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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 19:58

                                                      Paul Cézanne

 

                                                      Après de brillantes études, Paul Cézanne ( 1839-1906 ) s'inscrit à l'école municipale de dessin d'Aix. En 1862, il rejoint à Paris son ami Emile Zola. Après avoir pratiqué la copie au Louvre et au Luxembourg, où il découvre notamment Delacroix, il travaille avec Pissarro et participe à l'exposition fondatrice du groupe impressionniste en 1874

                                                     Déçu par l'échec critique de ces années parisiennes, . Cézanne vit de plus en plus dans le midi à partir de 1886. Il abandonne rapidement l'impressionnisme même s'il reste fidèle au travail en plein air et aux ombres colorées

                                                    Vers 1890-1895, sa peinture se renouvelle par un changement radical de style et de facture et exprimé d'abord dans la matière morte.Les contours des objets sont fortement dessinés, les modelés parfois plus esquissés que peints.

                                                    En 1845,sa première exposition chez Vollard révèle au public l'exigence et l'originalité de sa démarche. Les jeunes peintres le révèrent.

                                                   Son sens de volume et l'importance donnée à la structure géométrique font de Cézanne le précurseur de la peinture moderne " notre père à nous tous " dira Piasso

                                                       

"Madame Cézanne au jardin " Vers 1879-1882 / Huile sur toile / 83 x 63 ms

"Madame Cézanne au jardin " Vers 1879-1882 / Huile sur toile / 83 x 63 ms

Hortense Fiquet était un jeune modèle qui devint d’abord la compagne du peintre, lui donna un fils en 1872 mais qu’il n’épousa qu’en 1886. Cette liaison resta longtemps cachée de la famille Cézanne. Hortense et son fils ne furent jamais vraiment acceptés par l’entourage de Cézanne. Ils furent surnommés "La boule" et "Le boulet".
On connait vingt-cinq portraits d’Hortense peints par Cézanne. Dans cette version, elle est peinte en pied à l’extérieur de manière assez inhabituelle chez le peintre qui préférait les cadrages plus serrés avec un quelconque intérieur peu détaillé.
Cézanne prenait d’avantage de liberté lorsqu’il peignait ses proches mettant au premier plan sa recherche de rigueur formelle qui confère au modèle monumentalité et durée. Comme souvent, Hortense présente ici un visage inexpressif.
L’œuvre paraît inachevée, la partie inférieure est a peine brossée et une large place laissée à la préparation blanche. Elle a été arrêtée là, ce qui est fréquent chez Cézanne qui affichait ainsi son dédain vis-à-vis du "fini".

" Fruits serviette et boîte à lait " 1880-1881 . Huile sur toile : 60 x 73 ms

" Fruits serviette et boîte à lait " 1880-1881 . Huile sur toile : 60 x 73 ms

La nature morte regroupant quelques objets familiers disposés sur une table ou un coffre a servi à Cézanne de support à de multiples variations. Les motifs qui le composent - coffre, pommes et couteau - apparaissent à plusieurs reprises dans ses peintures, tout comme le papier peint. L’angle de vue inhabituel sur les objets figuré ici était à l’époque de Cézanne d’une nouveauté totale et même choquante. L’axe central dessiné par le verre et le fermoir du coffre est contrarié par le couteau et la répartition asymétrique des fruits, du pain et du broc. De même, le couvercle du coffre ne forme pas un angle véridique avec le mur.

Ce tableau paraît plus austère que d’autres natures mortes de Cézanne : les couleurs en sont plus sourdes, dans un dégradé de vert, et les lignes plus géométriques, accentuées par les motifs du papier peint.  Il s’agit cependant d’une parfaite illustration de ses recherches sur l’équilibre des formes.

Provenance : Ambroise Vollard, Paris ; Bernheim-Jeune, Paris ; Ambroise Vollard, Paris ;  Durand-Ruel, Paris ; Brown, Baden (?) ; Magda Mauthner von Markhof, Vienne ; Hugo Moser, Berlin ; galerie Thannhauser, Lucerne ; galerie S. Rosengart, Lucerne ; Max Silberberg, Breslau ; vente S. et S. (Silberberg et Simon), galerie Georges Petit, Paris, 9 juin 1932, n° 13, repr. cat., non vendu ; Paul Rosenberg, Paris ; collection particulière, Pays-Bas ; Domenica Walter.

