoi bon?Personne ne comprenait mon geste!Pas même Vallière!Si bien que je n'obtenais rien...Ulcéré et, c'est vrai,dans un coup de colère,j'ai interdit les échanges commerciaux avec l'Agence d'Afrique.Alors le consul voulut m'amadouer et "m'acheter"pour me faire revenir sur ma decision...en voulant m'offrir quelques colifichets...Quelle bassesse et quelle trahison!-Excellence , sans vouloir vous contrarier, pour avoir vu le solitaire et la paire de pistolets , des pieces magnifiques , je vous trouve un peu injuste...tout au moins , peu objectif...

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4 décembre 2007 2 04 /12 /décembre /2007 00:33
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Il changea de ton
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Etagère :Musée des arts anciens

Ses yeux me fixaient toujours,mais ils étaient voilés , sans vie, tout en conservant une brilance d'outre-tombe.

...Je ne sais plus.Il était tard .Il y eut l'orage,les eclairs.Un court instant , Hassan me laissa seul pour refermer la porte de la "skifa"qui battait dans le vent.Je pouvais enfin me retourner et, par le jeu des miroirs , réversible , comme je l'espérais ,découvrir son véritable visage.Au moment où j'allais y parvenir, un éclair verticale du patio, le plus fort , éblouissant.Une rafale de vent souffla les bougies.Aveuglés, nos regards se sont échangés.Voilà. Ensuite , il y eut le vide.Vous pouvez mettre cela sur le compte du "mauvais oeil".Oui , j'ai vu dans mon aveuglement .J'ai vu l'horreur et le néant.Et je suis parti.Elle n'était pas pour moi.Trop faible et déraisonnable.Déréglée.Elle avait le mauvais oeil.Pendant des mois, je l'ai maudite...Moi tomber ainsi,foudroyé!Pour cette...A mon retour ici,j'ai réalisé combien tout cela était lamentable.Je m'étais abaissé,avili.Je la haie.Aujourd'hui,je la méprise et c'est encore lui faire beaucoup d'honneur!.

La dernière partie de son discours sonnait faux pour je ne sais quelle raison.C'était exagéré.Comme une vengeance,non contre elle, mais contre lui-même.Il planta ses yeux noirs ,aiguisés et totalement fous dans les miens.Et je compris enfin ce qu'il attendait de moi,depuis le début,l'ultime soulagement , qui serait aussi le mien.

D'un geste brusque et imprevisible , il renversa la cruche de verre qui se brisa sur les zelliges.D'un bond, j'en saisis le plus gros éclat et me jetai sur lui.Son sang jaillit à gros bouillon de sa gorge...Puis , je me suis reculé lentement.Vers le fond de la pièce,il y avait une autre porte qui donnait sur un couloir étroit,je me suis enfui

Il m'avait conduit exactement là où il voulait que j'aille et où il voulait lui-même aller.Je n'avais jamais agressé personne,jamais porté la main sur quiconque.J'aurais pu plaider la légitime défense :ses yeux voulaient ma mort, me tuaient à petit feu quand il me fixait.Je me suis simplement défendu.Son mépris cinglant pur ma princesse m'avait rendu fou.Je ne sais comment on peut comprendre cela .C'est inavouable.Une forme de verité inacceptable.

Curieusement ,je pus rentrer à Alger sans difficultés.A croire que mon départ avait été organisé...Je partis le soir même pour Oujda,escorté du sreviteur muet et deux jours plus tard,j'embarquai sur une galiote pour Oran,puis Alger.Une semaine s'était à peine écoulée quand je fus de retour au Palais de la rue Socgemah.

Seulement,sur le port d'el Hoceima ,avant d'embarquer , j'ai fait une surprenante rencontre...Si Mohammed el'Arbi m'attendait .Je devais faire vite;on rompait les amarres.Le "cherif" des Derqawa vint me saluer.Il me dit que mes effets personels restés à Fès me suivraient par un prochain bateau.Dans ma précipitation , je n'avais pas eu de temps de les rassembler.Quand je les récupérais à Algr,il ne manquait rien,sauf la petite sacoche de cuir qui contenait le poème calligraphié et les unluminures...

LA VENGEANCE D'EL ARBI journal de Gabriel

Mohammed el'Arbi contnua son irresistible ascension.La confrerie des Deqawa,avec le soutien plus ou moins officiel du Sultan,passa la fronrière.Le "cherif" investit Tlemcen où il fit la prière au nom de Mulay Sliman.Il linvita à le rejoindre pour recevoir l'allegeance de la cité.Mais le Sultan alaouite hésitait , le cherif serait-il allé trop loin?Par son incontestable charisme , el 'Arbi me parut un temps capable de mettre en oeuvre des idées échangées entre Si abderrahmane et mon maître:réaliser le début d'un Maghreb musulman et uni...Mais le deferlement des Derqawa était perçu par la Regence comme une pure et simple agression ,prémisse d'une invasion.La tesion fut telle que Moulay Sliman renonça à rejoindre Tlemcen...

Tous les rêves de mon maître ,ses "utopies"comme je disais à l'époque,s'étaient écroulés pour laisser la place au chaos.Hassan Pacha s'est éteint en 98,quelques mois apres mon retour.Il y a presque cinq ans déjà.Aujourd'hui je ne suis plus rien,un modeste "beit el maldji",l'intendant d'un palais éteint.On m'avait connu à l'époque,-le Dey avait veillé-,il ne fut pas difficile de me faire oublier.Cet nonymat me protegea ainsi que la princesse.

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1 décembre 2007 6 01 /12 /décembre /2007 23:05
Cinquième message:retour à Fes ,printemps 98 Gabriel@
Cinquième message:retour à Fes ,printemps 98                Gabriel@ agrandir

Targui Touareg

Le voyage se passa sans trop d'encombres.Les routes peu frequentées ;bien fous ceux que cherchaient à rejoindre le Sultanat de Moulay Slimane , dévasté par une épidémie de peste comparable à celle que nous avions connue dix ans plus tôt.

