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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 22:37
Tedeschi Marguerite "Femmes de Aît Hachem", Kabylie 1913, Huile sur toile 80 x 100 cms

Tedeschi Marguerite "Femmes de Aît Hachem", Kabylie 1913, Huile sur toile 80 x 100 cms

                         Tedeschi Marguerite

 

Maison -Lafite 1879-Palma ( Baléares ) 1970

 

Elle suit les cours de l'académie Julian au début des années 1900, en 1911 part pour le Sud algérien, travaille à Bousaâda et Ghardaîa . Elle parcourt la Kabylie en 1912- 1913, participe au salon des Artistes algériens et orientalistes de 1913 à Alger. Elle épouse en mars 1919 Mehana Abdesselam avocat à la Cour d'Appel d'Alger puis Paris. Elle ne peint plus après 1920, mais ses toiles des années 1911 à 1914 dans les oasis et en Kabylie representent d'interressants morceaux de peintures de moeurs

 

                                         

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24 juin 2016 5 24 /06 /juin /2016 00:24
Eugène Delacroix ,"Femme arabe assise à terre , et études des boutons , études pour les femmes d'Alger" vers 1833 - 1834 pastel sur papier beige , Louvre DAG photo RMN / Micheèle Bellot

Eugène Delacroix ,"Femme arabe assise à terre , et études des boutons , études pour les femmes d'Alger" vers 1833 - 1834 pastel sur papier beige , Louvre DAG photo RMN / Micheèle Bellot

                           Delacroix , Chassériau et Fromentin

 

Ces trois artistes, " un génie et deux grands peintres " , ont ressenti et retransmis un même enthousiasme pour l'Algérie et ses habitants. Certes, pronfondément imprégnés de la culture de leur époque, tous trois virent les choses au travers d'une intellectualité particulière, mais la volonté d'observation qu'ils appliquèrent à la découverte d'un monde si différent du leur n'en demeurera pas moins exemplaire

                                Delacroix, en 1832, avait pour destination le Maroc où il resta cinq mois et dont il rapporta de quoi féconder son oeuvre à venir. Ce fut pour lui, " une foudroyante révélation qui devait illuminer toute sa vie."

                               Trois brèves journées à Alger, pendant lesquelles il put pénétrer dans un harem, lui suffirent pour imaginer ce qui deviendrait les femmes d'Alger, l'un des chef-d'oeuvre de la peinture une icône admirée au même titre que la "Joconde" . Par l'intime symbiose qui s'instaura entre le peintre et ses modèles, un monde d'intentions et de sous-entendus affleurait sur la toile. Les dessins préparatoires du tableau montrent bien à quel point " "l'artiste a tenu à échapper à l'exaltation pour se retrouver en un équilibre unique, impressionnant, débordant de vie continue, tout intime, tout intellectuelle" Tous les croquis, toutes les aquarelles de ce séjour le disent comme son journal ou ses lettres. Delacroix ne cherchait pas le sujet, mais l'âme des gens et des choses, l'essentiel l'intemporel. Avec ses carnets, dans lesquels il jeta son " impression jaillit toute neuve et toute frémissante".Il fit autant que dans ses oeuvres les plus importants et " rien dans l'histoire de l'orientalisme ne peut être comparé à cette série de notations générales où revit toute une civilisation " Fromentin après avoir vécu sa propre éxistence, confirmait qu'il fut " le vrai maître, le souverain traducteur de la grâce et de la force arabe "

Théodore Chassériau : Jeune taleb assis / Huile sur panneau 1850  / 13,5 x 13,2 cms courtoisie Etude Briest

Théodore Chassériau : Jeune taleb assis / Huile sur panneau 1850 / 13,5 x 13,2 cms courtoisie Etude Briest

 

                                             Chassériau et Fromentin effèctuèrent le voyage en Algérie la même année, 1846, à peine âgés de 25 et 26 ans , et se passionnèrent pareillement pour le pays qui marqua l'ensemble de leur oeuvre . Leurs tempéraments si différents transpassaient dans leurs toiles, où il se lit un idéal sous-jacent qui transmute la réalité du pays en une vision poétique : recherche d'une antiquité virgilienne ou biblique chez Fromentin, d'un hellénisme mélancolique chez Chassériau. Tous deux furent animés par le désir sincère de comprendre le pays et ses habitants.

                                             Chassériau, déjà dispose par ses origines créoles à ressentir les attraits de l'éxotisme, enrichit en Algérie " sa concentration de la couleur sans guère modifier son idéal féminin /.../ On le voit évoquer un Orient coloré et d'une humanité étrange qui mêle les traditions grecques, les souvenirs africains et l'Asie mystérieuse

                                          De Constantine, en mai 1846, le peintre écrivait à son frère : " Le pays est très beau et très neuf. Je vis dans le "Mille et une Nuits" Je crois pouvoir en tirer un vrai parti pour mon art." Il peignit les chasses et des chefs maures se défiant avant le combat, ou ces " cavaliers arabes enlevant leurs morts" qui figurent parmi ses chefs-d'oeuvres. L'un des premiers , il observa le quotidien : les marchés aux chevaux, les abreuvoirs, les campements , la vie familière dans les intérieurs où les femmes filent la laine et bercent leur enfant, les réunions de danse où l'école coranique. Comme Delacroix il ouvrit ses carnets d'animations fébriles et consigna les sujets qu'il aurait aimé traiter par la suite, s'il n'était mort prématurément.