"La barque et les baigneurs" Vers 1890 / Huile sur toile 30 x 125 cms

"La barque et les baigneurs" Vers 1890 / Huile sur toile 30 x 125 cms

Ce tableau de Cézanne n’a retrouvé son unité que tardivement en 1973, après avoir été coupé en trois parties pendant plusieurs décennies. Deux des parties avaient été cédées à l’Etat par Domenica, la veuve du marchand et collectionneur Paul Guillaume. Les musées nationaux ont eu la possibilité de racheter la partie centrale manquante en 1973 et l’œuvre a été reconstituée. Le format très particulier de la composition, tout en longueur, s’explique par la destination que devait avoir l’œuvre. Il s’agit en effet d’un projet de décoration qui devait prendre place dans l’appartement parisien de son commanditaire, l’important collectionneur Victor Choquet. Elle aurait du s’y intégrer avec son pendant La vasque au paon (collection particulière) comme dessus de porte.Cependant, selon Georges Rivière, à la mort de Choquet en 1891, les deux panneaux étaient encore inachevés. On retrouve ici le thème classique des baigneurs et des baigneuses qui traverse toute l’œuvre de Cézanne. Ceux-ci sont répartis de part et d’autre de la composition sur deux rives laissant la place entre les deux à l’eau et au ciel, ainsi qu’à une petite une barque amarrée sur la gauche et une grande barque voguant au centre de la composition. La toile évoque le thème de l’harmonie existant entre l’Homme et de la nature. A l’exception des décors muraux des "Saisons" que Cézanne avait réalisés jeune dans sa demeure familiale du Jas de Bouffan, près d’Aix-en-Provence, cette œuvre constitue un unicum puisqu’il s’agit du seul projet de décoration commandé et réalisé par Cézanne au cours de sa carrière. Provenance : Victor Chocquet, Paris ; vente Chocquet, Paris, Galerie G. Petit, 1er au 4 juillet 1899, n°19 ; J. Bernheim-Jeune, Paris ; collection Walter-Guillaume
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12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 23:37

                       Pierre-Auguste Renoir

 

                                D'abord peintre sur porcelaine, Auguste Renoir (1841 - 1919 ) est admis à l'Ecole impériale et spéciale des Beaux-arts. Avec Claude Monet, rencontré dans l'atelier privé de Charles Gleyre, Renoir découvre la peinture de plein air, éclaircit sa palette et anime sa touche en la morcelant

Claude Renoir en clown / 1909 / Huile sur toile : Hauteur 120 X 77 cms

Claude Renoir en clown / 1909 / Huile sur toile : Hauteur 120 X 77 cms

                                    En 1864, il expose au Salon officiel puis prend part deux premières expositions " impressionnistes " en 1874 et 1876 avec des sujets tirés de la vie contemporaine. Participant à nouveau au Salon, il y trouve enfin le succès

"Fleurs dans un vase " Huile sur toile

"Fleurs dans un vase " Huile sur toile

Suit une période dite " ingresque " où le modelé est plus précis. Régénérant une veine " classique" d'où toute secheresse est absente. Renoir peint des femmes opulentes, à la chair pulpeuse, de plus en plus sculpturales, groupées dans un luxuriant paysage, et adopte un style plus souple, conciliant ligne et couleur 

"Pêches " Vers 1881 - 1882 / Huile sur toile : 38 x 47 cms

"Pêches " Vers 1881 - 1882 / Huile sur toile : 38 x 47 cms

" Portraits de deux fillettes" 1890 - 1892 / Limoges 1841 Cagnes-sur-Mer 1919 / Huile sur toile

" Portraits de deux fillettes" 1890 - 1892 / Limoges 1841 Cagnes-sur-Mer 1919 / Huile sur toile