Quand je pensais à Alger , un pincement au coeur me plongeait immanquablement dans la rêverie mais je n'en étais pas malheureux.Le souvenirtde Khedaouedj m'apportait un reconfort patient dans le camp sordide où nous entassions nos misères.Je n'avais rien emporté, ni livre, ni cahier pour écrire , de peur d'être découvert.Seul , autour de mon cou,dans une petite sacoche de cuir , collait à ma peau le poème d'Omar Khayyam et le mien , callaigrapiés et décorés d'enluminures...Je n'osais le sortir de sa cache et cela aurait été inutile puisque je le savais par coeur.Il était là...à croire que je devenais supertitieux

On m'apprit que Lalla Zohra , la mère de Si Abderrahmane , était morte de la peste l'an dernier.Je le reconnaissais bien , à cette façon de me signifier que je n'étais ici que par son bon vouloir et sa totale merci...

Le soir venu , il me fit appeler.En pénétrant dans le salon défait,je sentis sa présence.Il faisait tres sombre.Les chandelles allumées dpuis trop longtemps fumaient beaucoup , éclairaient peu quand elles n'étaient pas mortes.Quelque part , il était là,tapi dans l'ombre.Je plissais les yeux pour mieux voir,quand j'entendis sa voix grave que je n'avais pas oubliée-Par ici,cher ami!

Elle avait quelque chose de cassée , voilée sinistre.L'amitié qu'il venait d'invoquer me surprit. Comment avait-elle pu naître de ces quatre ans de silence et replacer la condescendance qu'il m'accordait autrefois.

Sous l'intonnation grave de sa voix , je ne l'aurais pas reconnu.Accroupis dans une alcôve faiblement éclairée , se tenait une silhouette drapé d'un burnous usagé et sans élégance.Lorsqu'il leva la tête vers moi,je sentis mon sang se glacer dans mes veines:le même regard , peçant et noir, ce soir illuminé de rouge par les flammèches de bougies,me transperçait jusqu'aux entrailles .J'avais l'impression qu'en me regardant ainsi , il était capable de lire mes doutes comme mes espoirs , mes rêves comme mes cauchemars ,et même ce que j'ignorais , les raisons de certaines de mes conduites , les secrets que je n'osais pas même m'avouer..;sous l'oeil acéré du prédateur , la proie s'immobilise;hypnotisée , anesthésiée , elle se sent prête à mourir et c'est son seul désir,celui de l'ultime et delicieux sacrifice,sans même le frémissement d'un soupir si ce n'est celui de rendre grâce à son bourreau...

J'étais cette proie :ses yeux n'avaient pas changé.Ses traits s'étaient creusés.Le travail bâclé de l'âge ne faisait qu'accentuer la terrible présence des yeux , agrandis par les cernes dans un visage émacé et triste,trop vite enlaidi...Il me regardait , parfaitement immobile.J'étais comme pétrifié

Comment lui dire?Et que lui dire?Que j'aurais preféré être seul au fond du plus pauvre des "funduq" de Fès plutôt que d'avoir à partager son intimité tant elle me pétrifiait?La nausée me serrait la gorge.S'ajoutait un véritable dégoût , non de lui, mais de moi-même.Je me sentais mortifié.Parce qu'à l'entendre , je me portais comme la marque répétée de l'Affection de Dieu.Parce que Dieu l'aimait.Sa vie n'était que souffrance mais c'était de l'Amour.C'était un jugement sévère et sans appel

-Pardonnez-moi,cher Gabriel!...Laissez.Nous avons tres peu de temps.Allah Le Tout Puissant et Le Misericordieux compte mes heures et retiens mes nuits...Il vaut mieux aller à l'essentiel.Ne vous inquietez pas, ici vous serz tranquille.Je n'y séjourne presque jamais

-Comment va-t-elle ?

-Pardon, Excellence, de qui parlez vous?

C'était terrible.Je resais sans voix.

-Reprenons.L Dey Hassan Pacha , que Dieu le Garde en Sa Divine Protection...votre ambassade , confidentielle...

Il reprit le discours convenu sans grande conviction.Je ne l'écoutais pas.Je pensais que la meilleure solution était de partir , de la laisser à ses raffinements sadiques et de refuser d'en être la victime .La nausée me reprit soudainement.

-Pardonnez-moi , n'auriez-vous pas un peu d'eau fraîche.Nous en étions privés pendant la quarantaine...

-Bien sûr!

Il frappa dans ses mains et le "baouab" surgit de la tenture.Il entendait tout.

-Hassan Pacha est clairvoyant.Il considère que nous devons compter sur nos propres forces,rassembler nos peuples , héritiers d'un passé commun , unis dans une même Foi.Tel est son message , au mot prêt.Auquel s'ajoute la volonté de contrer les prétentions de l'Europe , de la France en particulier et de Bonaparte plus précisement sur nos territoires.

Je comprenais les idées de mon maître.Elles me semblaient inspirées et pragmatiques tout à la fois,capables d'accompagner dans la marche du siècle une culture millénaire.Si l'Europe avait le vent en poupe , si les idées de la Révolution se répandaient aussi vite,si Bonaparte, qui s'en disait l'héritier, remportait autant de victoires, c'est parce que les hommes étaient respectés,que l'on croyait en leur devenir en tant qu'individus.La révolution rompait avec la féodalité.Un vent nouveau soufflait et ne pas en tenir compte à notre tour était purement suicidaire.Hassan Pacha pensait aussi que de cette confrontation avec l'Occident allait naître des nouvelles idées , alliant tout ensemble la valeur de l'individu, la generosité de l'Islam et la ferveur des Croyants...Mon maître voulait y croire, espérant trouver dans le bouillonnement intellectuel des confreries , le terreau favorable à une reflexion politique et à un nouvel art de gouverner...