                                                 Fromentin désirait vraiment pénétrer dans l'intimité du peuple et exprimer l'originalité du Maghreb. Il reprochait aux artistes qui venaient en Algérie d'y faire un simple voyage d'exploration et de ne rendre que l'apparence des choses, de se laisser séduire par le côté pittoresque et d'en ignorer l'essence profonde . Il affirma avec force sa détermination. Parlant de cette " terre étrangère où jusqu'à présent je n'ai fait que passer" , il décidait " cette fois, je viens y vivre et l'habiter, c'est à mon avis le meilleur moyen de beaucoup connaître en voyant peu, de bien voir en observant souvent...J'y prendrai des habitudes qui seront autant des liens plus étroits pour m'attacher à l'intimité des lieux. Je veux planter mes souvenirs comme on plante un arbre, afin de demeurer de près ou de loin enraciné dans cette terre d'adoption" La nouveauté de sa vision provoqua une sorte de révolution.

                                                La publication en feuilleton de son " Année dans le Sahel " dans la " Revue des deux mondes " en 1858, suscita bien des départs et son anlyse de la vie et de la lumière du Sud algérien dans " Un été au Sahara ", modifia la perception générale de cette région. Les deux oeuvres restent " Les synthèses le plus intelligentes et les plus riches de sensibilité que l'on ait consacrées aux aspects divers de la civilisation et du pays algérien" On reproche généralement à sa peinture d'être forte que ses textes littéraires , et lui-même reconnaissait dans l'une de ses lettres : " Je vois joli et pas grand ; c'est peut-être tous mes défauts celui qui me désole le plus, parce que c'est un défaut de la nature qui ne sera jamais tout à fait corrigible. Il développe en effet, le côté tendre et élégant de son talent en essayant " d'analyser les effets de transparence de l'atmosphère et de se donner une certaine distinction aux scènes orientales, distinction de tous, de composition et d'attitudes"

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19 juin 2016 7 19 /06 /juin /2016 16:57
Emile Deckers : "Le café sur les terrasses" Alger / huile sur toile  : 82 x 91 cms

Emile Deckers : "Le café sur les terrasses" Alger / huile sur toile : 82 x 91 cms

                                         Les terrasses où il fait bon vivre

 

Les terrasses sont omniprésentes à Alger. Celles de la ville ancienne apparaissent uniques en leur jour.

                                       "On dirait une carrière de moellons à ciel ouvert, un immense tas de pains de blanc d'Espagne" écrivait Théophile Gautier

                                        La construction trè particulière des maisons de la médina fut déterminée par le site des collines qui imposait l'étagement en gradins, par la necessité de protéger la cité à l'intérieur de remparts, mais aussi par le mode traditionnel musulman qui enferme la vie domestique et la protège du regard extérieur. "Comme les Maures ne veulent pas que leurs femmes ou leurs filles voient au-dehors ou soient vues, ils ne font pas ouvrir les fenêtres sur les rues.

                                        Dans ces maisons, qui ignorent donc les fenêtres et balcons et ne reçoivent le jour à l'intérieur que par l'ouverture d'un patio central inspiré des traditions aussi bien arabo-andalouse que romaine, la terrasse apporte aux femmes confinées une possibilité de séjour à l'extérieur en toute liberté. Elle se substituait en outre à la rue réduite au minimum, parfois engloutie sous des voûtes et pratiquement réservée aux hommes

                                       Toutes les habitations se rejoignant plus ou moins en hauteur, la surface des terrasses juxtaposées se trouvait parallèle à celle du sol, et fournissant une sorte de réseau de circulation, une promenade pour les femmes : Au matin notamment la cité étant orientée vers l'est, le lever de soleil sur la mer offre le plus beau des spectacles.

                                     Le climat qui permit de remplacer les toits de tulies berbères par la couverture des terrasses favorisa le rôle social de cette" cité aérienne"

                                     En l'absence des jardins dans la ville ancienne, les uns et les autres eurent la possibilté de se retrouver à l'air libre et de jouir des moments de fraîcheur autant que de la vue. Un grand nombre d'activités familiales et domestiques trouvèrent tout naturellement leur place sur cet espace de vie privlégiée, en dehors des heures de forte chaleur

                                  La grâce toute spéciale des terrasses du vieil Alger vient enfin des ornements : les dômes qui coiffent les salles à coupoles et le haut des escaliers les parapets protecteurs et surtout les merlons des cheminées en forme de piques," ces cylindres de poterie terminés en bulbes à jour"

                                  Dansla journée, ces terrasses sont avant tout le domaine des femmes qui y vivent à leur guise et loin des regards...Elles y puisent "leur part de rêverie et d'espérance", en contemplant du haut de cet observatoire stratégique, l'arrivée des vaisseaux au temps des corsaires...