                               Les tableaux de Renoir occupaient la place d'honneur dans les appartements successifs du couple Guilaume, regroupés sur un large mur autour des jeunes filles au piano

 

 

 

 

 

 

                

" Jeunes filles au piano / Vers 1892 / Huile sur toile : 116 x 81 cms

" Jeunes filles au piano / Vers 1892 / Huile sur toile : 116 x 81 cms

"Cela me repose de peindre des fleurs. Je n’y apporte pas la même tension d’esprit que lorsque je suis en face d’un modèle. Quand je peins des fleurs je pose des tons, j’essaye des valeurs hardiment.", confiait Renoir à Georges Rivière. Ce chatoyant bouquet offre en effet des tonalités où dominent fortement le rouge, le vert et le jaune. L’arrière-plan est constitué d’un fond réalisé par de larges touches de rouge mêlées de beige sur lequel se détache un vase vert accueillant un généreux bouquet de tulipes et de fleurs multicolores. Cette toile aurait été peinte par Renoir à Cagnes, peu de temps après son installation définitive dans le midi de la France. Renoir a peint de nombreux bouquets de fleurs au cours de sa carrière. Ceux-ci ont été une joie pour lui jusqu’à la fin de sa vie. En effet en 1916 il déclarait encore au marchand Ambroise Vollard (1866-1839) devant un bouquet de dahlias : "Regardez Vollard – dit-il – n’est-ce-pas que c’est aussi brillant qu’une bataille de Delacroix ?" Le marchand et collectionneur Paul Guillaume fait l’acquisition de cette toile en 1929. Elle était restée dans l’atelier du peintre jusqu’à sa mort en 1919.

" Bouquet de tulipes" Vers 1905 - 1910 / Huile sur toile

" Bouquet de tulipes" Vers 1905 - 1910 / Huile sur toile

.Aline Charigot, (1859-1915), épouse de Renoir, appréciait comme lui les bouquets et en parsemait leurs différentes demeures. Ambroise Vollard (1866-1939), un des marchands de Renoir, rapporte dans sesMémoires que "... tout s’explique quand on a vu Mme Renoir veillant à tout, jusqu’aux pinceaux pour qu’ils fussent bien lavés et, dans des pots de terre vernissée, ces jolis pots qu’elle découvrait aux étalages, disposant elle-même des fleurs avec ce goût si sûr qui faisait dire à Renoir "Quand ma femme a fait un bouquet je n’ai plus qu’à le peindre". On retrouve effectivement ce pot vert dans cette toile. Un bouquet en forme d’étoile s’en échappe, où des coquelicots et des roses s’entremêlent à d’autres fleurs. Chaque espèce possède une forme et des couleurs différentes.
Les couleurs sont franches et les tons sont chauds. Le ton vert du vase, rappelé par les feuillages, tranche sur le fond bleu. Les fleurs rouges et jaunes sont tempérées par la rose très pâle sur la droite, mais rappellent le meuble brun sur lequel le vase est posé.
Cette œuvre de Renoir se rapproche aussi des natures mortes peintes dans les années 1860 et 1870 par Edouard Manet (1832-1883).

" Bouquet" Vers 1900 Huile sur toile / 40 x 33 cms

" Bouquet" Vers 1900 Huile sur toile / 40 x 33 cms

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7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 22:16

 

                                    André Derain

                                    Chatou 1880 - Garches 1954

                                     

Portrait de Paul Guillaume 1919 / Huile sur toile / Acquis en 1959 avec le concours de la société des amis du Louvre

Portrait de Paul Guillaume 1919 / Huile sur toile / Acquis en 1959 avec le concours de la société des amis du Louvre

 

                                         André Derain

                                         Portrait de Madame Paul Guillaume

                                        Au grand chapeau 

Huile sur toile 1928 - 1929

Huile sur toile 1928 - 1929

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3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 22:09

                                            Appartement de Paul Guillaume 

 

                                           21 Avenue Foch, Paris vers  1930 Modèle réduit au 50ème 

                                           Bois, résine, papier, feutrine, et couleurs. 