-Faites savoir au Dey d'Alger que nous ne ferons rien contre la Regence.Ce n'est pas notre intrêt.A condition toutefois qu'elle ne se rende pas complice de l'attention...tres soutenue et recurrente que La Sublime Porte attache à notre pays...Quant à l'hégémonie des Derqawa, Moulay Sliman en serait la première victime , alors que sa volonté est bien de maintenir un Maroc uni et indépendant et non de reconstruire le Royaume de Tlemcen...ce que vous semblez redouter...Et je dis vrai .Vous en doutez bien sûr et je vais vous expliquer pourquoi.Malgré votre récente conversion , vous raisonnez toujours en mécréant .Pour vous , la vérité est clairement identifiable et universelle.Nous autre considérons qu'il n'est qu'une seule Vérité , celle de Dieu,Unique et Misericordieu;Dieu est Un , Verité des vérité et Lumière des lumières .Tout le reste n'est qu(incertitude parce que les autres vérités sont multiples.C'est pourquoi le mensonge, n'appartient pas à notre Foi.On peut , avec l'aide de Dieu , tenter d'apprendre , la Verité, la Seule , mais dans le doute permanrnt de se tromper , dans la peur qu'il ne nous abandonne .Le reste est sans imortance.Sil n'est qu'un seul message à transmettre au Dey, c'ets celui-là :"En vérité, dans la création des Cieux et de la terre , dans l'alternance des nuits et des jours,il y a certes des signes par ceux qui sont doués de raison"(Coran iii.190-El Imrân).Hassan Pacha compendra , j'en suis certain.Nous en avions parlé si longuement cette nuit-là ...Il se rapprocha alors de moi, me touchant presque.Je sentis sa froideur.Il paraissait souffrir dans cette langueur que donne la courte rémissionavant une fatale rechute .De la résignation ,il était déjà passé à l'absence .

Jamais sans ce regard, je n'aurais été aussi violent.Il n'eut d'autre réaction que de me fixer encore.Je me versais à nouveau un verre d'eau pour échaper à son regard.

...Lors de cette soirée de decembre 89,Hassan Pacha a menti.Il m'a menti et je n'ai pas su mentir...

-Pardon , je ne vous suis pas

-Pour l'unique fois de ma vie,j'ai voulu m'exprimer sans détour, sans subtilité excessive.Il m'avait mis en confiance.Je le sentais proche de moi,j'aurai pu...lui offrir ma vie.Un sentiment filial.C'est alors que je lui ai parlé de sa fille.Cela ma semblait naturel.Son portrait m'avait ...fait une vive impression.

'Et vous me parliez de mensonge!Mettant ouvertement en cause le Dey!Cette accusation st ignominieuse!-Elle ne l'est pas.Il m'a dit avoir promis sa fille àquelques riche Ottoman:c'était faux.Et je le savais.Il n'y avait plus rien à dire,simplement partir,ce que j'ai fait.Maintenant,croyez ce que vous voulez,je vous l'ai dit ,cela m'est totalement égal.Dites simplement au Dey que je savais.Et que , contre toute attente,j'ai compris,je l'ai compris,lui.Je ne pense pas qu'il ait menti,il a simplement suivi ses sentiments.En cela, il est resté sincère avec lui-même.C'est aussi cela la verité.

-D'autant plus qe cette union aurait été fort bénéfique pour Hassan Pacha.L'alliance avec ma famille descendant du Prophète et notre fortune lui auraient apporté prestige et richesse.Alors qu'une charge officielle , un maigre traitement , révocables du jour au lendemain, soumis au bon vouloir des janissaires et des Ottomans...Il avait tout à gagner en me laissant sa fille.Sans compter le rapprochement diplomatique!Son grand rêve:Cela aurait également mis fin à une certaine inconduite...Parce que, Gabriel enfin Jibrail...le fait de vous avoir affranchi , de vous avoir promu au rang de secretaire particulier apres une conversation de pure forme, tout comme votre..."relation"dejà fort étroite avec la princesse et contraire à tous les usages...Quelle abomination!Et je lui permettais d'y mettre fin!

C'était dit.Cet être cynique,gonflé d'un orgueil démesuré , était simplement abjecte.Il n'avait jamais éprouvé le moindre sentiment pour la princesse,si ce n'est le désir subit de la posséder.J'étais écoeuré.

-Mais alors,pourquoi avez-vous entretenu ces relations avec la Régence pendant toutes ces années.Ne venez pas me dire que c'tait..."pour ces beaux yeux"à elle? Vous saviez n'est-ce pas, les ravages que vous aviez laissés derriere vous!

Je ne parvenais plus à maîtriser ma colère.J'en oubliais ma mission,le prudence et la retenue, toutes les recommandations du Dey,à l'exception d'une seule:savoir comment Khedaouedj avait succombé

-Parce que vous croyez à cette histoire?Que dis-je légende?Mais c'est à croire que le vieux palais a tourmenté votre entendement !...Le palais a tourné votre raison, vous, l'envoyé du rationnel et des nouvelles idéesVous êtes pitoyable et d'une affligeante naiveté.

'-En un sens,vous avez raison.Vous ne connaissez pas Khedaouedj.C'est bien le seul point sur lequel nous sommes d'accord?

.Pour le reste...Je ne doute pas de votre "coup de foudre" sur un portrait.Mais vous êtes un ignorant.Vous ne la méritez pas.L'avez-vous vue?Lui avez-vous parlé?

-Je ne vous répondrai pas.Je ne m'en souviens pas.

-Vous mentez!

-Encore décidemment...Soit.Si je l'ai vue?Vous voulez savoir n'est-ce pas?Je n'ai passé que peu de temps au Palais,mais je le connais bien mieux que vous.N'avez -vous pas remarqué ces miroirs?...Mais je les avais vus , dès le debut de la soirée,dans le salon de reception curieusement inclinés.Non par hasard, mais par une main experte qui voulait voir sans être vue.Enfin, elle m'a vue,je le sais .Ensuite...