                                   Sur les terrasses, les Algéroises se distraient avec leurs parents et leurs voisines, lorsque la chaleur décline, pour bavarder, se délasser, prendre un café...tout en grignotant les délicieuses pâtisseries orientales exposées sur les plateaux en cuivre qui garnissent les tables basses polygonales ,les traditionnelles "imaada" en bois de cèdre

                                     Quel plaisir que de peindre ces femmes aux costumes chatoyants; qui ont peu varié au fil du temps: sarrouals, longues vestes à basques ou caracos à la taille, foulards brillants dans les cheveux ou autour des reins

                                   Emile Deckers, brillant portraitiste parlait en connaisseur de cette fantaisie et notait son impression très gracieuse, sur les terrasses de la haute ville avec les Algéroises rieuses, tout en fôlatrant en rose en vert sur le blanc à peine bleuté...

 

 

 

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13 juin 2016 1 13 /06 /juin /2016 02:54

                                 La gloire de la Baie

 

Quelques mots de géographie s'imposent, pour situer le décor et mieux lire les tableaux concernés à " cette blanche Alger " adossée à sa montagne, les pieds et la tête baignant dans un éternel azur

Le golfe qui l'accueil est immense, d'une forme demi-circulaire parfaite. On a pû le comparer à un arc, à un croissant, à une faucille, ou encore à une corne d'abondance .

La ville ancienne a été édifiée sur la chaîne de collines du Sahel, dont les mamelons en pente douce représente " comme la dernière marche du gigantesque escalier formé par les bourrelets successifs de l'Atlas. Ces collines qui se chevauchent dans un joyeux enchevêtrement, sont données par le petit massif de la Bouzaréah ( la montagne aux graines, que l'on  orthographiait Bouzaria sur les vues anciennes de la ville ), dont les roches escarpées se jettent abruptement dans la mer. D'où la construction en gradins et la forme triangulaire de l'El Djezair , à l'intérieur de ses remparts, battus par les flôts dans leur partie maritime.

                      La Pointe Pescade et le Cap Matifou ferment la côte ouest de la Baie. A l'est, s'étire une étroite plaine côtière de 12kms avant de déboucher sur la vaste Mitidja , grenier à blé Rome puis marécage insalubre avant d'être transformée en magnifiques terres à cultures, encadrée par l'Atlas de Blida, dont les sommets tutélaires de Bouzagza aux crêtes dentelées et du Djurdjura kabyle aux neiges éternelles semblent ventiler sur la ville. La côte orientale de la baie se termine au Cap Matifou

                     La ville moderne, développe tout à la fois en longueur, sur la zone plate de la côte, et en hauteur, sur la colline. " Il n'y a certainement pas plus d'un kilomètre entre le bord de l'eau et le pied de la colline contre laquelle les maisons s'élèvent en étages, expliquait le" guide Choflier ", en 1929, chacune cherchant à voir par-dessus la tête de sa voisine pour contempler un peu de l'horizon méditerranéen"

                       " L'envergure du golfe, écrivait Louis Bertrand, la courbe parfaite des rivages, la grandeur un peu théâtrale de cette ville en amphithéâtre comme en parade devant son miroir d'eau, tout cela compose un ensemble unique.

                     Théophile Gautier avait bien relevé la difficulté lorsqu'il s'exclamait : " Quel admirable horizon que la mer vue d'en haut !La peinture n'en a jamais donné l'idée. C'est trop grand et trop simple.

 

                                                Collines et vallons

 

                        Certains paysagistes de métiers, étonnés et comblés par cette terre tout en contrastes, se passionnèrent à représenter la végétation, qui embellissait les environs de la ville. Quelques personnages de façon presque insolite dans la nature majestueuse . Contre les teintes fauves des collines brûlées par le soleil, devant le bleu invariable du ciel et de la mer, se détachent les bosquets de pins émeraudes encombrés de roches rouges, les oliviers au gris bleuté, et ces plantes aussi nouvelles que magnifiquement graphiques, les agaves, les nopales, les palmiers nains.

                        

   

 

 

Francisque Noailly Alger 1896  / Huile sur toile / 120 x 80 cms

Francisque Noailly Alger 1896 / Huile sur toile / 120 x 80 cms

                                Clarté

 

L'aptitude d'Albert Marquet à simplifier le paysage traça une voie nouvelle. Il se promena avec son chevalet sur toutes les hauteurs d'Alger. Du balcon de Saint-Raphael à El biar , la baie s'offrait à son étendue vers l'est; en descendant du haut du chemin Laperlier, il plongeait sur le bassin d'Alger et sur " les falaises de maisons nouvelles " qui regardaient le port; depuis le Parc Gatliff, sur les frondaisons du Palais d'Eté 

 

 

 

Albert Marquet / Laperlier / Huile sur toile / 33 x 41 cms : 1939

Albert Marquet / Laperlier / Huile sur toile / 33 x 41 cms : 1939

                 De sa maison Montplaisant il  voyait les collines et les vallons précédant les immeubles de Bab-el-Oued et, toujours la mer dans le lointain. Sous la lumière de midi il dégageait les lignes essentielles , n'hésitait pas à prendre en premier plan les toîts de tuiles rouges , ou les grosses bâtisses cossues du quartier Laperlier. C'est lui encore, qui ouvrit les persièennes  de sa fenêtre sur la baie, un cyprès ou un vase de fleurs au premier plan, à l'instar de son ami Matisse à Tanger                                       

Léon Carré / Paysage de Bouzaréa, technique mixte sur carton / 36 x 48 cms

Léon Carré / Paysage de Bouzaréa, technique mixte sur carton / 36 x 48 cms

                           La génération des années 1930 confirma le besoin de recherches plastiques nouvelles et le désir de s'approprier le site au travers d'un regard créateur, afin de faire oeuvre personnelle et non plus pittoresque ou documentaire. Le goût général portait vers ce que l'on pouvait appeler " La manière claire ", la luminosité résultant des couleurs elles-mêmes et non d'un coup de projecteur artificiel.