                                           Réalisation : Rémi Muvier 2006

                                           

                                            La Salle à manger

 

                                           Tableaux de Picasso Matisse Vlaminck

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                                      Intérieur de Domenica Walter

                                                              3 Rue du Cirque Paris Vers 1965

 

                                     Un coin de bibliothèque

 

                                                            Le mobilier original a été acquis avec la collection Jean Walter et Paul Guillaum. Les boiseries sont des copies à l'identique des boiseries originales.

 

Peintures de Derain : Poires et cruches . La danseuse. Nature morte champêtre . Nu au canapé

 

 

                              

 

 

 

                          

 

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 22:19

                                 Histoire de la collection Jean Walter-Paul Guillaume

 

 

 

 

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La collection Jean Walter et Paul Guillaume est l'une des plus belles collections europennes de peintures. Elle rassemble 146 oeuvres des années 1860 aux années 1930 . Elle fut principalement formée par Paul Guillaume, jeune français marchand d'art passionné. De 1914 à sa mort 1934 , il rassemble une collection extraordinaire de plusieurs centaines de peinture, impressionisme à l'art moderne, alliée à des piièces d'art africain. Devenu riche et célèbre de l'Europe jusqu'aux Etats-Unis il mourut en pleine gloire, en songeant à fonder un musée. Sa veuve Domenica, remariée à l'architecte Jean Walter, transforma et réduisit la collection, tout en faisant de nouvelles acquisitions elle souhaita lui donner le nom de ses époux successifs lorsque l'Etat français, s'en porta acquéreur à la fin des années 1950 . La collection fut dès lors destinée à être présentée au musée de l'Orangerie. Elle comporte actuellement pour la période impressionniste 25 oeuvres de Renoir, 15 de Cézanne, 1 oeuvre de Gauguin, Monet, Siseley. Le musée s'énorgueillit  pour le xvème siècle de présenter 12 oeuvres de Picasso, 10 oeuvres de Matisse, 5 de Modigliani, 5 de Marie Laurencin, 9 du Douanier Rousseau, 29 de Derain, 10 d'Utrillo, 22 de Soutine et 1 de Van Dongen

                                       

                                         Qui Dedicaverunt Quae Dediderunt

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 Ce qui signifie : Ceux qui ont consacré ces choses ,les ont livrées! Ou qui est dédié à ceux qui se sont rendus ! En d'autres termes " Ceux qui ont donné ces oeuvres les ont dédicacées "

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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 01:05
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Le musée de l’Orangerie abrite huit compositions des grands Nymphéas de Monet réalisées à partir de différents panneaux assemblés les uns aux autres. Ces compositions possèdent toutes une hauteur égale (1,97 m) mais sont de différentes largeurs afin d’être réparties  sur les parois courbes de deux salles ovoïdes. Rien n’a été laissé au hasard par l’artiste pour cet ensemble qu’il a longuement médité et dont l’installation s’est faite selon sa volonté en lien avec l’architecte Camille Lefèvre et avec l’aide de Clemenceau. Il prévoit les formes, les volumes, la disposition, les scansions et les espaces entre les différents panneaux, le parcours libre du visiteur par le biais de plusieurs ouvertures entre les salles, la lumière zénithale du jour qui inonde l’espace par beau temps ou au contraire se fait plus discrète lorsqu’elle est voilée par les nuages faisant ainsi vibrer la peinture au gré du temps…
L’ensemble est l’une des plus vastes réalisations monumentales de la peinture de la première moitié du XXe siècle et représente une surface d’environ 200 m2. Les dimensions et la surface couverte par la peinture environne et englobe le spectateur sur près de 100 mètres linéaires où se déploie un paysage d'eau jalonné de nymphéas, de branches de saules, de reflets d'arbres et de nuages, donnant l’"illusion d'un tout sans fin, d'une onde sans horizon et sans rivage" selon les termes mêmes de Monet. Les peintures et leur disposition font écho à l’orientation du bâtiment respectant les teintes de scènes de lever de soleil à l’est et de crépuscule à l’ouest matérialisant ainsi la représentation d’un continuum de temps dans l’espace. De manière symptomatique également la forme elliptique des salles dessine aussi en plan le signe mathématique de l’infini. Les Nymphéas de l’Orangerie ont parfois du faire face à différents évènements. Le toit de la seconde salle est notamment touché lors des bombardements de 1945 ainsi que l’une des compositions, tandis que les autres panneaux restent miraculeusement intacts.
La rénovation réalisée en 2006 a également permis de restituer l’état d’origine des salles des Nymphéasqui avait été perdu lors de travaux réalisés dans les années 1960 et qui avaient notamment obstrués la lumière naturelle voulue par Monet.