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1 décembre 2007 6 01 /12 /décembre /2007 22:59
QUATRIEME MESSAGE Gabriel
QUATRIEME MESSAGE                                    Gabriel agrandir

Chevalière :Setif

Je me retouvais dans la situation de n'importe quel bourgeois d'Alger, propriétaire et soucieux du bien-être de sa famille.Il n'en fallait pas davantage por me combler et me faire goûter avec délices les soirées d'été sur la terrasse.J'étais bien certain d"être le seul homme de la Casbah à en profiter car elles sont traditionnellement réservées aux femmes...

Baba Hassan , au prix d'efforts surhumains et de colèrs mémorables , tentais de maintenir l'ordre dans le palais el Janina et le prestige de la Régence.Il fit, entre autres , edifier la mosquée Ketchaoua et rénover le mausolée de Sidi Abderrahmane.Mon maître ne fut pas un tyran .Son gouvernement ne fut le théâtre, contrairement à celui de nombre de ses predecesseurs,d'aucune axaction sanguinaire.S'il recourait à la force , ce n'était que contraire et forcé , jamais par goût , encore moins par perversié.Mais il lui fallait gouverner.

Je n'ai pas la pretention d'avoir été son confident.Hassan Pacha ne se confiait à prsonne.Sauf , peut-être , à sa fille , muette comme une tombe.Il restait souvent avec elle,lui parlait.Quant à moi,il m'avait assigné , outre celui d'intendant du palais de sa fille, un rôle bien determiné.J'étais quasiment au secret , en réserve pour les missions qu'il me confiait à l'étranger.

Il lui fallut agir.La conviction d'Hassan Pacha,confirmée pas plusieurs de nos ambassadeurs, se résumait ainsi : fasciné par les sables d'Egypte , convaincu de remplir une mission vouée au Progres de l'Humanité,contraint de forcer le blocus anglais pour anéantir la contre-révolution , avide de satisfaire les interêts commerciaux et financiers de la France, amoureux de la Mediterranée et fin stratège , le petit général ne pouvait que nourrir de sérieuses ambitions sur le Maghreb, de sa côte atlantique aux confins du desert blanc de Lybie...L'Algérie était au milieu ;le plus urgent était donc de se rapprocher ,une fois encore, de notre interlocuteur marocain.Si A bderrahmane ne pouvait rester insensible.D'autant plus que le royaume chérifien se débattait toujours au milieu des assauts de confreries...Hassan Pacha avait fait son possible pour me faire un résumé rigoureux de la situation.Je partis donc avec comme consigne de trouver des allainces chez nos voisins et de les convaincre de réagir...

Mon maître me rappela que j'avais une autre mission à treminer.Il n'eût pas besoin d'en dire davantage.J'étais bien décidé cette fois -ci à faire avouer à Si Abderrahmane ce qui s'était passé en decembre 89 et à percer ses actuels sentiments pour Khedaouedj

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1 décembre 2007 6 01 /12 /décembre /2007 22:49
L'AFFAIRE BACRI ET BOUSNACH Nada
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Les armes à poudre : Les Aurès

Je transcrivis le fécit de Khedaouedj.L'histoire est exacte.Sa relation la plus détaillée est sans doute celle d'Augustin Bernard,dans le tome consacré à l'Algérie de :"l'Histoire des Colonies françaises et de l'expansion de la France dans le monde " sous la direction de Gabriel Hanoteauux et Alfred Martineau

Je croisais ces informations avec celles rapportées par Hamdan Khodja dans le "Miroir" , écrit apres 1830.

Le reflet de l'une venait épouser la lumière de l'autre.Je ne saurais décrire autrement ce que je ressentais à chaque fois que je reprenais ses pensées...

Le "choc", s'était produit devant le miroir lors de la première visite,lorsque j'avais entendu le récit de sa vie par la voix d'Abderrahmane , notre ami historien.Nulle part ailleurs il n'aurait pu se produire.Je considérais désormais avec tendresse cette"relation reflexive",liaison binaire qui faisait que chacune ne pouvait s'expliquer sans la reflexion de l'autre.Ce que j'avais pris pour des hallucinations ou une lente dérive vers la folie trouvait un chemin secret dans les voiles du passé , grâce à elle.

Depuis mon retour d'Alger , je n'avais pas eu le temps de discuter avec Nassim.Il arriva avec une enveloppe sous le bras.Il aimait parler par énigmes.Ceux qui ne le connaissaient pas ,le trouvaient prétentieux.Je ne l'avais jamais jugé comme tel mais plutôt enclin à ne pas trop s'exprimer pour avoir à s'expliquer le moins possible.Ensuite , "comprenne qui pourra", c'était son genre.

Je restais en terrasse,capturée par le soleil.Je voyais le palais,son velum qui tamisait le soleil ou la lune.Khedaouedj avait en elle une perception mentale de la lumière que je commençais à comprendre.Si les larmes glissaient sur mes joues , c'était à cause de cette cmprhension et de l'attente qu'elle suscitait chez elle comme chez moi.J'attendais , là , dans la lumière , comme elle attendait dans l'ombre.La même chose , impossible à dire mais tellement douce qu'il fallait à tout prix en conserver l'essence et le souvenir.

Je commendais un autre café et ouvris l'enveloppe laissée par Nassim.Elle contenait la traduction , envoyée par courriel , des derniers écrits de Gabriel

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1 décembre 2007 6 01 /12 /décembre /2007 00:31
LE SARMAT GARNIT DE DIAMANTS Khedaoued
LE SARMAT GARNIT DE DIAMANTS                         Khedaoued agrandir

Teréout (amulette) Tamanrasset

Baba Hassanme me mit pour la première fois dans ses confidences un soir de l'été 94.Il se mit à me parler d'un bijou ,d'un "sarmat"serti de diamants que le Bey de Constantine avait offert à l'époque de son predecesseur , le Dey Ben Osmane.Il m'expliqua qu'un "sarmat" était une pièce de monnaie en argent tres ancienne,datant de l'époque romaine et représentant , sur une face , quatre profils d'homme et au revers une scène stylisée,"les Tétraques sacrifiants sur un autel devant une enceinte fortifiée à six tourelles".Il avait examiné le pendantif de pres et consulté un bijoutier.Les Tretarques , me dit-il , n'étaient autres que les empereurs Dioclerien et Cesar,ralliés par Maximien et Galere,pour sauver Rome d'envahisseurs étrangers , les Sarmates , venus des lointaines steppes d'Ukraine et de Pologne...

