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18 novembre 2007 7 18 /11 /novembre /2007 00:36
L'île de la disparition Nada
L'île de la disparition                                          Nada agrandir

salle de bronze :musee des antiquités

Le froid était particulièrement vif,cet hiver.Je m'affaissais dans la mélancolie,en partence pour l'île de la Disparition.La traversée consume,réduit le corps à une étoile de mer qui se dessèche sous le soleil de la plage.Pendant la traversée,les interdits sont nombreux et contraignent à l'ascèse,non vers l'éternité,mais vers son équivalent,la mort:l'approcher pour mieux la défier.C'est le secret de l'île de la Disparition.

Un seul indice:le souvenir du palais ne me quittait plus.Comme je dormais peu,je repoussais le plus possible de l'heure de mon coucher afin que le sommeil m'emporte vers un repos de quelques heures .Alors ,le palais s'ouvrait,m'engloutissais .Khedaouedj me prenait par la main,fermait mes paupières de ses doigts fins et glacés,me guidait vers les balcons et les terrasses.Nous nous asseyions parfois dans l'un des salons,dans l'ombre.Le regard éteint ,et silencieuses,nous étions là.Parfois même,le rêve allait au-delà ,je ne sentais plus son corps ni le mien, ils avaient disparu ou bien ne faisaient plus qu'un

Le palais devenait ma demeure.Je m'asseyais devant un café et j'écrivais sur le palais,relisais mes notes.Je dessinais le plan des étages,le detail des faiences...Mes yeux se fatiguant vite,je les fermais et finissais par rêvasser.Mes seuls jours de sortie étaient ceux où je retrouvais Nassim.Je vivais ailleurs ,j'avais besoin de savoir que cet ailleurs existait

Ma vue baissait .Je fermais souvent les yeux pour les soulager.Je dormais éveillée dans une lucidité extrême qui me consolait.Sinon, à peine ouverts,ils pleuraient.Un flot interrissable depuis le depart d'Alger.Je dus bientôt porter des lunettes teintées pendant la journée pour me proteger de l'agression du jour et cacher les traces de nos larmes sur mon visage émacié

Je ne recherchais le mien que dans les miroirs...Mais c'était elle que je voulais voir se refleter et surveiller le reflet de sa beauté dans la recherche obsessionnelle de son image.Je vivais l'effacement progressif de son corps,cette linéarité ramassée autour des os,les muscles à nu.Elle se palpait ,explorait son corps ,redoutant un quelconque épaississement qui l'eût jetée dans le desespoir.Par pur addiction,elle pourchassait sa silhouette dans les miroirs,dans le reflet des marbres,pour y trouver la transparence à laquelle elle aspirait,pour se rassurer et trouver la force de continuer vers le néant.Ses sensations et ses sentiments,ses peines et ses desirs devenaient miens.Je me detachais ainsi de ce qui m'appartenait,embarrassait ma vie depuis bien longtemps,d'une partie de mon corps et d'une parcelle de mon âme

LUNE DE MARS EN ALGER NADA

Apres la lune neigeuse de janvier,je choisis la nouvelle lune de mars.Je ne voulais aucun decor,prendre l'avion,deposer mes bagages et rejoindre le palais.Une urgence à laquelle rien ne pouvait résister,si bien que les dates correspondant mal, je partis seule.Nassim ne pouvait m'accompagner.Mais nous devions rester en contact permanent

A mon arrivée,la ville était noyée dans la pluiseet la grisaille.Plus doux qu'à Paris où il gelait à pierre fendre,l'air était chargé d'une humidité froide qui me transperçait.Pourtant,une fois arrvée à Dar el 'Amia,le ciel se dechira et le soleil inonda la baie.J'étais éblouie par les larmes,la lumière et la joie d'être là.La Casbah changeait de peau

Malgré mes lunettes noires ,le blanc m'aveuglait sous un ciel légèrement brumeux et tres brillant.La mer scintillait face à la ville,fulgurante ,elle m'eblouissait et je partis retrouver l'ombre du palais