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Offerts par Claude Monet à la France le lendemain même de l'armistice du 11 novembre 1918, lesNymphéas sont installés selon ses plans à l'Orangerie en 1927, quelques mois après sa mort. Cependant, à cette date, l’ensemble ne rencontre pas l’enthousiasme du public. En 1927, en effet, l’impressionnisme semble discrédité par le renouveau de l’art prôné par les avant-gardes qui jalonnent ce début de XXe siècle : le fauvisme, le cubisme, le futurisme, dada, le surréalisme... Pendant plusieurs décennies le public va bouder les salles des Nymphéas. Le musée lui-même construira parfois des cimaises cachant l’œuvre de Monet pour réaliser des expositions temporaires.
Ce n’est qu’après la seconde guerre mondiale et notamment avec l’apparition d’un nouveau foyer de l’art moderne à New York qu’un regard neuf est posé sur l’œuvre du dernier Monet. Dans les années 1950, les signes d’un regain d’intérêt se multiplient, André Masson publie un article en 1952 comparant les salles de l’Orangerie à "la Sixtine de l’Impressionnisme", les collectionneurs privés commencent à acheter des toiles du cycle des Nymphéas restés dans l’atelier du peintre et surtout le MOMA de New York achète et expose également l’une de ces grandes toiles en 1955. De nombreuses similitudes formelles sont dès lors mises au jour entre l’art abstrait de l’École de New York qui caractérise la production artistique depuis la fin des années 1940 aux Etats-Unis (Pollock, Rohtko, Newman, Still...), ainsi qu’avec l’abstraction lyrique en Europe et les réalisations du vieux maître. En effet les Nymphéas de Monet apparaissent comme l’acte de naissance en occident d’une peinture décentrée, ou aucune partie du tableau n’exerce de primauté sur l’autre, créant une peinture All Over. Le critique d’art américain Clément Greenberg relève cette filiation faisant de l’œuvre testament de Monet le ferment d’une peinture nouvelle.
La fascination exercée par les Nymphéas sur le public et sur les artistes ne s’est pas démentie avec les générations suivantes. On peut citer entre autres Joan Mitchell, Riopelle, Sam Francis... Mais au-delà duAll-Over, Monet invente également quelque chose qui aujourd’hui nous semble familier mais qui pour l’époque est tout à fait précoce, la notion d’environnement, qui irrigue tous les courants de l’art jusqu’à nos jours, du minimalisme aux générations les plus contemporaines. De nombreuses réalisations d’artistes créant un espace dédié à la contemplation de l’art peuvent également apparaître en filiation avec les Nymphéas de l’Orangerie. On pense notamment à la chapelle Rothko à Houston, aux Stations de la Croix de Barnett Newman à la National Gallery de Washington ou encore à La Bataille de Lépantede Twombly au musée Brandhorst de Munich...