La pièce de monnaie,datée de 293 ou 295 de l'ère chrétienne, avait été montée en pendantif et serie de pierres precieuses.Sa description était tellement précise qu'à défaut de pouvoir le voir,il me semble l'avoir déjà porté à mon cou

Par son récit , mon père me fait comprendre la valeur symbolque du sarmat.Le bijou était porteur d'un message.Les Tetrarques s'étaient alliés pour sauver Rome des envahisseurs.Ils avaient su mettre de côté leurs discensions et leur orgueil pour sauver une ville et un empire

Sous le règne de Mohammed Ben OsmanePacha,Baba Hassan voyait planer au-dessus de la Régence des menaces venues de la mer et des terres .L'Europe n'était plus ce qu'un vaste champs de bataille qui risquait de s'étendre en Afrique du Nord.La volonté d'hégémonie et la soif de conquête composaient un mélange dangereux dont Hassan Pacha redoutait les effets .Si bien que le bijou prenait valeur de symbole.Pour lui, c'était un signe.Offert à l'épouse du Dey peu de temps avant sa mort et sa propre élection, il était à l'origine d'un embrouillement financier sans precédent

Comme le sarmat aux diamants coûtait fort cher , le Bey de Constantine fut contraint d'emprunter.Il avait promis de rembourser sa dette en blé...

Mon père m'avait parlé à coeur ouvert .Le bijou n'avait étéqu'un prétexte pour basculer les barrières entre père et fille.Le pendantif et le paiement de la dette furent également un énorme pretexte...mais pour l'Algérie tout entière

Parce que cette histoire eut des suites considérables.Autour du sarmat se tissa un imbroglio financier qui se transforma en piège diplomatique pour la Régence .Le blé fut bel et bien livré entre 1795 et 98 moyennant une somme importante colossale.Il devait permettre le ravitaillement de l'armée de l'Italie et du corps expéditionnaire envoyés par Bonaparte en Egypte.Le prix négocié pour la livraison n'eut , paraît-il , plus aucune raisonnable proportion avec celle du bijou dont il était la contrepartie.Certains affimèrent plus tard que la cargaison de blé avait été vendue à la France par Bacri à un prix quatre fois supérieur à ce qu'elle representait...Bacri se trouverait riche, tres riche...si la France le payait

Mon père m'entretint régulèrement de cette affaire .Mais à chaque fois, c'était pour me dire que rien n'évoluait , que Bacri et Bousnach n'étaient payés et qu'ils ne le seraient sans doute jamais.Quant au sarmat ,il avait mystérieusement disparu.Il ne plaisait semblait-il, que fort peu à l'épouse de Mohammed Ben Osmane qui le trouva fort vulgaire

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1 décembre 2007 6 01 /12 /décembre /2007 00:28
NADA
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Scène Mozabite

Lorsque je finis la lecture,il faisait nuit sur Paris,il pleuvait.Que s'était-il passé.?Je me rappelais pourtant tres bien cette plongée progressive dans l'obscurité , de suivre mon ombre qui s'amincissait jour apres jour dans les miroirs et les façades vitrées jusqu'à ne plus la voir.Mais je ne ressentais aucune douleur.Ce parcours m'était necessaire , obligatoire et précieux.Maintenant je retrouvais,il est vrai , mes habitudes d'autrefois.Brancher l'ordinateur , regarder mon courrier J'ai gardé quelques habitudes , celle de me proteger des lumières excessives.Ce n'est plus ma vie qui m'attriste,c'est le destin cruel de Khedaouedj, les affres de Gabriel...je suis au coeur de tout cela et Nassim aussi.

La solitude que m'imposait cet handicap me rapprochait d'elle.N'avait-elle pas vécu ainsi?Dans la solitude et l'ombre.Et chose bien étrange , la première fois , elle me rejoignit ici, au pied de la valise encore béante, emplie de senteurs et des poussières d'Alger

NUIT PARISIENNE Khedaouedj

J'avais souffert de l'absence de Gabriel .Je ne l'avais pas vu pendant plusieurs mois.Un soir où mon père était là , n'y tenant plus , je lui demandais ce qu'il avait fait de Gabriel.Sa réponse fut :

-Cela ne te regarde pas.Ce sont des affaires entre nous

-J'en fus peiné.Mon père m'avait parlé durement

C'est étrange...Par l'effet du temps sans doute et de mes pleurs aujourd'hui taries, je ne ressens plus rien à l'égard de cet homme...L'extrême souffrance que je pouvais enfin ressentir...j'ai aimé ce simulacre d'abandon et de déchirement

Et maintenant , j'apprends qu'il était marié , père de famille...Qu'aurais-je pu espérer?Une vie de seconde épouse,dans un des palais de Fès,si froids en hiver, la réclusion au milieu de femmes qui m'auraient detestée, sa première épouse en particulier.Tout cela me laisse indifferente.Je suis même soulagée d'avoir échappé à cette existence-là.Rien ne pouvait remplacer le palais , la tiedeur des terrasses , les marches que je connaissais si bien , plus hautes lorsque je gravissais l'étroit escalier qui conduisait à la terrasse supérieure , ma chambre , mon lit aux enlacements de fer doré qui ravissait mes heures de repos.Pour rien au monde je n'aurais quitté ma maison, abandonné la petite salle de prière en sous-sol

Et puis j'attendais Gabriel.Peut-être ma vie s'est elle résumée à cela?A attendre.Comme on attend le lever du jour.Et chaque jour , je l'attendais apres la prière de l'aube.Chaque fin de nuit,j'étais envahie par un doute cruel.Que celle lumière-là me soit retirée par quelque sinistre évènement:le soleil ne reviendrait plus,à jamais éteint pendant la nuit...