                                 Etienne Chevalier imposa une vigueur bien particuliaire, qui l'amena à laisser les arbres tout en torsion contre des ciels nuageux ou des mers tour à tour argentées et vert de gris. Il sut lui aussi faire chanter le gris mauve des montagnes lointaines derrière des feuillages surprenants.

 

                                        Azouaou Mammeri restitua très justement la lumière méditerranéenne , en large plages de couleurs uniformes distribuées de manière à faire ressentir la force de la monture...

                         

Léon Carré / Sahel, matin de printemps / Huile sur carton /  36 x 44,5 cms

Léon Carré / Sahel, matin de printemps / Huile sur carton / 36 x 44,5 cms

Francis Harburger / Panorama de Sain-Raphael / juillet 1944 . Huile sur toile : 46 x 55 cms

Francis Harburger / Panorama de Sain-Raphael / juillet 1944 . Huile sur toile : 46 x 55 cms

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5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 00:00
Maurice Denis / Devant le Port d'Alger , aquarelle, carnet de voyage en Algérie 1921

Maurice Denis / Devant le Port d'Alger , aquarelle, carnet de voyage en Algérie 1921

                       Maurice Denis 

 

Croqua son carnet d'aquarelles en 1921, la scène familière des vieux sages devisant tranquillement au-dessus des cheminées rouges des navires en partance...

Jean Bouchaud / Le Balcon du Port 1928 : Aquarelle gouachée

Jean Bouchaud / Le Balcon du Port 1928 : Aquarelle gouachée

Marius de Buzon / La Kémia , port d'Alger

Marius de Buzon / La Kémia , port d'Alger

                             Marius de Buzon

 

Il eut l'idée originale de fixer sur la toile le tableau sympathique des manoeuvres avalant la Kémia entre deux bâteaux

                

 

 

 

 

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4 juin 2016 6 04 /06 /juin /2016 21:57

                             Indissociables , le Port et le ville

 

                                                        Vues d'ensemble

                                                      

Il est précieux de trouver sous le pinceau habile de Théodore Gudin , une vision d'ensemble de la ville et le port. Exécutée avec précision et sensibilité, sa grande aquarelle restitue sans doute très exactement l'aspect extérieur de la ville, l'extraordinaire triangle en forme de voile latine, posée " comme l'aile blanche d'une mouette"sur les collines vert tendre. Le fort de la citadelle du Dey, la Casbah qui donna son nom au reste de la ville arabe, dominait les remparts sur la droite, et dans le lointain, sur une colline que le peintre rendit plus haute que nature, se dressait le Fort l'Empereur, construit sur l'emplacement stratégique où Charles Quint posa sa tente pour diriger le siège de la ville. 

A l'extérieur des remparts, sur le côté droit, l'importante "Zaouia" de Sidi Abd-er-Rahmane émerge au milieu des arbres, au-dessus du quartier de Bab-el-Oued. On perçoit dans cette oeuvre combien El-Djazair était resserrée dans ses murailles, et combien son port se trouvait à l'étroit derrière l'abri de son unique jetée.

Lorsqu'une quarantaine années plus tard Coulange - Lautrec peignit sa grande toile panoramique, il mit l'accent sur la hauteur de cette jetée et sur l'imposante tour de l'Amirauté, sentinelle d'un port longtemps inexpugnable. 

La tour octogonale, qui portait un fanal à son faîte pour éclairer la darse, fut élevée sur la base de la forteresse du Penôn par un successeur de Kheir-Eddine. L'ensemble du "Bordj el Fanar" ( ou Château du phare) fut munit de cinq étages de feux par le dernier dey d'Alger, et reçut le phare actuel de la Marine française en 1834

 

                                  

Théodore Gudin Alger en 1830 / Aquarelle , 19 x 27 cms

Théodore Gudin Alger en 1830 / Aquarelle , 19 x 27 cms

Alphonse Rey / Bureaux et Fontaine de l'Amirauté, 1912 , aquarelle sur carton, 27 x 46 cms

Alphonse Rey / Bureaux et Fontaine de l'Amirauté, 1912 , aquarelle sur carton, 27 x 46 cms

                                            Amirauté

 

Le Bordj el Coptan, ou château de l'Amiral, aurait été construit après 1810 par le Dey Hussein. Il servait de logement au Coptan Raîs , maître de port. Les voûtes qui supportent le pavillon furent élevées avec les pierres de l'antique cité de Rusgunia située vers le cap Matifou, que les Turcs n'avaient céssé d'exploiter.