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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 00:31

                                           Les Nymphéas

 

Offerts par le peintre Claude Monet à la France le lendemain même de l'armistice du 11 novembre 1918 comme symbole de la paix, les Nymphéas sont installés selon ses plans au musée de l'Orangerie en 1927, quelques mois après sa mort. Cet ensemble unique, véritable "Sixtine de l’impressionnisme", selon l’expression d’André Masson en 1952, offre un témoignage de l’œuvre du dernier Monet conçu comme un véritable environnement et vient couronner le cycle des Nymphéas débuté près d’une trentaine d’années auparavant. L’ensemble est l’une des plus vastes réalisations monumentales de la peinture de la première moitié du XXe siècle. Les dimensions et la surface couverte par la peinture environnent et englobent le spectateur sur près de cent mètres linéaires où se déploie un paysage d'eau jalonné de nymphéas, de branches de saules, de reflets d'arbres et de nuages, donnant "l’illusion d'un tout sans fin, d'une onde sans horizon et sans rivage" selon les termes mêmes de Monet. Ce chef-d’œuvre unique ne connaît pas d’équivalent de par le monde.

Musée de l'Orangerie
Auguste Rodin Paris 1840 / George Clemenceau 1911 Bronze / Fonte au sable Rudier 1959 / Dépôt Musée Rodin

Auguste Rodin Paris 1840 / George Clemenceau 1911 Bronze / Fonte au sable Rudier 1959 / Dépôt Musée Rodin

C’est en 1914, à l’âge de 74 ans, alors qu’il vient de perdre son fils et qu’il a cessé de croire en l’avenir que Monet sent renaître le désir "d’entreprendre de grandes choses" à partir de "tentatives anciennes". En 1909, il déclarait déjà à Gustave Geffroy  vouloir transposer le thème des nymphéas "le long des murs". En juin 1914, il écrit qu’il a "entrepris un grand travail". Cette entreprise l’absorbe durant plusieurs années semées d’obstacles et de doutes pendant lesquelles l’amitié et le soutien d’un homme s’avèrent décisifs. Il s’agit de l’homme politique Georges Clemenceau. Ils se rencontrent dès 1860, se perdent de vue et se retrouvent notamment à partir de 1908, lorsque celui-ci acquière une propriété près de Giverny, à Bernouville. Monet partage avec Clemenceau des idées républicaines et l’on connaît par ailleurs le goût prononcé pour les arts de Clemenceau. Pendant la guerre, Monet poursuit son travail en alternance en plein air, quand la saison s’y prête, et dans le grand atelier qu’il s’est fait construire en 1916 bénéficiant d’une lumière zénithale. Le 12 novembre 1918, au lendemain de l’armistice, Monet écrit à Georges Clemenceau : "Je suis à la veille de terminer deux panneaux décoratifs, que je veux signer du jour de la Victoire, et viens vous demander de les offrir à l’Etat, par votre intermédiaire." L’intention du peintre est donc d’offrir à la Nation un véritable monument à la paix. À cette date, alors que la destination de l’ensemble décoratif restait encore indéfinie, il semble que Clemenceau arrive à persuader Monet d’étendre ce don de deux panneaux à la totalité de l’ensemble décoratif. C’est en 1920 que la donation prend une forme officielle et aboutit en septembre  à un accord entre Monet et Paul Léon, le directeur des Beaux-Arts pour le don à l’État de douze panneaux décoratifs, à charge pour celui-ci de les installer selon les directives du peintre dans un édifice spécifique. Cependant, Monet, en proie au doute, retravaille sans cesse ses panneaux et en détruit même certains. L’acte de donation intervient le 12 avril 1922 pour 19 panneaux, mais Monet, insatisfait, souhaite toujours plus de temps pour parfaire son œuvre. Clemenceau a beau lui écrire la même année "vous savez fort bien que vous avez atteint la limite de ce que peut accomplir la puissance de la brosse et du cerveau", Monet les conservera finalement jusqu’à sa mort en 1926. Son ami Clemenceau mettra alors tout en œuvre pour que les salles des Nymphéas soient inaugurées strictement selon la volonté de Monet.