Gabriel me dit en Espagnol,"attendre"se disait "esperar".Et ce terme me plut.Il signifiait qu'attendre , c'est encore espérer , souhaiter,désirer.Le matin , je me mis donc à esperer non plus seulement la lumière, mais la venue de Gabriel

Je n'ai aucun regret.Ce qui me passionne,c'est ce que j'apprends maintenant grâce à elle.Je ne fus pas seulement cette jeune fille triste et mélancolique,éternellement aveugle et désolée...Je n'ai pas passé mon temps à me mirer dans les glaces du palais ,même si je ne nie pas avoir cédé à cette habitude.C'est là qu'elle a compris l'essentiel parce qu'elle a cherché la même chose que moi.Toute femme peut le comprendre, mais certaines vont au-delà .J'avais besoin de me voir parce que personne n'aurait pu me voir de cette façon.Il m'était nécessaire de me mirer pour savoir ce que j'étais.Cette recherche de disparition dont elle parle.S'effacer , ne plus être , mais sans perdre le reflet.Se diminuer peut-être.Fondre,certainement...Comment vient ce désir?Se restreindre , ne plus désirer que ce désir-là.J'y réussis.L'amour m'étant à jamais refusé , je ne m'accordais par ma seule volonté et comme ultime plaisir que celui de m'effacer dans le néant en gardant le reflet de ce que j'étais...Je ne nie pas tout cela parce que je l'ai vécu

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28 novembre 2007 3 28 /11 /novembre /2007 23:43
Mausolée de Moulay Abdeslam Ben-Mechich-Août 1794 Journal de Gabriel
Mausolée de Moulay Abdeslam Ben-Mechich-Août 1794   Journal de Gabriel agrandir

Tamachraft :boucle d'oreille

L'endroit était impressionnant.Autour du marabout blanc , s'étendait un vaste camp blanc planté de "Khaima" .Les tentes étaient attribuées à chacun en fonction de son rang dans la confrerie.On retrouvait la distribution classique entre les quartiers résidentiels , les zones de commerce et celles de recueillement.Alentour , il n'y avait aucune habitation.

Abderrahmane était arrivé la veille .Il semblait en effet tres intime avec Moulay el'arbi.L'ambiance était chaleureuse , exaltée même,mais rigoureusement structurée.Sous cette apparence solidarité , je sentais vibrer les destins solitaires , les ambitions assoiffées de gloire, la volonté de vaincre , d'être reconnu , de devenir.Je fus tres impressionné.

-Quelles sont vos imprssions?me dit-il de suite , le regard rivé sur le mien.

-J'ai apprécié.C'est une expérience édifiante.

-Lui rendre compte dans le détail de tous nos entretiens me semble suffisant , et vous avez toute ma confiance

Puis , il eut un long silence.

-Et elle.?Comment va -t -elle?

ETERNEL RETOUR? Nada

Ici s'arrêtait le cahier de feuilles photocopiées déposé à la reception de l'hôtel.Il était semblable à celui de la veille que j'avais lu à Dar el 'Amia"Je te passe ce texte.J'en ai récupéré une copie,je ne sais pas trop comment ! Elle était au Palais.Je travaille dessus pour ma thèse.Il y en a quelques autres à ta disposition.A bientôt Mina"

J'appelai Nassim.Par chance,le réseau était disponible.

-...Je te tappelle parce que l'on a récupéré un tresor.!Mina ,fait une thèse et m'a donné de la documentation.Et devine?Le journal de Gabriel?La suite de ce que j'ai lu l'autre nuit

-Et tes yeux au fait?

-ça va nettement mieux.

En raccrochant , j'avais vraiment envie de rentrer.J'avais envie de discuter de vive voix avec Nassim.Il me manquait.Condamnée à ces allers - retours , il était temps de partir , mais non sans avoir revu Mina.Je reservais mon billet pour le surlendemain , avant de descendre dîner

TROISIEME MESSAGE Nada

De retour à la maison , je me jetais sur mon ordinateur.J'imprimais les textes traduits par Nassim.Le courriel commençait par le traditionnel message de l'expediteur

"Je déduis de votre patient silence une tout aussi patiente lecture qu'il encourage à poursuivre mes envois.Fès...la Maison Bleue , il est temps d'en parler...D'autant plus que vous connaissez les liens...

GABRIEL@

...Prudence ou imprudence...Sagesse ou folie...Le Dey m'avait investi d'une délicate mission.Il voulait savoir quel rôle avait joué l'Inconnu dans la maladie de Khedaouedj...Il me paraissait évident que la révélation de la vérité la ramènerait vers la lumière et l'espoir.Pour être totalement honnête , il me faut ajouter autre chose :je déniais à Abderrahmane toute noblesse de sentiment et j'étais jaloux de l'influence qu'il avait pu avoir sur elle.Comment avait-il pu la subjuguer à ce point?

Si j'avais la preuve d'une quelconque inclination d'Abderrahmane pour Khedaouedj , je ne serais pas rentré là-bas.Parce que j'aurais eu le sentiment de tout perdre.Jaurais perdu mon sang -froid s'il m'avait révélé la moindre inclinaison pour elle...Sans preuve , je n'ai pas bronché..Mais s'il s'en était presenté une seule ,j'aurais été capable de tout .Pour en finir

Mais ,les questions vinrent me torturer.Comment avait-il su pour elle ?Et pourquoi cet intérêt poli?Simple courtoisie à l'égard du Dey?La formulation elle-même , "Vous lui direz aussi , à titre personnel.J'ai su pour sa fille.Dieu en a voulu ainsi.C'est une sainte",ne dissimulait -elle pas une vénération , une admiration amoureuse?