La décoration intérieure comportait des plafonds de bois sculpté et enliminé, des plâtres ciselés et des faîences anciennes, et dans une belle cour à colonnes se trouvaient encore quatre fontaines de marbre. A côté s'élevait la demeure du ministre de la Marine, l'Oukil el Hardj.

Sous les voûtes du pavillon était aménagée la cale.

A la fin du xix ème siècle trois voûtes supplémentaires furent construites devant les deux d'origine, afin d'agrandir, pour les besoins des commandants de la marine et du port, les appartements et les bureaux du premier étage. Elles donnèrent aux bâtiments l'aspect qu'on peut leur voir sur la majorité des tableaux modernes et qu'ils ont conservé jusqu'à ce jour.

La darse qui acceuille les bâtiments de l'Amirauté constituait la totalité du port Barbaresque. Du fait de son peu de profondeur, après les travaux d'agrandissement du port moderne, elle devint un paisible bassin pour les barques de pêche et le sport nautique...Avec" son ensemble de Palais et de fortins qui se mirent dans l'eau en une palette multicolore dont les nuances changent quotidiennement", ce coeur historique du port et de la ville a fasciné tous les peintres d'Alger.

                                        Parmi ceux qui l'ont le plus souvent contemplé : 

Maurice Bompard / Vue sur l'Amirauté depuis la Pêcherie/ Huile sur panneau / 46 x 37 cms

Maurice Bompard / Vue sur l'Amirauté depuis la Pêcherie/ Huile sur panneau / 46 x 37 cms

                                                 Maurice Bompard

 

Qui délaissa exceptionnellement le Sud pour livrer sa très belle version en perspective fuyante...

Léon Cauvy / Devant la darse / Huile sur toile / 65 x 100 cms

Léon Cauvy / Devant la darse / Huile sur toile / 65 x 100 cms

                                 Léon Cauvy

 

Il faut réserver une place à part à Léon Cauvy, qui s'empara du cadre emblématique des bâtiments anciens pour y recréer une vie évocatrice de leur histoire. Tantôt choisissant les hauts voiliers qui parlent d'aventure tantôt plaçant sur le môle, dans un amalgame de son cru, la cohue colorée des marchands venus du bled pour vendre leurs denrées. Il composa des scènes reconnaissables entre toutes. Les femmes voilées tenant leurs enfants par la main, les hommes et larges chapeaux de paille menant leurs moutons, apportaient peut-être artificiellement l'atmosphère orientale, mais l'imagination trouve son compte dans ces créations agréables à l'oeil 

Léon Cauvy a saisi l'instant à la hâte dans des petits canots pour aller se baigner un peu plus loin en longeant la jetée. On les dirait sortis tout droit d'un livre de Camus, enfant pauvre du quartier populaire de Belcourt, qui raconta à diverses reprises ses escapades de lycéen amoureux du soleil et de la mer.

Alexandre Rigotard / La Barque, Amirauté d'Alger 1910 / Huile sur toile 38 x 55 cms

Alexandre Rigotard / La Barque, Amirauté d'Alger 1910 / Huile sur toile 38 x 55 cms

                                  Alexandre Rigotard

 

 " Le spectateur assis de la vieille darse", fût l'un de ceux qui en évoqua le mieux la vie quotidienne les pêcheurs et recherchant les effets du soleil sur l'eau entre les barques.

Benjamin Saraillon/ Le Départ des Pêcheurs / Huile sur panneau / 22 X 44 cms

Benjamin Saraillon/ Le Départ des Pêcheurs / Huile sur panneau / 22 X 44 cms

                                      Benjamin Saraillon 

 

Il illustra avec fraîcheur les activités habituelles

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28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 01:05
Moammed Racim, Femmes à la cascade , miniature enluminée / 29,5 x 23,5 cm

Moammed Racim, Femmes à la cascade , miniature enluminée / 29,5 x 23,5 cm

                                     La renaissance des arts anciens

 

Mohammed Racim fit revivre en Algérie l'art très ancien de la miniature en l'enrichissant d'un souffle nouveau. Il aurait suivi la voie artisanale de son père et de son oncle, qui tenaient dans la Casbah un atelier renommé d'enluminure et de sculpture sur bois, s'il n'avait l'opportunité d'étudier la miniature persane dans son premier emploi, puis celle d'être remarqué par Dinet qui lui confia l'ornementation de sa "Vie de Mahomet", ce qui lui valut par la suite d'être appelé à enluminer le texte des "Mille et une nuits" du docteur Mardrus, illusté de compositions de Léon Carré. Il put également découvrir l'art musulman de l'âge d'or en Andalousie. A patir d'une synthèse de ces traditions orientales, enrichie par la science du volume et du clair-obscur des maîtres européens, Racim atteignit son but, celui de créer pour l'Algérie, selon ses propres paroles, "un procédé de l'enluminure inspiré de l'Orient et cependant donnant l'impression de la vie intense".Il se consacra à representer la "Vie musulmane d'hier - titre d'un  recueil de ses peintures - , avec tous les aspects de son histoire et de ses distractions, créant ainsi un répertoire traditionnel pour l'art algérien. 