Elle était là.Je sentais sa presence et sa compassion pour mes yeux brûlés par la lumière de la ville.Je sentais aussi son manque ,son attente,causes de ses pleurs.Elle était seule mais l'acceptait-elle?Elle était belle mais en était-elle jamais certaine?Elle cherchait les reponses,enfermée dans le palais dont elle ne sortait pas parce que la solution ne se trouvait nulle part.Elle savait porter un mal dont personne ne pouvait la soulager,que rien ne pouvait dissiper.Sauf peut-être s'il était là,celui qui occupait ses pensées,s'il lui apportait la douce confirmation ,le reflet de son amour,sa reciproque,son double et son envers,le coeur de son propre mystère.Elle cherchait desesperement un miroir,mais n'en souhaitait qu'un seul:lui.Son visage à elle n'était qu'un triste substitut,une erreur,qui ne pourrait jamais remplacer celui de l'autre.L'autre ou soi-même?L'amour ne peut-il pas tendre vers la fusion,corps et âme.S'aimer,c'est aimer l'autre,mais aimer,c'est aussi s'aimer...Poursuivre un amour inconnu ne l'avait-il pas amenée à rechercher d'elle l'image impossible de ce qu'elle ne serait jamais?N'etait-ce pas pour cela qu'elle pleurait.N'essuyant srs larmes que pour verifier dans le reflet des zelliges,les vitres des portes,les miroirs immenses de sa chambre,que sa trop mince silhouette lui plaisait à elle,à défaut de la ravir,lui,l'Eternel absent?Etait-ce clea sa verité?Dans le miroir,elle se cherchait.Sans son reflet,elle etait sans amour,elle n'existait plus.

Le palais avait son allure habituelle,ouvert au visiteur,peu nombreux.J'étais bien ,parce que je retrouvais ici le decor de mes songes et sa presence intime.Ma vie lui ressemblait et la sienne devenait mienne.

Je passais une nouvelle nuit au palais.Je restais dans l'un des salons plongée dans une pénombre apaisante.Mes yeux pleuraient encore un peu mais sans douleur.Vers la fin de la nuit,apres la premiere prière,je m'endormis

Alors,je pus la voir.De profil,elle etait assise là où j'étais restee au debut de la nuit.Elle ne bougeait pas.J'aimais sa silhouette,fine drapée de blanc.Elle paraissait transparente,ses poignets,si fins,semblaient trop fragiles pour porter les bracelets d'or.Presque immobile,le regard perdu,tendu vers un ailleurs,dans cette lucidité immense qui nait de l'aveuglement.

Je me reveillais plusieurs fois.Elle m'apparaissait encore et toujours.Je sombrais à nouveau dans un demi sommeil et elle était encre là,de plus en plus proche.Au milieu de la nuit,je remontais instinctivement l'épaisse couverture de laine...L'appel à la prière s'éleva au dessus de la Casbah.J'écoutais.Il me suffirait ensuite de reciter l'une des sourates pour retrouver le sommeil...

A mon réveil le jour avait envahit le palais Depuis plusieurs mois,je m'interrogeais sur les dérives de mon imagination,je les acceptais,allant même jusqu'à retranscrire au reveil certains rêves de la nuit.Ce que mes yeux ne voyaient pas, je l'immaginais

Au premier appel de Nassim,je m'empressais de tout lui raconter;A son habitude,il m'écouta

Je passais la journée au palais .Je ne le quittais qu'avant la nuit.J'avais essayé de lire,mais il faisait trop sombre et cela me fatiguait énormrment.Je me retrouvais dans la situation qu'il avait connue...Il disait que l'Algérie avait été sa mère nouricière et que le lait sentait la fleut d'oranger

Quand Nassim m'appela,je lui dis:"Aujourd'hui ,il ne s'est rien passé"

La dernière nuit à l'hotel fut froide ,j'étais triste de quitter encore Alger.Je partais incomplète,à moitié vide

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Published by Ben Redouane - dans rymie
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