J'étais malheureux.Je tentais de me rappeler son expression , les traits ,lorsqu'il avait pronnoncé ces mots.Je redoutais d'y lire une folie passion pour Khedaouedj

Sur le chemin du retour , alors que les difficultés du voyage troublaient mon repos,je trouvais quelques instants de répit , agités de rêves insensés.L'un deux se déroulait dans la chambre de Khedaouedj, à l'étage;il se tenait à ses pieds et lui déclamait un poème.Les mots me revenaient, calligraphiés dans mon cauchemar, entrelacs d'une envre dorée qui se confondaient avec le décor de la pièce et de fines armatures dorées de son lit.Les strophes s'incrustaient dans mes yeux , les brûlaient .Ces vers, je ne les connaissais que trop bien: c'étaient ceux que j'avais improvisés le jour où nous avions lu, elle et moi des poèmes d'Omar Khayyâm.Ces vers étaient miens!Et il se les appropriait!J'étais persuadé qu'à mon réveil , j'aurais à mon tour perdu la vue,les yeux percés par l'éblouissement vision du poème...Et Khedaouedj restait là,immobile , hypnotisée par les calligraphies.Dans mon rêve , l'Inconnu était silencieux.Il voyait les mots et elle les voyait à travers ses yeux.Aveuglée...par l'amour?Ou ensorcelée par le froid regard de Si Abderrahman?

Khedaouedj s'était fait prendre dans la lumière comme un papillon de nuit.Brûlée dans son âme,elle s'était ensuite éteinte,comme une bougie lorsque la mèche finit de se consumer.Il aurait ainsi capturé non seulement son regard mais ses yeux pour en voiler toute lumière.Ce cauchemar,fruit de mon imagination et des fatigues du voyage,garda au reveil la force évidente de la vérité.

Je ne pouvais achever .Hassan Pacha me fixa , l'air étonné.Mon empressement trop vif était visible.Il avait le sentiment d'en avoir trop dit

-C'est -à -dire Gabriel...Le dernier soir,nous avons parlé,comme je te l'avais dit.Il avait vu le petit portrait de Khedaouedj dans mon bureau.Ensuite , il me demande quelles étaient mes intentions pour l'avenir de ma fille.C'était direct,sans long preambule,sans hésitation.Dans un premier temps , je suis resté évasif.Khedaouedj me semblait encore si jeune...Il affirma qu'il était grand temps de songer à lui trouver un époux.Je l'interrogeais à mon tour.Il me dit que selon la tradition ,il avait été marié cinq ans auparavant à l'une de ses cousines,qui attendait leur troisième enfant.Il espérait un heritier mâle qui lui avait été refusé jusqu'à present.Alors...j'ai menti.Je lui dis que ma fille était promise à un haut dignitaire ottoman.Il se raidit.Il est parti le lendemain.Mais, Gabriel , je te l'assure,Khedaouedj n'a jamais rien su de tout cela.!Tu es le premier à qui je m'en ouvre ce soir.Ces souvenirs me pèsent tellement et depuis si longtemps...J'y ai mille fois réfléchi,elle n'a rien pu savoir.Elle ne l'a pas même vu.Ils ne sont même pas croisés...Alors pourquoi?Pourquoi a -t-elle sombré dans le desespoir?Pourquoi a-t-elle perdu le goût de vivre?Cette maladie inexplicable...Enfin , j'aurais aimé savoir,comprendre peut-être...

J'étais donc destiné à retourner au royaume chérifien pour y decouvrir le mystère .Pourtant , presque deux ans devaient s'ecouler avant que je ne puisse partir.

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28 novembre 2007 3 28 /11 /novembre /2007 23:37
Chroniques des années 1794 à 1796 Journal de Gabriel
Chroniques des années 1794 à 1796                             Journal de Gabriel agrandir

Heubier de Tlemcen :dinanderie

J'ai peu à peu découvert ce que Hassan Pacha attendait de moi :retrouver l'Inconnu pour entrer en contact avec lui.Sidi Mohammed en 90 et le bref épisode de Moulay El Yazid,son turbulent fils , avaient fortement déstabilisé le pouvoir alouite , déchiré par des luttes fracticides qui perduraient , laissant le royaume exsangue...

Hassan Pacha voulait néanmions renouer avec le Sultanat.La Régence , soumise à d'incessants troubles permanents sur sa frontière voulait des assurances.Et c'est pourquoi il m'envoyait à Fès.Nous étions en mai 94

-Gabriel ,te souviens-tu ce visiteur venu de Fès?

Il cherchait ses mots , gêné d'avoir à me révéler maintenant ce qu'il avait tenu à me cacher alors.

-Excellence , je comprends fort bien de ne pas être l'homme de la situation...

-Non !tu es celui qui convient.

-Ce n'était pas prévu.Ni lui, ni moi n'avions envisagé cet aspect-là des choses.Nous avions tous deux plusieurs objectifs en tête.Pas simplement la stabilité du politique.Il y avait les questions économiques .Mais les deux ne sont-ils pas liés?Comment ne pas être tenté d'user de l'un pour construire l'autre?Il faut reconnaître que loin de faire front commun , chacun jouait pour son propre compte , tout en maîtrisant fort mal le processus économique aux mains d'étrangers.Tu n'es pas sans le savoir , nous convînmes d'un accord avec la Maison à Marseille qui bénéficie aussi du monopole d'Afrique

Si le comerce s'en trouva amélioré , son contrôle nous échappa totalement .Alors que le Dey avait, e une dizaine d'années , réussi à se soustraire au contrôle politique de la Sublime Porte , à prendre la main sur la Course à la place de la Taifa , il fallait maintenant convenir que le pouvoir économique était en passe de tomber aux mains des marchands européens et juifs...