Le travail de Racim fut perpétué par un enseignement régulier donné dans le cadre de l'Ecole Natinnale des Beaux - Arts d'Alger. Parmi ses élèves Mohmmed Temmam, le plus repésentatif des peintres traditionnels des années trente, et Mohammed Ranem, conservèrent son esprit et son style, pour illustrer les "faits et les gestes quotidiens, les couleurs chatoyantes de la vie locale". Le premier se rapprochant d'un certain naturalisme, et le second s'orientant davantage vers une éxécution proche de la miniature des maîtres anciens. Ali Ali-Khodja son neveu, continua tout d'abord la tradition avec Oma Racim, professerur d'enluminure, puis représenta des scènes champètres et des scènes d'intérieures algérois avant de se diriger vers l'abstraction. Bachir Yellès se recommanda dans ses débuts de l'école de Racim, mais il s'évada vers une peinture de chevalet influencée par les tendances européennes, gardant toutefois le jeu de l'arabesque et le sens du coloris proprement orientaux

Edmond Tiffon, né près d'Alger, fut un élève de Mohammed Racim et travailla étroitement avec le frère de celui-ci, Omar, en se spécialisant surtout dans le dessin, la lettre et l'épigraphie. L'enluminure et la miniature dont il possédait tous les secrets lui servirent en particulier à illustrer les textes saints des grandes religions.

Ketty Carré et Yvonne Kleiss- Herzig se rapprochèrent du style des miniatures pour produire des scènes orientales évoquant un monde idéalisé dans des décors enchanteurs

Jacqueline de Vialar, descendante d'une des grandes familles liées à l'histoire de l'Algrie, donna de son côté un nouvel éclat à la céramique d'art. Elle transposa les thèmes et les décors de la miniature persane sur de somptueux panneaux de céramique émaillée, et s'inspira également des gouaches populaires et des gravures anciennes pour reproduire les images de l'Alger barbaresque.

Une nouvelle voie fut ouverte à l'art décoratif algérien avec l'oeuvre de Baya, dont le talent éclata dès son plus jeune âge. Les gands noms dans les millieux artistiques et intellectuels admirèrent cette orpheline qui retrouva seule les secrets décoratifs des Crétois et des Egptiens, les couleurs simples, l'arabesque des formes, les femmes dont on ne voit qu'un oeil de profil. " Baya qui tient et ranime le rameau d'or " disait Breton. " Baya nous restitue par une miraculeuse éclosion la féerie d'une Arabie heureuse", écrivait à son tour Jean Sénc. Baya, prise en charge à ses débuts par des artistes algérois comme Maisonseul et Peyrissac, vite exposée chez Famin à la galerie du Minaret puis chez Moeght à Paris, remarquée par Picaso, recherchée à l'étranger , continua à partager son art en menant la vie traditionnelle d'une femme musulmane. Elle fit des émules chez les algériennes et il semble bien que, dans sa génération, une Souhila Belbahar ait précédé de la même veine décorative.

 

 

 

 

 

La renaissance des arts anciens

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20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 23:42
Lenoir "Fête sur la place du Gouvernement"Huile sur toile : 33 x 46 cms Dominique Durand

Lenoir "Fête sur la place du Gouvernement"Huile sur toile : 33 x 46 cms Dominique Durand

                     

                Fêtes 

 

Le peuple d'Alger aimait les festivités.

Lieu  de rencontre de tous, la place de Gouvernement recevait une parure spéciale pour la célébration de l'Aid El Kebir . A cette occasion, toutes les structures extérieures et le dôme de la Mosquée de la Pêcherie étaient décorés de guirlandes lumineuses, des filets de lampions étaient tendus un peu partout, et l'on faisait brûler les feux de Bengale tard dans la nuit . Un petit tableau de Lenoir commémore ces moments de joie collective

Mohammed Racim illustre avec saveur l'animation dans la Casbah pendant les "Nuits de Ramadan", où les musulmans profitent de la rupture du jeûne pour festoyer et se retrouver entre amis 

 

 

 

Henry Chevalier "les Bains Nelson" vers 1925 , huile sur carton 34 x 64 cms

Henry Chevalier "les Bains Nelson" vers 1925 , huile sur carton 34 x 64 cms

La fête se déroulait souvent au bord de la mer . Sur les petites plages de Saint-Eugène encadrées par les rochers , les "Bains Nelson" et les "Bains Padovani offraient au public restauration et dancing dans des baraques de bois ; l'odeur des frites s'y mêlait à celle des brochettes de viandes grillée. Armand Assus saisit au vol les évolutions chaloupées des danseurs sur la piste du dancing Padovani où Camus jeune homme venait se distraire

Hacène Benaboura "Pointe Pescade" Alger 1959 huile sur toile 32 X 41 cms

Hacène Benaboura "Pointe Pescade" Alger 1959 huile sur toile 32 X 41 cms

Bâtis sur de hauts pilotis, les " cabanons " curieuses constructions surplombant la mer, procuraient un peu d'ombre aux baigneurs. Sauveur Galliero exalta la joie de ces fêtes du soleil dans des toiles d'une expressivité éloquente, Henry Chevalier décrivit à sa manière plus classique la plage des Bains Nelson et Hacène Benaboura dessina celle de la Pointe -Pescade toute proche comme il avait fait pour la plage des Sablettes au jardin d'Essai