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21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 19:42
Jean-Eugène Bersier " Port d'Alger, Ville d'Alger" Gouache sur carton 35 x 25,5 cms

Jean-Eugène Bersier " Port d'Alger, Ville d'Alger" Gouache sur carton 35 x 25,5 cms

                                    Jean - Eugène Bersier

Paris 1895 Saint-Barthélémy-d'Anjou 1978

                                     Bersier est né sociétaire de la Société des Peintures et Graveurs français, puis il enseigne à l'Ecole Estienne, avant d'être nommé chef d'artistes pour la gravure à l'eau-forte aux Beaux-Arts de Paris . Il expose à la nationale, aux salon des Tuileries et aux indépendants à partir de 1935, la galerie Marcel-Guiot le représente à partir de 1947. La bourse Abd-el-Tif lui est attibuée en 1942. Il voyage en Algérie, dessine et peint les paysages à l'huile, à la gouache et à l'aquarelle. Il devient docteur de l'Université d'Alger avec une thèse sur la peinture hollandaise. Il est nommé professeur de gravure aux Beaux-Arts d'Alger en 1947 et intervient comme conseiller pour le cabinet des escampes à partir de 1950. Il illustre avec Etienne Bouchaud et Corneau le livre Georges Marçais "Ville et Campagnes d'Algérie ( imprimerie nationale, Paris 1958 ) Oeuvres au musée d'Alger : plusieurs huiles et aquarelles, notamment "Alger vue des terrasses d'Abd-el-Tif". "La Place du Gouvernement". "Le Mont-Temple à Tipasa",une série de gravures et d'eaux-fortes. Les musées d'Oran et de Constantine possédaient également des oeuvres. Au musée de Mulhouse : "Les toits rouges du Port d'Alger", au musée d'Art et d'Hidtoire de Bellort : " Le Vieux Palais derrière l'Amirauté", "l'Amirauté d'Alger", "Dans la Casbah d'Alger","La Préfecture de Bellort : Paysage d'Alger

 

                                                

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17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 01:27
Armand Assus / Esquisse pour la fresque du Foyer civique/ Huile sur toile 70 x 270 cmq

Armand Assus / Esquisse pour la fresque du Foyer civique/ Huile sur toile 70 x 270 cmq

                                              Armand Assus

 

 

                                             Alger 1892 - Antibes 1977

                                            Formé par son père, il entre dès 1905 aux Beaux-Arts d'Alger et étudie avec Hippolyte Dubois, puis avec Cauvy et Rochegrosse. Il poursuit ses études artistiques à Paris dans l'atelier de Cormon. Gide l'aide à obtenir sa première exposition à la galerie Druet en 1919, année où il obtient un Second Grand Prix de Rome. Assus travaille pendant plus de vingt ans à Paris , mais garde son coeur pour sa ville natale où il revient chaque année.Il reçoit des commandes pour des édiffices publics , notamment celle de huit panneaux décoratifs pour le foyer civique d'Alger,où pendant cinq ans il couvre 120 metres carrés sur le thème de la danse . Parmi ses oeuvres au musée d'Alger : Port d'Alger, Square Bresson, Alger, Rue de Chine, Le Naguilé, Jeune mauresque assise, Portrait de Benaboura, ainsi que des intérieurs et des paysages de France

Zoomez sur la fresque c'est mieux!

 

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4 août 2016 4 04 /08 /août /2016 21:48
Jean de Maisonseul "Chambre à Sidi -Ferruch" Alger 1945 , Huile sur contreplaqué 183,5 x 103,5 cms

Jean de Maisonseul "Chambre à Sidi -Ferruch" Alger 1945 , Huile sur contreplaqué 183,5 x 103,5 cms

                                          La tentation de l'abstrait

 

                                                         Quelques artistes, nés autour de 1910, céèrent à Alger un intérêt pour un art moderne et entretinrent un courant d'échanges fécond par leurs allées et venues entre Paris et Alger. Jean Simian, René-Jean Clot et Jean de Maisonseul, tous les trois nés à Alger ou dans sa région, furent les initiateurs talentueux d'une figuration différente ou d'une abstraction sensuelle vers laquelle s'engouffrèrent plus tard les Nallard, Manton, Bouqueton,Guermez, Bouzid, et les autres artistes arabo-berbères, pour lesquels elle était proche de leur héritage culturel...

Mohamed Bouzid "Le Mouton rétif" Huile sur toile 37 x 45 cms

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