Chez notre voisin chérifien , la tendance était et reste similaire.Les concessions sont frquentes sur les grands ports;l'ouverture sur l'Atlantique était jugée prioritaire et la Course fut freinée , en passe d'être interdite purement et simplement .Mais les caisses du Sultan ne se remplissent pas plus que les nôtres , alors qu'il doit dépenser beaucoup pour se maintenir en place.Il est à craindre que l'être du pouvoir unique et souverain régissant tous les aspects de nos sociétés soit bel et bien révolue avant même d'avoir pu être consolidée...A moins de trouver de nouveaux alliés ...Je veux trouver une réelle force d'appui coordonnée...un contrepouvoir...à l'occident.C'est cela que je veux m'employer.Il faut que tu ailles à Fès , que tu le rencontres , le sondes , apprécies l'évolution de ses idées qui m'avaient paru assez proches des miennes...

Et puis , je n'ai pas fini...Il s'agit d'elle.Je n'ai jamais pu oublier que sa maladie a commencé dans les jours qui ont suivi son départ , à lui.Je veux savoir ce qui s'est passé

Dar El Azrak-Fès mai 1794 Journal de Gabriel

J'étais , sous une fausse identité , un bon Musulman de retour du Pèlerinage , hormis le risque de se faire dévaliser

Hassan Pacha m'avait donné une lettre de recommandation et une adresse à Fès , pres de Bab Boujloud :Dar el Arrak , la Maison Bleue

Rien de la rue ne laissait soupçonner des espaces aussi vastes et richement décorés que ceux que je decouvris là.C'était une maison luxueuse qui rappeleait notre palais...

Un homme encore jeune était assis dans un angle du grand salon patio.Immobile , il semblait méditer.Je le reconnus immédiatement:L'Inconnu ou plus exactement Si Abderrahmane El Arbi.Au bout d'un long moment , il leva vers moi ce regard de félin qui m'avait tant frappé bien des années plus tôt.Il se leva ,me salua longuement.L'esquisse d'un sourire vint ponctuer le cérémonial , signe habituel de l'hospitalité et non d'une quelconque amitié...

-Vous serez surpris,inquiet peut- être de tant de precautions.Mais il le faut.Mes activités ne sont pas de goût de tout le monde à Fès.Et je suis tres surveillé.Même en ma demeure.

J'étais dans un embarras proche de la panique

-Hassan Pacha ,donc,s'interroge.Il voudrait ,par mon intermédiaire , connaître votre appreciation de la situation actuelle.Les temps ont changé ; certains problèmes s'amplifient .Des tensions apparaissent.Mon maître , tout en souhaitant connaître l'état de vos reflexions , reste fidèle...à vos echanges.Il y retrouve , aujourd'hui plus qu'en ce fameux hiver , peut-être une possibilité reelle de ...rapprochement , enfin de front commun, de collaboration.Il n'en veut pour preuve que...

Il me laissa poursuivre

-Plus concrètement , dans la situation politique actuelle , les relations commerciales se développent de façon aléatoire,reconnaissons-le.Le Dey voudrait y mettre un frein,voire une fin , en retrouver la maîtrise plus exactement.Mais tout nous échappe.Les états européens nous sollicitent peu,prefèrent se tourner vers des négociants...Son regard me glaçait;il m'angoissait.Ce fut sa froideur extrême, à la limite du mépris , qui me sauva d'un echec total

-Notre situation est bien souvent identique à la vôtre:il y a des gens en place,ils ont des contacts.Ce sont les affaires...

-Cétait dit.Ces mots m'écorchaient les lèvres , pourquoi?Sentiment instinctif de trahir encore ma foi , mes convictions , ma naissance et ma terre?De me renier une fois encore?Pour toujours , je serai un mauvais rénégat , coupable d'une eternelle duplicité , à la solde d'un régime peu scrupuleux et affaibli , entreprenant des pourparlers avec une puissance doublement ennemie :de ma terre natale , de mon pays d'adoption...Je me faisais honte , la pire de ma vie

Je m'étais insensiblement tassé sur mon banc ;en levant les yeux , je fus terrifié par mon interlocuteur , si grand, si fier , hautain.Une noblesse à laquelle je ne pourrais jamais pretendre...Etait-ce pour cela qu'elle avait succombé?Qu'elle s'était enfermée dans la mélancolie ?Cette image me frappa à un tel point que j'en fus révolté!Ma vie ne valait elle-pas la sienne?Mon caractère n'égalait -il pas le sien?Alors pourquoi?Contre toute attente , il se montre ouvert:

-je sais combien votre mission est difficile, bien plus que la mienne à Alger.N'ayez crainte, je vous entends .Je ne peux malheureusement parler qu'en mon nom , contrairement à vous et à titre tout à fait confidentiel.Vous le savez , Moulay Sliman a fort à faire.Les confréries tres actives,sont difficiles à contrôler.Je fais partie de ceux qui s'y emploient au nom du Sultan.Mais personne en maîtrise rien...Nous sommes des gens de Foi , de tradition et...d'allegeance.Mais cela n'est pas sans creer des tensions quand le pouvoir est nouvellement en place.Il nous faut du temps.Preserver la tradition , y puiser les forces nouvelles.Ensuite, être attentif.Vous ne le savez sans doute pas, mais je suis tres proche de certaines confreries, affilé même à deux d'entre elles.Non par goût du pouvoir,par reelle affinité.Si l'on recherche des combattants , au nom de la Foi,tous sont prêts , moyennant une solde.Si l'on veut la paix , la prosperité , l'allégeance , il faut davantage de temps et reflechir , être prudent.

-Les Deerqawa.Une confreie,dirrigée par le chérif Mohammed El Arbi.Ambitieux , il exerce une forte attraction sur tous ceux qui l'approche.

-Je connais Moulay El Arbi..Je vous demande quelques jours ,et nous irons ensemble

Et c'est ainsi que je restais trois mois à Fes.Je restais à Dar el Azrak.Je ne manquais de rien...sauf d'Alger.Et puis , un matin de septembre , un envoyé d'Abderrahmane se presenta.Nous devions rejoindre le mausolée de Moulay Abdeslam ben Mechich, berceau de la confreie des Derqawa

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