Sauveur Galiéro les "Bains Padovani" Huile sur toile 64 x 50 cms

Sauveur Galiéro les "Bains Padovani" Huile sur toile 64 x 50 cms

Sauveur Galiéro "Baigneurs au Deux -Moulins " Huile sur toile  68 x 90 cms

Sauveur Galiéro "Baigneurs au Deux -Moulins " Huile sur toile 68 x 90 cms

                                   

    Galiéro Sauveur

 

Galiéro Sauveur Alger 1914 / Paris 1963

Malgré quelques jours aux Beaux-Arts d'Alger il reste un autodidacte. Dès ses premières oeuvres il révèle un talent original. Thomas- Rouault le fait travailler comme dessinateur de meubles. Après 9 ans sous les drapeaux en 1945 il vient à Paris en 1945et, grâce à l'appui de Camus , décroche une exposition personnelle rue Vavin, bien accueillie par la critique. Mail il choisit de retourner vivre à Alger. Dans son atelier de la Casbah défilent ses amis écrivains et peintres. Il devient l'un des pôles de la vie artistique algéroise et, de plus un lien entre les deux communautés . Il effectue quelques voyages profitables pour sa peiniture Lourmarin ( lauréat de la bourse de la Fondation ) .L'Espagne en 5 heures grâce à la bourse de la Casa Welasquez. Il participe aux différents salons algériens, aux expositions ...Il pratique différentes formes d'arts plastiques : mosaiques, bois gravé, fresque , décors de théatre. Jusqu'à la fin prématurée, il a toujours sur lui un petit carnet, un bout de crayon, et une boite d'aquarelle pour y fixer des images rapides.

Parmi ses commandes publiques; fresque pour la centrale électrique de Bône, Hall d'Air France à Alger, Chemin de croix de l'Eglise de Tefeschoun. Parmi les oeuvres conservées au musée d'Alger : Baigneurs au Môle, Paysage de Chenoua, Intérieur de maison mauresque, Temps gris au Sahel

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Published by Eglantine
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15 mai 2016 7 15 /05 /mai /2016 22:58
Marius de Buron ,Place du Gouvernement Alger : 1938 huile sur toile  :/ 73 x 91 cms

Marius de Buron ,Place du Gouvernement Alger : 1938 huile sur toile :/ 73 x 91 cms

Marius de Buron

Bayon ( Gironde ) 1879 - Ager 1958

Il fréquente les Beaux-Arts de Bordeaux avant ceux de Paris . Il récolte plusieurs récompenses plus le Prix Abd - El - Tif en 1913 Il compose ses "Pastorales kabyles" , "Le Mariage Kabyle " Il décorera le Salon des ambassadeurs au Salon Bourbon à Paris . Les fresques qu'il éxécute pour la décoration de Palais d'Eté d'Alger représentent " Un Cortège Kabyle " et " Un Retour de Marché " Leurs esquisses lui valent la médaille d'or du Salon des Artistes en 1922 . Il décore également le Palais des Assemblées algériennes en 1929 , le Foyer civique d'Alger en 1933, la salle des fêtes de Tizi Ouzou, et le lycée Saint- Agustin de Bône en 1957

Il réalise des scènes idylliques, comme ses " Trois algériennes devant la baie d'Alger", et de grandes compositions féminines. Il voyage dans le Sud , dans le Mzab et dans la région de Touggourt, rapportant portraits et scènes de moeurs. Il reçoit le Grand Prix artistique de l'Algérie en 1923, la médaille d'argent à l'exposition internationale de 1937. Il expose régulièrement au Salon des Artistes algériens et Orientalistes et dans les salons parisiens; il est nommé président du Comité du patronage de la Villa Abd-El- Tif . Son Oeuvre algérienne s'échelonne sur 40 ans

 

Oeuvres au musée d'Alger 

"Fleurs (deux toiles )

Paysages Kabyles ( deux toiles )

Maquette pour le dessus de porte du Collège de jeunes filles d'Oran 

Oeuvres dans les musées de Bayonne et de Pau

Aux musée des Beaux-Arts de Bordeaux " Bucolique Kabyle"

"Place du Gouvernement" aujourd'hui " Place des Martyrs"

Entre le palais de la Djenina et entre les commandements des deys, et la mosquée Djama Djedid ou mosquée de la Pêcherie, au carrefour  des routes venant de Bab-El-Oued et des autres portes comme celles de la Mer, s'étendait un terre-plein . Les Turcs y avaient établi les magasins de la Marine, qui se trouvaient ainsi à proximité de la darse située en contrebas, et des chantiers recouverts de voûtes supportaient une large terrasse.

 

 

 

Jean-Désiré Bascoulès : "Les Elégantes, place du Gouvernement, Alger" 1933 huile sur toile / 49 x 80 cms

Jean-Désiré Bascoulès : "Les Elégantes, place du Gouvernement, Alger" 1933 huile sur toile / 49 x 80 cms

Dans cet emplacement a été construit une esplanade pour faciliter le passage et la circulation de tous. On bâtit donc un deuxième étage de voûtes qui éleva autant la place turque et en fit une sorte d'immense belvédère sur la mer. On y voyait des Espagnoles, des Maltais, des Napolitains...

L'après-midi, on y rencontrait des Italiennes aux robes de couleurs crues, des Espagnoles avec la mantille, des Mauresques dans des tissus immaculés, quelques lorettes aussi, mises à la mode de Paris.

Jean-Désiré Bascoulès : Place du Gouvernement Alger 1929 / huile sur toile : 79 x 100 cms

Jean-Désiré Bascoulès : Place du Gouvernement Alger 1929 / huile sur toile : 79 x 100 cms

Ombragée d'orangers, de bellombras, de platanes, de ficus, on remarquait sur cette place le cori-colo, sorte de tramway sur rails tiré par des chevaux, qui permettaient de parcourir commodément le front de mer. 

Cette place reçu bien évidemment la visite de tous les peintres de passages ou installés, amateurs ou professionnels.Certains s'employaient à fixer l'atmosphère générale, celle des personnages mêlés aux éventaires des marchands, aux chevaux et aux carrioles, aux automobiles ensuite. D'autres s'attaquèrent au sujet idéal dans son pittoresque, mais difficile dans son éxécution de la mosquée blanche, " plus blanche que la blanche hermine" ainsi que la nota Jean Seignemartin avant de la peindre

Albert Marquet loua une chambre au deuxième étage de l'Hôtel de la Régence (Que l'on voit bien sur la première toile ), pour contruire les vues plongeantes qu'il fût le premier à imaginer, et ces présentations de la place (dont l'une fait partie des chefs-d'oeuvre du musée d'Alger ), montrant presque toutes les perspectives vers le port et la mer, sont les plus évidentes dans leur simplicité lumineuse.

Pour Jean-Désiré Bascoulès qui avait installé sa demeure et son atelier sur la place après son séjour à la villa Abd-El-Tif , le spectacle était permanent. Il campa avec sensibilité et fraîcheur de vision les silhouettes des passants, burnous blancs, costumes classiques ou robes claires des élégantes , et cela dans cette lumière tendre qui contribue au charme de son style

 

Jean-Désiré Bascoulès

Perpignan 1886  Montpellier 1976

 

Il suit les cours des Beaux-Arts, puis de Paris dans l'atelier de Cormon. En 1924, sa Halte au désert du Grand Erg lui vaut le Prix Julien-Lemordant attribué au meilleur tableau de l'année et la bourse pour la Villa Abd-El-Tif. A la sortie de la Villa, il expose plus de 200 toiles algériennes et partage par la suite à de nombreux salons et expositions de groupe. Installé dans un atelier au-dessus de la place du Gouvernement, il ne quitte pratiquement plus l'Algérie. Il reçoit la commande de trois immenses panneaux pour le décoration de Palais des Assemblées algériennes. Il éxécute ensuite des décorations murales pour le hall d'honneur de l'Ecole normale supérieur de jeunes filles d'El-Biar, pour le lycée Pasteur d'Alger sur commande de la Chambre de Commerce. Le Grand Prix de l'Algérie est attribué en 1930. Ses peintures de chevalet, paysages de Sud algérien et vues d'Alger apportent un renouvellement des thèmes par leur luminosité subtile et contribuent à purifier l'orientalisme de faux Pittoresque. Elles sont acquises par les plus grands collectionneurs en Algérie et à l'etranger ainsi que par le musée de Montpellier et le Ministère des Beaux-Arts. L'institut français de Londres lui consacre une exposition remarquée en février 1948." Oeuvres au musée d'Alger", "Rue d'Alger, près du Palais d'hiver", "Le tableau jaune", "Mostaganem", " Le jardin d'Essai", " Rue de Chartres"

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7 mai 2016 6 07 /05 /mai /2016 21:16

Louis Fernez

Entré à 13ans aux Beaux-Arts d'Alger, il s'inscrit aux Beaux-Arts de Paris en 1917 dans l'atelier de Cornon. Apartir de 1925, il travaille surtout à Alger. Il est sociétaire du "Salon de l'Automne"expose aux Tuileries et aux indépendants, aux artistes algériens et aux orientalistes. Le grand prix artistiques de l'Algérie lui est décerné en 1929, il deviendra membre du jury en 1940. La Casa Velasquez l'accueille à Madrid en 1924-1930. Il est nommé professeur à lécole nationale des Beaux-Arts d'Alger en 1941 et prend la direction de l'atelier de peinture. A partir de 1947, il est attaché à la direction du musée . Il décore des bâtiments publics : le Foyer civique, le Palais des Assemblées algériennes, la Cité universitaire de Ben-Aknoun, le Lycée Fromentin, ceux de Kouba et de Mostaganem. Parmi la quinzaine d'oeuvres conservées au musée d'Alger : La leçon de chant, La place d'isly à Alger, et environs de Miliana.

 

 

Louis Fernez : L'Opéra d'Alger : 1926 / Huile sur toile : 79 x 99 cms

Louis Fernez : L'Opéra d'Alger : 1926 / Huile sur toile : 79 x 99 cms

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